<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369</id><updated>2011-06-08T01:03:32.608-04:00</updated><title type='text'>Médias et démocratie</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>30</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-8456738940590006443</id><published>2008-02-06T11:17:00.000-05:00</published><updated>2008-02-06T11:19:04.957-05:00</updated><title type='text'>Anne-Marie Voisard – Un colloque stimulant</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R6nd5gDDX9I/AAAAAAAAAIE/hifk5lxgUrk/s1600-h/Anne-Marie+Voisard+cut.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5163902427682004946" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R6nd5gDDX9I/AAAAAAAAAIE/hifk5lxgUrk/s200/Anne-Marie+Voisard+cut.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Puisque le blogue reste ouvert, et que l'invitation à revenir nous est lancée, voici donc quelques impressions au lendemain de ce colloque que j'ai trouvé hautement stimulant. Mobilisateur!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idée de faire appel à quelques anciens du métier fut fort appréciée, à tout le moins par les gens de ma génération. Joan Fraser a dit: «C'est dans le sang, être journaliste». Elle a bien raison. Tant qu'on a la santé, on veut continuer. De plus, le fait de ne plus être quotidiennement sur le qui-vive procure un recul. Une liberté nouvelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aurais aimé toutefois que plus de collègues, chez les syndiqués, prennent part à l'exercice. Ce sera pour une prochaine fois. Car il faut souhaiter que d'autres rencontres suivent. Et celles-là avec le public. Et aussi les boss.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aidan White, secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes, s'est exprimé sans équivoque là-dessus, dans un atelier où j'étais. Le débat sur les médias et la démocratie ne peut aboutir en l'absence des patrons de presse. Qu'on discute maintenant entre nous, c'est un départ. Mais il faut élargir la participation aux artisans de la concentration et de la convergence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Concentration. Convergence. Deux mots répétés à satiété lors des interventions, comme autant de menaces à la diversité dont dépend la qualité de l'information. Sauf que, malheureusement, notre discours n'atteint pas le public, ou si peu. À preuve, la vidéo présentée en plénière, samedi. Révélatrice du fossé qui nous sépare (on ne parle pas le même langage). Et de nature à calmer nos élans de vedettariat pour nous ramener sur le plancher des vaches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Les faits d'abord et avant tout», écrivait sur ce blogue le collègue Gilles Lesage. «Ce qu'il faut, c'est des nouvelles», a dit la présidente de la Newspaper Guild of America, Linda K. Foley, dans son allocution en séance de clôture, dimanche. Ils affirment la même chose. L'abus d'opinions (ou de papotage) lasse. Surtout lorsqu'on ne s'est pas donné la peine de fouiller au préalable pour informer correctement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'autocritique s'impose. Notre assemblée a d'ailleurs manifesté une ouverture à ce sujet. Il faut s'en réjouir. Ça repose de la cassette qui appelle inlassablement à dénoncer, toujours dénoncer. De plus, notre crédibilité, qui n'est pas très haute, a toutes les chances d'y gagner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m'arrête, en terminant, à un grand moment de ce colloque: la visite de Denis Bolduc, président du syndicat des lock-outés du Journal de Québec. Plus que ce qu'il a dit, c'est le mouvement de solidarité provoqué par sa présence, qui impressionne. Les journalistes sont encore capables de se mobiliser pourvu qu'une cause leur tienne à coeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Anne-Marie Voisard, qui demeure active comme journaliste indépendante, a pris sa retraite du quotidien Le Soleil en 2006. Elle y avait été embauchée en 1961 pour travailler aux pages féminines. Après avoir quitté le journal quelques années pour compléter un bac en pédagogie, elle y revient et se retrouve, au moment de la création des cégeps, affectée à l'éducation. Comme journaliste, elle a touché à tout: littérature, éditorial, dossiers à caractère social... Au cours de ses six dernières années au Soleil, elle a supervisé les stages en journalisme. De sa carrière, on retient deux faits parmi d'autres: en 1980, elle reçoit le prix Judith-Jasmin pour une série d'articles, Alcool et Travail. Pour elle, c'est un baume, au terme d'une bataille qui l'a menée jusqu'en Cour suprême. La cause? Un texte jugé trop critique par le directeur de l'information d'alors, qui lui en avait substitué un de son cru.&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-8456738940590006443?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/8456738940590006443/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=8456738940590006443' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/8456738940590006443'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/8456738940590006443'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/02/anne-marie-voisard-un-colloque.html' title='Anne-Marie Voisard – Un colloque stimulant'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R6nd5gDDX9I/AAAAAAAAAIE/hifk5lxgUrk/s72-c/Anne-Marie+Voisard+cut.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-7026963003593359031</id><published>2008-02-06T10:59:00.001-05:00</published><updated>2008-02-06T11:17:16.666-05:00</updated><title type='text'>Jean-Paul L’Allier – Bâtir et conserver la confiance du public</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R6nZiwDDX8I/AAAAAAAAAH8/hpiRH2r9jhk/s1600-h/lallier.gif"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5163897638793469890" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R6nZiwDDX8I/AAAAAAAAAH8/hpiRH2r9jhk/s200/lallier.gif" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;N’ayant pu se joindre aux invités du colloque Médias et démocratie en raison d’activités déjà inscrites à son agenda, l’ex-politicien nous a néanmoins fait parvenir ce texte de réflexion.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Informer est-il encore d’intérêt public? La réponse est évidemment oui, malgré la turbulence et la multiplication des sources d’information, leur qualité souvent invérifiable et l’intérêt avant tout des grandes entreprises qui sont arrivées à leurs fins: intégrer le plus grand nombre possible d’outils de communication.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’entrée de jeu, les textes que j’ai lus de Marc-François Bernier, François Demers et Liza Frulla sur le site Web du colloque sont des textes que j’aurais pu signer tant je partage les points de vue qui y sont exprimés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le journaliste, ouvrier ou professionnel de l’information, se voit aujourd’hui obligé de coller le nez sur le quotidien et doit chercher la nouvelle qui se vendra. Cette obligation, difficile à accepter quand on sort de l’école, devient alors une façon de se comporter. On rapporte les choses et laisse au lecteur ou à l’auditeur le soin de choisir ce qui l’informera, selon son intérêt et ses préoccupations. Dans le métier, il y a les patrons, les éditorialistes, de plus en plus de chroniqueurs et les journalistes, les journalistes eux-mêmes spécialisés selon les sujets. Les niveaux d’éthique perceptibles vont de très bas à exemplaire, toujours dans un contexte de concurrence féroce avec «le cher collègue».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travail quotidien est si accaparant qu’il laisse à l’individu peu de temps pour la réflexion plus globale et plus complète au sujet du contexte dans lequel il évolue et où il doit situer son travail. Au cœur du métier d’informer, comme au cœur de la société, le mot-clé est «confiance». On choisit parmi tout ce à quoi on a accès, les sources qui nous semblent les plus dignes de confiance. Cette confiance, le journaliste doit la développer et on en vient facilement à présumer que si l’information est signée par telle ou telle personne, elle est crédible pour nous, même si elle ne l’est pas pour d’autres. Par voie de conséquence, le grand défi auquel doit faire face le journaliste n’est pas la complexité des outils de communication, mais plutôt la confiance qu’il suscite chez ceux qu’il rejoint, par quelque moyen que ce soit. Il doit se souvenir qu’en politique et en affaires, la confiance se bâtit lentement mais se perd rapidement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce contexte, le rôle du syndicat n’est pas de protéger le statu quo mais bien de chercher des moyens innovateurs d’aider ses membres à développer leur crédibilité et la confiance qu’on a en eux. Les tâches sont appelées à évoluer, qu’on le veuille ou non, mais ce qu’il y a de plus important c’est que le journaliste ne soit pas obligé de sacrifier sa crédibilité et sa confiance sous prétexte d’améliorer son cadre de vie, dans une société sans repères solidement ancrée dans des valeurs et dans laquelle chacun se trouve finalement bien seul. Selon qu’on regarde TV5, Radio-Canada ou la BBC, les guerres du Golfe, en Afghanistan ou ailleurs, sont présentées sous des angles différents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis que je me suis éloigné de la politique active, ma plus grande satisfaction a été de retrouver le temps de la réflexion, de l’analyse et de l’échange ou du débat. Ce temps, quand on vit la politique ou le métier de journaliste, ne nous est souvent accessible qu’après de longues semaines de travail et il se partage alors avec le repos, les loisirs et la vie personnelle. Ce que j’apprécie ce sont les textes et réflexions qu’on trouve dans les grands magazines français ou américains de gens qui ont pris le temps, depuis des années, de se documenter et de nous fournir une information qui bonifie grandement nos choix et la démocratie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est dans ce contexte et pour illustrer mon propos que je transcris ici à votre intention un texte de la journaliste Marie Bénilde, publié dans le numéro d’avril-mai 2007 du magazine Manière de voir, c’est-à-dire avant l’élection présidentielle française. Cette lecture m’a laissé perplexe en même temps qu’elle a confirmé la mondialisation d’une certaine perversion de l’information et de la politique. Se peut-il que ce soit la même chose chez nous?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M. Sarkozy couronné par les oligarques des médias?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;De l’Italie à la France, la collusion de la presse, des milieux économiques et des cercles politiques mine la démocratie et le débat public. M. Nicolas Sarkozy a poussé au paroxysme cette mise en valeur de soi-même que les autres candidats à la présidentielle sont loin de négliger.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;La courte défaite électorale de M. Silvio Berlusconi, en avril 2006, a porté un coup au système clanique italien, bien déterminé à contrôler l'opinion grâce à un mélange de marketing politique, d'intérêts croisés avec la presse et l'édition, et de mainmise directe ou indirecte sur le paysage audiovisuel. Certes, un an plus tôt, en France, le référendum sur la Constitution européenne établissait qu'il ne suffisait pas de disposer de la quasi-totalité de l'espace médiatique pour convaincre une majorité de citoyens. Toutefois, la perspective de l'élection présidentielle, au prin&amp;shy;temps 2007, va permettre d'apprécier si un laborieux travail de domestication des médias ne finit pas, malgré tout, par se révéler payant. N'est-ce pas ainsi que certains ont interprété la réélection à la tête de l'État de M. Jacques Chirac en 2002, sur fond de campagne de presse matraquant le thème de l'insécurité?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout est en place, en tout cas, pour favoriser l'intronisation de M. Nicolas Sarkozy à l'Élysée. Chef du principal parti de droite, l'Union pour un mouvement populaire (UMP), ministre de l'intérieur et président du conseil général du département le plus riche de France, les Hauts-de-Seine, l'homme s'est employé à construire depuis vingt ans un étonnant réseau d'influence dans les médias. Au service de ses ambitions suprêmes. Ce réseau a une nouvelle fois donné sa mesure pendant l'été 2006. Le nouveau livre de M. Sarkozy, Témoignage (Xo, Paris), paru en juillet, fut aussitôt salué par une couverture souriante du Point (la troisième en quatre mois) et, entre autres exemples, par un entretien d'une complaisance presque burlesque avec Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1. Pour l'inter&amp;shy;vieweur et patron de la radio privée appartenant au groupe Lagardère - qui comprend aussi Paris Match, Le Journal du dimanche, Elle... -, M. Sar&amp;shy;kozy a cette qualité remarquable qu'il refuse la «docilité». Une vertu qu'on sait très prisée par M. Arnaud Lagardère, dont Jean-Pierre Elkab&amp;shy;bach est aussi le conseiller: en juin 2006, l’éviction d'Alain Genestar, directeur de Paris Match, coupable d'avoir publié en couverture une photographie de l'épouse du président de l'UMP avec son compagnon de l'époque, démontra les limites de l'indocilité permise aux médias du groupe en question. Un patron de presse limogé pour complaire à un ministre et chef de parti? Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas connu pareille marque d'allégeance journalistique au pouvoir politique...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a là le résultat d'un long et patient travail entrepris par le candidat de l'UMP pour se rapprocher des grands patrons propriétaires de médias. M. Sarkozy possède un épais carnet d'adresses dans la presse et l'audio&amp;shy;visuel. On y remarque d'abord les familiers, comme M. Martin Bouygues, actionnaire de TF1 et parrain de son fils, ou M. Bernard Arnault (La Tribune, Investir, Radio Classique), dont la fille Delphine se maria en présence de M. Sarkozy. Habitant Neuilly, MM. Bouygues et Arnault furent tous deux témoins aux épousailles du maire de la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces relations professionnelles ont affermi les amitiés. Ainsi, M. Lagardère doit à M. Sarkozy le règlement, en 2004, du conflit d'héri&amp;shy;tage qui l'opposait à sa belle-mère Betty, lorsque l'homme politique et ancien avocat d'affaires avait, en tant que ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, la haute main sur l'administration fiscale. «On signe ton truc fiscal et on passe à autre chose», aurait dit le ministre, sitôt nommé à Bercy (1). Décédé en 2003, Jean-Luc Lagardère avait lui aussi eu l'occasion d'apprécier, lors de la faillite de La Cinq en 1992, les conseils de l'associé du cabinet Claude-Sarkozy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En avril 2005, le président de l'UMP fut l'invité d'honneur d'un sémi&amp;shy;naire du groupe Lagardère à Deauville. L'héritier Arnaud le présenta «non pas comme un ami, mais comme un frère». Un mois plus tard, le patron du principal groupe de presse et d'édition français affichait son amitié en participant à un meeting de M. Sarkozy (animé par le journaliste Michel Field) en faveur du «oui» à la Constitution européenne. Stéphane Courbit, président d'Endemol France, producteur des émissions de Marc-Olivier Fogiel et de Karl Zéro, assistait également à cette réunion électorale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De son côté, M. Serge Dassault (Le Figaro, Valeurs actuelles) se souvient que l'actuel ministre de l'intérieur a «démêlé» la succession de son père Marcel (2). Et il n'ignore pas que M. Sarkozy est devenu un familier de son fils aîné Olivier, par ailleurs député UMP. Parfois, les rôles s'entrecroisent: proches de la famille, MM. Bouygues et Arnault comptèrent aussi au nombre des clients du cabinet d'avocats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La construction d'un tel réseau n'est nullement le fruit du hasard. En 1983, lorsqu'il conquiert la mairie de Neuilly, M. Sarkozy s'attelle à bâtir un cercle de relations susceptibles de favoriser son ascension politique. Sa ville, une des plus prospères de France, compte deux mille quatre cents entreprises, donc de nombreux patrons qui s'intéressent à lui en voisins ou en administrés, à titre personnel ou professionnel. Dès 1985, le maire crée le club Neuilly Communication, lequel compte parmi ses membres M. Gérald de Roquemaurel, président-directeur général de Hachette Filipacchi Médias, M. Nicolas de Tavernost, président de M6, ou encore M. Arnaud de Puyfontaine, patron de Mondadori France (ex-Emap France, troisième éditeur de magazines). M. Sarkozy veille également à s'entourer de publicitaires, comme MM. Thierry Saussez, président d'Image et stratégie, Philippe Gaumont (FCB), puis Jean-Michel Goudard (le «G» d'Euro RSCG). Il fréquente enfin les grands annonceurs Philippe Charriez (Procter &amp;amp; Gamble) et Lindsay Owen-Jones (L'Oréal).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En juillet 1994, l'actuel président de l'UMP devient simultanément ministre de la communication et ministre du budget du gouvernement de M. Edouard Balladur, ce qui lui permet d'être à la fois le décideur politique et le pourvoyeur de fonds publics des grands groupes de médias... Mais c'est surtout sa position de porte-parole du gouvernement, puis du candidat Balladur, entre 1993 et 1995, qui l'amène à rencontrer les hommes d'influence que sont Alain Mine et Jean-Marie Colombani, en train de consolider leur pouvoir au Monde. M. Sarkozy s'emploie à orchestrer l'engouement médiatique en faveur de M. Balladur, dont M. Minc est un des partisans déclarés, et à présenter son élection comme acquise. Il bénéficie à cette fin de l'appui du sondeur Jérôme Jaffré, alors directeur général de la Sofres. Le 22 mars 1995, Le Monde titre en «une»: «M. et Mme Chirac ont tiré profit d'une vente de terrains au Port de Paris». L'information émane de la direction du budget chapeautée par... M. Sarkozy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;TF1 est également de la partie (3). Une de ses présentatrices, Claire Chazal, signe une hagiographie de M. Balladur tandis que M. Bouygues ouvre les portes de sa chaîne à celui qui passe déjà pour un vice-premier ministre. Alors directeur de l'information de France 2, Jean-Luc Mano suit le mouvement; il participera plus tard à la conception de la cam&amp;shy;pagne menée par M. Sarkozy pour les élections européennes de 1999 (4).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En mai 1993, une spectaculaire prise d'otages dans une maternelle de Neuilly le fait connaître des téléspectateurs. «Il était toujours devant les caméras, sans parler, rappelle Jean-Pierre About, rédacteur en chef au service enquête de TF1. Mais le lendemain, lorsque HB (Human Bomb, nom donné au preneur d'otages) a pris une balle, il avait disparu du dispositif. Un coup de maître, puisqu'il n'est pas lié à la polémique sur l'opportunité de tuer le ravisseur qui a suivi (5).» Cette technique dite du «mouvement permanent», qui consiste à se saisir de l'actualité immé&amp;shy;diate pour apparaître à son avantage dans les médias, puis à foncer sur un autre événement, constitue la marque de fabrique de M. Sarkozy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 2002, un premier passage au ministère de l'Intérieur lui permet de systématiser cette méthode de communication. TF1, dont les journaux mettent en scène un climat d'insécurité, se fait le relais zélé de la riposte ministérielle. Le 22 mai 2002, une intervention à Strasbourg du groupe d'intervention régional donne le ton. TF1 évoque alors la saisie d'«armes de guerre»: deux pistolets, quatre caméscopes, trois ordinateurs et deux appareils photo numériques (6)... Très vite, le ministre devient l'unique émetteur de la parole policière. En novembre 2005, les émeutes dans les banlieues illustrent ce basculement. Une cellule de communication est installée Place Beauvau et, dorénavant, l'information officielle passe par le prisme du ministre de l'Intérieur. Lequel - «Karcher», «racaille» - aime jouer les pompiers pyromanes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dépendants de sa parole, les médias en sont aussi les dépositaires. À l'évidence, M. Sarkozy a une faconde et un style imagé qui leur plaisent. Aucun homme politique n'a été, comme lui, trois fois l'invité de l'émis&amp;shy;sion «100 minutes pour convaincre» de France 2. Chaque fois, l'audience est au rendez-vous (entre 4 et 6 millions de téléspectateurs).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son adresse oratoire doit beaucoup aux «ficelles» du métier d'avocat: recours emphatique aux formules interrogatives et aux anaphores («Parce que vous croyez que...»), effets de sidération par les images («On ne peut pas violer impunément une adolescente dans une cave»), posture du «parler vrai» et populaire («Moi, j'essaye d'être compris des gens»)... La séduction joue auprès des journalistes. «Il a une manière de poser les questions qui fait qu'on est toujours d'accord avec la réponse. On fait un peu office de «sparring partner» (...), avoue Thomas Lebègue, journaliste à Libération. Il voit comment les arguments passent auprès des journalistes avant de les diffuser à grande échelle (7). » Fût-il ministre de l'Intérieur, un poste qui ne garantit pas d'ordinaire une grande popu&amp;shy;larité chez les journalistes, un homme qui montre qu'il adore les médias et qui se prête à leur jeu de l'image ne saurait être tout à fait mauvais...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette idylle s'exprime en chiffres: entre mai 2005 et août 2006. M. Sarkozy a eu droit à une moyenne mensuelle de 411 articles, contre 220 pour M. Dominique de Villepin lorsqu'il exerçait les mêmes fonc&amp;shy;tions Place Beauvau (8). L'homme a compris comment amadouer ce que la presse est devenue. Ministre du Budget ou des Finances, il s'est gardé de toucher à l'abattement fiscal contesté des journalistes. Simultanément, il a pris des positions très libérales sur la défiscalisation des entreprises, l'impôt sur la fortune ou les droits de succession. Elles ne peuvent que satisfaire ces magnats-héritiers que sont MM. Lagardère, Bouygues, Das&amp;shy;sault, Edouard de Rothschild, etc. (9).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Un journaliste qui me critique est un journaliste qui ne me connaît pas», a coutume de dire M. Sarkozy. N'est-il pas d'ailleurs une sorte de confrère, lui qui rêva un temps de devenir présentateur du «20 heures»? En 1995, quand il publie sous pseudonyme une série d'articles intitulée «Lettres de mon château», dans Les Echos, il montre qu'il s'intéresse autant à la vie des médias qu'à la politique. Du coup, l'homme a l'habi&amp;shy;tude de valoriser les journalistes, de s'intéresser aux nouvelles recrues. De les tutoyer aussi, comme Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, ou Jean-Marie Colombani. Dans ce dernier cas, Edwy Plenel s'en déclara troublé... mais en mars 2006, six mois après avoir quitté la rédaction du Monde. En 2003, au moment de la sortie du livre de Pierre Péan et de Philippe Cohen consacré au quotidien du soir, le même avait néanmoins sollicité le conseil du ministre dans son bureau de la place Beauvau (10).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le président de l'UMP dispose des cartes lui permettant d'espérer l'épilogue présidentiel de cette puissante orchestration médiatique. Peu importe qu'il se trompe ou qu'il se contredise dès lors que nul ou presque dans la presse ne le souligne. Le 25 janvier 2006, il estime, par exemple, que le contrat de première embauche (CPE) constitue «une très bonne mesure pour l'emploi de jeunes». Six mois plus tard, il se ravise: «J'étais persuadé que le CPE serait vécu comme injuste pour la raison simple qu'il l'était.» En juillet dernier, il approuve chaudement les bombardements et les préparatifs d'invasion du Liban sud: «Israël se défend» (Europe 1, 18 juillet). Plus tard, il se déclarera néanmoins d'accord avec le président de la République, assurément plus réservé sur le sujet (11).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De même qu'il a séduit nombre d'acteurs, de chanteurs et de stars du show-business (Jean Reno, Christian Clavier, Johnny Hallyday, etc.), M. Sarkozy parvient à être apprécié de journalistes réputés de gauche. M. Saussez s'en félicite: «Il a une bonne image chez des gens qui n'ont pas ses opinions: c'est très nouveau (12).» Naviguant entre la clémence relative, avec l'abrogation de la double peine, et la répression, avec la nouvelle loi sur l'immigration, le président de l'UMP offre à chacun motif à se laisser séduire. «Il considère que son rôle est de convaincre. Et d'abord les journalistes», concède son fidèle lieutenant, le ministre délé&amp;shy;gué aux collectivités territoriales Brice Hortefeux (13).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ces derniers constituent bien la cible de M. Sarkozy, c'est qu'ils vont ensuite relayer une image susceptible de prospérer dans des cercles influents, lesquels eux-mêmes influenceront d'autres cercles concen&amp;shy;triques dans leur entreprise, leur club de sport, leur voisinage... Sans être nécessairement un vecteur d'opinion direct, les médias comptent auprès de ceux qui pensent que les médias influencent le public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tout cas, M. Sarkozy a le temps et l'occasion de s'exprimer. Le matin sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach lui octroie couramment vingt minutes supplémentaires d'entretien; LCI, filiale de TF1, retransmet en direct ses voeux à la presse; il fait la couverture de TV Magazine, ce supplément du Figaro diffusé auprès de cinq millions de lecteurs potentiels, à l'occasion d'un entretien sur Canal+ avec son ami Michel Denisot, déjà coauteur d'un livre avec le ministre. Quant à sa relation avec son épouse, Cécilia, elle fait le bonheur de la presse «people» (Gala, Paris Match...) chaque fois qu'elle sert les intérêts du présidentiable, mais provoque désormais l'autocensure, voire la censure, sitôt qu'elle cesse d'être à son avantage. Ainsi, lorsqu'une journaliste de Gala, Valérie Domain, décida en 2005 d'écrire un livre qui n'agréait pas à M. Sarkozy, Entre le coeur et la raison, l'éditeur - M. Vincent Barbare - fut convoqué Place Beauvau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La volonté de contrôler les médias peut être assez naturelle chez un responsable politique. Plus inhabituelle est la passion d'une commu&amp;shy;nauté de dirigeants de médias et de journalistes (Denis Jeambar, qui vient de quitter la direction de L'Express pour celle des éditions du Seuil, et Franz-Olivier Giesbert, président-directeur général du Point, par exemple) à lui servir de relais. Encouragés par l'aura dont bénéficie le présiden&amp;shy;tiable auprès de leur propriétaire ou de leurs annonceurs, ils surestiment sans doute la séduction qu'il exerce et ils occultent trop volontiers l'échec de sa politique, par exemple sur le terrain des violences aux personnes (en hausse de 12% entre mai 2002 et avril 2006).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En rebondissant sans cesse sur l'actualité, M. Sarkozy teste des idées qu'il calibre empiriquement en fonction de l'écho médiatique qu'elles reçoivent. Son objectif est de construire ainsi une légitimité cathodique et de demeurer au zénith des instituts de sondage avec une autorité conférée par les «unes» plutôt que par les urnes. Sur ce point précis, certains responsables socialistes, dont Mme Ségolène Royal, ne se comportent pas toujours différemment. Pour qu'elle ait, à son tour, décidé de s'installer sous les feux de la rampe, un conseiller de la présidente du conseil régional de Poitou-Chatentes admet: «La présence médiatique donne l'apparence de l'action. On a décidé de faire comme Nicolas Sar&amp;shy;kozy, on prend toutes les occasions. On cannibalise tout (14). »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le cas du ministre de l'Intérieur, tout le monde - ou presque - y trouve son compte, tant que le «produit» se vend: «C'est le seul homme politique dont les régies publicitaires sont contentes quand il fait la cou&amp;shy;verture», avance M. Jérôme Peyrat, directeur général de l'UMP (15). Ce genre de considération importe dans la presse, compte tenu du déclin de sa diffusion. Quant aux Français, ils vont bientôt se prononcer sur le profit qu'ils retirent de l'exposition avantageuse d'un homme entièrement tourné vers la satisfaction de son ambition et de son clan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Airy Routier, Le Complot des paranos, Albin Michel, Paris, 2006, p. 119.&lt;br /&gt;(2) Cf. «Sarkozy et les patrons», Le Point, Paris, 26 août 2004.&lt;br /&gt;(3) Lire Pierre Péan et Christophe Nick, TFI. Un pouvoir, Fayard, Paris, 1997.&lt;br /&gt;(4) Le Rassemblement pour la France (RPF) de M. Charles Pasqua (13,05%) avait alors devancé le Rassemblement pour la République - Démocratie libérale de M. Sarkozy (12,82%). Le Parti socialiste, allié au Mouvement républicain et citoyen, totalisait 21,95% des suffrages.&lt;br /&gt;(5) Claire Artufel et Marlène Duroux, Nicolas Sarkozy et la communication, Pepper, Paris, 2006, p. 37.&lt;br /&gt;(6) Aymeric Mantoux, Nicolas Sarkozy ou l'instinct du pouvoir, First Editions, Paris, 2003, p. 35.&lt;br /&gt;(7) Claire Artufel et Marlène Duroux, op. cit., p. 70.&lt;br /&gt;(8) Selon Claire Artufel et Marlène Duroux, ibid.&lt;br /&gt;(9) Lire «Médias français, une affaire de familles», Le Monde diplomatique, novembre 2003.&lt;br /&gt;(10) Cf. la lettre d'Edwy Plenel dans Marianne, Paris, 18 mars 2006.&lt;br /&gt;(11) Le revirement de M. Sarkozy dans le cas de la fusion entre Gaz de France (GDF) et Suez a été plus souvent évoqué par la presse: ministre de l'Économie, des finances et de l'industrie en 2004, M. Sarkozy s'engage solennellement à ce que la part de l'État ne descende jamais en dessous de 70% dans GDF. En 2006, il se prononce cependant en faveur de la fusion de l'entité publique avec le groupe privé, ce qui rendra minoritaire la part de l'État dans la nouvelle entité.&lt;br /&gt;(12) Aymeric Mantoux, op. cit., p. 75.&lt;br /&gt;(13) «Comment Sarkozy cherche à contrôler les médias», Marianne, Paris, 11 mars 2006.&lt;br /&gt;(14) Cité par Le Point, Paris, 17 août 2006.&lt;br /&gt;(15) «L'entreprise Sarkozy», Challenges, Paris, 16 mars 2006.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-7026963003593359031?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/7026963003593359031/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=7026963003593359031' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/7026963003593359031'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/7026963003593359031'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/02/jean-paul-lallier-btir-et-conserver-la.html' title='Jean-Paul L’Allier – Bâtir et conserver la confiance du public'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R6nZiwDDX8I/AAAAAAAAAH8/hpiRH2r9jhk/s72-c/lallier.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-2309415542816497443</id><published>2008-01-26T16:12:00.000-05:00</published><updated>2008-01-26T16:15:26.968-05:00</updated><title type='text'>Pascal Lapointe – Et si on résumait... (cinquième texte)</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5ui3wDDX6I/AAAAAAAAAHs/_y0qc3bqo_w/s1600-h/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5159896876757245858" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5ui3wDDX6I/AAAAAAAAAHs/_y0qc3bqo_w/s200/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Peut-être suis-je un des rares à avoir lu tous les textes déposés au cours des derniers mois sur ce site Web interactif en prévision du colloque, et cela me laisse un goût amer. Des visions articulées, variées, passionnées... mais l’ensemble est, globalement démoralisant. Les constats sont, partout, négatifs. L’avenir est sombre. Et les pistes de solutions? Y en a-t-il?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&gt; L’information-spectacle est devenue dominante, se désolent tour à tour &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/jacques-plante-la-confusion-des-genres.html"&gt;Jacques Plante&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/jean-pierre-charbonneau-la-culture-de.html"&gt;Jean-Pierre Charbonneau&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/gilles-normand-de-la-tl-sur-papier.html"&gt;Gilles Normand&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/liza-frulla-quand-mdia-et-dmocratie-se.html"&gt;Liza Frulla&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/stanley-pan-quels-intrts-sert-le.html"&gt;Stanley Péan&lt;/a&gt;, ces deux derniers insistant aussi sur la superficialité et la culture du clip, tout comme &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/jici-lauzon-tlvision-et-dmocratie-la.html"&gt;Jean-Claude Lauzon&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/11/gilles-lesage-le-salut-de-linformation.html"&gt;Gilles Lesage&lt;/a&gt;. Les médias, rappelle &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/louise-blanchard-chiens-de-garde-ou.html"&gt;Louise Blanchard&lt;/a&gt;, sont devenus des objets de consommation, de plus en plus associés au culte de l’opinion (&lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/liza-frulla-quand-mdia-et-dmocratie-se.html"&gt;Frulla&lt;/a&gt;) et de la vedette (&lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/louise-blanchard-chiens-de-garde-ou.html"&gt;Blanchard&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/gilles-normand-de-la-tl-sur-papier.html"&gt;Normand&lt;/a&gt;), phénomène que les blogues ne pourront qu’amplifier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&gt; La liberté d’expression: les journalistes semblent en voie de réprimer tout esprit critique quand leur conglomérat est concerné (&lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/marc-franois-bernier-les-nouveaux.html"&gt;Marc-François Bernier&lt;/a&gt;), les intérêts corporatifs ont pris le dessus (&lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/10/laurent-laplante-que-font-les-mdias-de_25.html"&gt;Laurent Laplante&lt;/a&gt;), ce sont les acteurs politiques et économiques «qui imposent l’agenda» (&lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/jacques-plante-la-confusion-des-genres.html"&gt;Plante&lt;/a&gt;), les lois d’accès à l’information sont grugées (&lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/12/anne-pineau-la-face-cache-de-la-libert.html"&gt;Anne Pineau&lt;/a&gt;) et le contexte de travail - produire plus vite et pour plus d’une plateforme - élimine peu à peu la réflexion (&lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/jean-thivierge-rflexions-dun-col-bleu.html"&gt;Jean Thivierge&lt;/a&gt;) ou l’analyse (&lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/11/franois-demers-dire-quon-est-guid-par.html"&gt;François Demers&lt;/a&gt;). Tout cela, dans un contexte où les compétences civiques de la population sont en déclin, selon &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/henry-milner-comptences-civiques-dans.html"&gt;Henry Milner&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&gt; L’évolution du marché: la transformation de l’industrie médiatique à l’heure d’Internet ne fait que commencer, soulignent &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/michel-nadeau-les-enjeux-de-la.html"&gt;Michel Nadeau&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/daniel-marsolais-il-y-toujours-de.html"&gt;Daniel Marsolais&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/pascal-lapointe-le-journalisme-est-il.html"&gt;moi-même&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/franois-demers-allons-lessentiel.html"&gt;François Demers&lt;/a&gt;. Pour &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/franois-demers-allons-lessentiel.html"&gt;ce dernier&lt;/a&gt;, cela entraîne «le tassement des médias généralistes, qui les pousse encore plus avant dans les conglomérats», une réorganisation des métiers et un accroissement du travail précaire (dont &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/12/pascal-lapointe-le-journalisme-est-il.html"&gt;la pige&lt;/a&gt;). Certes, l’explosion des nouveaux médias (dont les blogues) pourrait se révéler «un plus» pour la démocratie. &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/anne-marie-voisard-internet-du-pour-et.html"&gt;Anne-Marie Voisard&lt;/a&gt; en doute, elle qui souhaiterait qu’informer demeure le privilège des journalistes, tout en reconnaissant que c’est «rêver en couleur». Qui sait, demande &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/daniel-marsolais-il-y-toujours-de.html"&gt;Daniel Marsolais&lt;/a&gt;, si les journalistes «pros» d’aujourd’hui, ne seront pas remplacés par des «communicateurs» de toutes sortes, subissant le même sort que les typographes quand l’industrie n’a plus eu besoin d’eux...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Face à cet «âge des ténèbres» y a-t-il des pistes de solution à présenter au colloque? Pratiquement pas. &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/gilles-normand-de-la-tl-sur-papier.html"&gt;Gilles Normand&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/daniel-marsolais-il-y-toujours-de.html"&gt;Daniel Marsolais&lt;/a&gt; terminent leur article par l’intertitre «Que faire?», mais restent dans le vague: organiser la réflexion, se rappeler du rôle civique du journaliste... Et tous deux d’ajouter aussitôt que, hélas, les médias sont d’abord des machines à profits. Retour à la case départ.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/bernard-landry-prvenir-les-drives-de-la.html"&gt;Bernard Landry&lt;/a&gt; appelle à une «régulation de la liberté de presse». &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/11/isabelle-gusse-mdias-et-intrts-publics.html"&gt;Isabelle Gusse&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/12/anne-pineau-la-face-cache-de-la-libert.html"&gt;Anne Pineau&lt;/a&gt; proposent, plus spécifiquement, des réglementations qui obligeraient les médias à insuffler davantage d’infos d’intérêt public, ou même, limiteraient la concentration de la presse. Mais l’idée est ambitieuse, quand on se rappelle que les journalistes se braquent dès qu’il est question de réglementer leur métier - par ailleurs, si Marc-François Bernier a raison &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/marc-franois-bernier-les-nouveaux.html"&gt;lorsqu’il voit&lt;/a&gt; les journalistes comme des défenseurs des intérêts de leur conglomérat, on n’est pas sorti du bois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«S’engager comme résistant», écrit &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/stanley-pan-quels-intrts-sert-le.html"&gt;Stanley Péan&lt;/a&gt;. Bien. Très bien. Mais ce sont des mots creux, s’ils ne sont pas associés à une action concrète ou à un objectif précis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à moi, &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/pascal-lapointe-une-piste-de-solution.html"&gt;j’écrivais&lt;/a&gt;, et j’y crois plus que jamais, que pour éviter ces impasses, il y a une voie sur laquelle un consensus serait facile à obtenir, où le poids d’un syndicat, avec un lobbying efficace, aurait un impact plus rapide: l’amélioration des conditions de travail des plus précaires d’entre nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est une réflexion qui a été menée en coulisses depuis près de deux décennies, notamment à &lt;a href="http://www.ajiq.qc.ca/indep_journal/oct_2003/bernier.html"&gt;l’AJIQ&lt;/a&gt;. Une énorme brique, le &lt;a href="http://www.travail.gouv.qc.ca/actualite/travail_non_traditionnel/Bernier2003/index.html"&gt;Rapport Bernier&lt;/a&gt;, qui s’empoussière depuis cinq ans, contient toutes les recommandations nécessaires à un virage radical dans notre façon de traiter le travail autonome, cette frange imposante de notre société, dont &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/12/pascal-lapointe-le-journalisme-est-il.html"&gt;l’évolution&lt;/a&gt; a un impact indéniable sur &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/10/pascal-lapointe-le-journalisme-est-il_25.html"&gt;la qualité&lt;/a&gt; de l’information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S’engager sérieusement sur cette voie - en faire une priorité, avec ce que cela implique -, serait pour ces syndicats si souvent décriés par les jeunes et les «précaires», la meilleure façon - à mon avis la seule façon - de «promouvoir les solidarités à l’intérieur du secteur des médias» &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/franois-demers-allons-lessentiel.html"&gt;qu’espère François Demers&lt;/a&gt;. Et, en travaillant à garder dans le métier des jeunes bourrés de talent, on contribuerait à l’émergence d’une future génération de ces «champions de la réflexion, du rejet de l’arbitraire et de l’absolu» qu’appelle de tous ses voeux &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/stanley-pan-quels-intrts-sert-le.html"&gt;Stanley Péan&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Pascal Lapointe est journaliste depuis une vingtaine d'années. Il est toujours demeuré près du milieu de la pige, comme pigiste lui-même, comme rédacteur en chef de l'Agence Science-Presse, petit média à but non lucratif et porte d'entrée pour les débutants, où il a contribué à former de nombreux journalistes, et à titre de membre du conseil d'administration de l'AJIQ dans les années 1990 et 2000. Il est co-auteur du livre Les nouveaux journalistes: le guide. Entre précarité et indépendance (PUL, 2006).&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-2309415542816497443?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/2309415542816497443/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=2309415542816497443' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/2309415542816497443'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/2309415542816497443'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/pascal-lapointe-et-si-on-rsumait.html' title='Pascal Lapointe – Et si on résumait... (cinquième texte)'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5ui3wDDX6I/AAAAAAAAAHs/_y0qc3bqo_w/s72-c/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-451651297292794123</id><published>2008-01-25T12:53:00.000-05:00</published><updated>2008-01-26T16:09:12.607-05:00</updated><title type='text'>Jean Thivierge – Réflexions d’un col bleu</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5oiTwDDX5I/AAAAAAAAAHk/uFazzpteQAw/s1600-h/Jean+Thivierge.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5159474045816889234" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5oiTwDDX5I/AAAAAAAAAHk/uFazzpteQAw/s200/Jean+Thivierge.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Je me suis toujours vu comme un col bleu de l'information durant mes 30 ans comme journaliste à Radio-Canada. En travaillant dans cette boîte, j'avais doublement le devoir de défendre avant tout l'intérêt public. Tout d'abord, dans une société d'État qui est au centre du développement socioculturel du Canada et du Québec, on ne peut passer à côté de cette responsabilité et, quand j'y suis entré, c'est cette culture qui dominait à RadCan. Ensuite, comme journaliste, face à une société dont le développement s'accélérait, mais où les inégalités apparaissaient de façon plus criante, je sentais aussi que je devais avant tout défendre l'intérêt public dans toute l'acception du terme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai fait de l'action syndicale à partir des années 80 dans la foulée de toutes les batailles des années 60 et 70 pour permettre aux journalistes de protéger leur indépendance et leur intégrité. Je croyais que l'amélioration des conditions de travail faisait partie de cette démarche. Aujourd'hui, ce que je vois, c'est le recul des conditions de travail partout dans les médias. On a réduit les effectifs sans égard aux conventions, et, dans certaines entreprises, la judiciarisation des relations de travail finit par vider de leur sens des conventions collectives rendues inapplicables. Les clauses discriminatoires ou «orphelins» se sont multipliées pour réduire les conditions de travail des jeunes qu'on embauche. Le recours aux employés temporaires «jetables après usage» est devenu la norme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour réduire les coûts de production tout en augmentant la productivité, on a non seulement réduit les effectifs, mais on a aussi changé l'orientation des couvertures journalistiques en privilégiant, par exemple, la couverture des faits divers, qui ont l'avantage de comporter une histoire complète quand on la rapporte et qui ne nécessitent pas un effort de compréhension trop important, que ce soit de la part du journaliste ou du public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le flux d'informations disponibles maintenant dépasse souvent la capacité d'absorption du public. Ce faisant, les citoyens se sentent floués ou perdus, incapables de donner un sens exact à ce qu'ils apprennent. Le rôle, ou à tout le moins un des rôles du journaliste responsable et préoccupé par l'intérêt public, est justement de donner un sens, une signifiance à cette masse d'informations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la mesure où les journalistes sont objectivement moins nombreux à scruter la réalité, dans la mesure où les intérêts corporatifs ont pris le dessus sur l'intérêt public, dans la mesure où l'organisation du travail devient tranquillement une «désorganisation tranquille du travail», on entre brutalement dans un monde où la rumeur et l'approximatif se confondent avec la réalité. Des sociétés fascisantes peuvent se développer sur de telles bases.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Jean Thivierge a travaillé 30 ans comme journaliste à Radio-Canada, dont 18 comme correspondant parlementaire pour le service des nouvelles radio. Il a couvert tous les grands événements politiques des 25 dernières années au Québec, dont les référendums de 1980, 1992 et 1995, en plus de couvrir les campagnes électorales de 1989 à 2003. Préoccupé par les questions d'environnement et d'énergie, il a produit de nombreux reportages sur ces sujets. Quelques séjours en milieu autochtone ont également été à l'origine d'une couverture assidue des dossiers autochtones. Les dossiers sociaux, mais aussi celui des négociations du secteur public, ont également été son pain et son beurre durant ses années de journalisme. Jean Thivierge est retraité de Radio-Canada depuis juin 2007.&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-451651297292794123?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/451651297292794123/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=451651297292794123' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/451651297292794123'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/451651297292794123'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/jean-thivierge-rflexions-dun-col-bleu.html' title='Jean Thivierge – Réflexions d’un col bleu'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5oiTwDDX5I/AAAAAAAAAHk/uFazzpteQAw/s72-c/Jean+Thivierge.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-382245726756320948</id><published>2008-01-25T11:47:00.000-05:00</published><updated>2008-01-25T12:01:55.250-05:00</updated><title type='text'>Louise Blanchard - Chiens de garde ou chiens de cirque?</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5oTRQDDX2I/AAAAAAAAAHM/Upo_zfexZZ0/s1600-h/photo+-+Louise+Blanchard.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5159457510192799586" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5oTRQDDX2I/AAAAAAAAAHM/Upo_zfexZZ0/s200/photo+-+Louise+Blanchard.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;La plume m'en tombe des mains devant la question que pose le colloque de la FNC: informer est-il encore d'intérêt public?!... Est-ce possible que le journalisme ait tant muté que l'on ait à envisager pour lui une autre mission que celle d'informer?! Serait-ce que la démocratie n'a plus besoin de ses chiens de garde, comme on appelait les journalistes dans mon (bon?) vieux temps?!&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il est vrai que de retrouver les trois mots «informer», «intérêt» et «public» dans la même phrase paraît surréaliste tellement ils habitent souvent de nos jours sur des planètes différentes. «Informer» n'est-il pas devenu, pour bien des journalistes, une sorte de vieux &lt;em&gt;mantra&lt;/em&gt; désincarné et répété machinalement? «L'intérêt», lui, n'évoque-t-il pas celui des propriétaires de médias, en appétit constant de développement d'entreprise et de convergence? Quant à l'épithète «public», n'a-t-il pas perdu son sens de collectivité sociale pour ne nommer que les lecteurs et les auditeurs?&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;En 25 ans de métier au &lt;em&gt;Journal de Montréal&lt;/em&gt;, je n'ai jamais entendu, accolés dans la bouche de mes patrons, les termes «médias» et «démocratie». Ceux de «mission du journaliste» non plus. Le mot «objectif», par ailleurs, a toujours fait partie du paysage. Objectif de «scooper» la compétition, de rejoindre plus de lecteurs (l'intérêt public...), de couper des postes, de hausser les profits, de rationaliser les ressources, de développer la convergence. Est-ce le fait de se sentir ainsi toujours déchirés entre leur mission de journaliste et l'objectif essentiellement économique de l'entreprise qui a rendu tant de mes anciens collègues cyniques et blasés au cours des années? Le cynisme est l'auge des idéalistes déçus, et l'auge est pleine au &lt;em&gt;Journal de Montréal&lt;/em&gt; - comme sans aucun doute ailleurs. Comme on ne peut rentrer chaque jour au travail en se méprisant d'avoir abandonné ses idéaux, eh bien, on étouffe ses scrupules par l'indifférence - ou l'adhésion volontaire aux objectifs patronaux -, le sarcasme et le chèque de paye. Dans le meilleur des cas, on se tourne vers l'action syndicale et professionnelle pour tenter d'endiguer les assauts de l'employeur en brandissant la convention collective et les menaces de griefs (ça, c'est quand on est un salarié syndiqué permanent: la précarité a un goût encore plus amer et pernicieux...)&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La convergence, dans un tel état d'esprit, s'avale sans sourciller par bien des journalistes. Les citoyens, eux, écrasés devant TVA le soir, et lisant, le matin, le &lt;em&gt;Journal de Montréal&lt;/em&gt; avec leur café, se font rouler dans la même farine de la convergence sans même un soupçon d'éternuement. Mais qui les informe des dangers qui menacent l'intérêt public avec cette capture des médias par quelques mains choisies?! TVA? Le &lt;em&gt;Journal de Montréal&lt;/em&gt; ?... Faudra-t-il que des &lt;em&gt;MédiaMatin&lt;/em&gt; poussent partout au Québec pour que les citoyens, mis en contact direct avec les journalistes, constatent l'ampleur du problème?&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La démocratie, il faut dire, est une réalité toujours en mouvement qui n'est pas épargnée par les contradictions. On ne peut nier que l'information - notamment internationale - a pris une dimension imposante sur le plan public, ces dernières années. Les nouvelles technologies ont amplifié le phénomène, ouvrant par ailleurs la voie à «l'infostress» et «l'infobésité» - ces effets pernicieux d'une surenchère quotidienne d'information ingurgitée à toute allure et sans discernement. En même temps, une confusion des genres s'est abattue sur le métier, plaçant tous dans le même panier de l'information - certains plus en haut que d'autres - les reporters, les chroniqueurs, les envoyés spéciaux, les correspondants, les collaborateurs (spécialisés ou non), les animateurs, les critiques, les &lt;em&gt;blogueurs&lt;/em&gt;, les éditorialistes, et j'en passe. Au &lt;em&gt;Journal de Montréal&lt;/em&gt;, on engage à tour de bras et à peu de frais des collaborateurs spécialisés qui kidnappent les fonctions des journalistes et grugent leur espace rédactionnel. Comment retrouver une information claire, exacte, complète, dans les méandres de l'opinion dont on use et abuse sans vergogne? Il est même rendu de mise de calculer l'importance de l'information en fonction, non pas de l'information elle-même, mais bien en fonction de celui qui la rapporte!&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Serait-ce donc que les aboiements des chiens de garde ne se font plus entendre de nos jours pour avertir le public des dangers de l'ombre mais bien pour attirer la lumière des projecteurs sur... eux-mêmes?! L'intérêt des propriétaires de médias en sort peut-être gagnant, mais le public et la démocratie, j'en doute. Alors, vivement un colloque là-dessus! Mais quant à savoir qui informera le public de ces débats, alors ça, c'est une autre histoire... &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Louise Blanchard a amorcé sa carrière de journaliste dans l'information locale, à Montréal, avant d’entrer au&lt;/em&gt; Journal de Montréal &lt;em&gt;en 1980 où elle est demeurée jusqu’en 2006. Au cours de ces années, elle a touché pratiquement à tous les secteurs - faits divers, affaires sociales, politique provinciale et municipale - avant d'être affectée à la couverture du cinéma. Elle a aussi profité d'années sabbatiques pour travailler comme attachée de presse à la CEQ, retourner à ses études en philosophie et voyager en Asie avec son conjoint, André Dalcourt; cette sabbatique asiatique a d’ailleurs mené à l'écriture conjointe de deux livres. Également très active au sein de la FPJQ dans les années 80, notamment comme vice-présidente pendant trois ans, elle s’est ensuite impliquée dans son syndicat, le STIJM, comme membre du comité de négociation, puis comme membre du bureau de direction. Depuis qu'elle a repris sa liberté, elle travaille sur des projets de documentaires. Le dernier en chantier porte sur l'évolution du journalisme au Québec.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-382245726756320948?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/382245726756320948/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=382245726756320948' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/382245726756320948'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/382245726756320948'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/louise-blanchard-chiens-de-garde-ou.html' title='Louise Blanchard - Chiens de garde ou chiens de cirque?'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5oTRQDDX2I/AAAAAAAAAHM/Upo_zfexZZ0/s72-c/photo+-+Louise+Blanchard.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-3571923901184691071</id><published>2008-01-23T14:07:00.000-05:00</published><updated>2008-01-23T14:09:46.835-05:00</updated><title type='text'>Jacques Plante – La confusion des genres à RDI</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5eQ6gDDX1I/AAAAAAAAAHE/-QgPIX5NaUE/s1600-h/photo+-+Jacques+Plante.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5158751232885743442" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5eQ6gDDX1I/AAAAAAAAAHE/-QgPIX5NaUE/s200/photo+-+Jacques+Plante.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le temps passe et RDI apparaît comme une vaste plage de temps d’antenne gratuite mise à la disposition des partis politiques et groupes d’intérêts qui veulent s’en servir sans cadre ni balise. C’est la confusion des genres. Est-ce un spectacle ou de l’information?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par exemple, Le Club des Ex. Ils se prononcent sur tout et sur rien et nous disent quoi penser. Québec et Ottawa s’ajustent, personne ne marche sur les pieds des autres. Chacun attend sagement son tour avant d’entrer directement dans mon salon, sans intermédiaire. Quand la chef du PQ s’adresse en direct au chef de l’ADQ qui, lui, parle au chef du Parti libéral du Québec, il y a moins de temps pour les questions des journalistes. On saute d’un événement, d’une déclaration à l’autre. Le message est conçu pour se rendre directement à l’auditoire, sans filtre. Quelles sont les normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada à ce sujet?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce sont les intervenants qui imposent l’agenda. Si le premier ministre fait une déclaration à Ottawa, RDI, par entente tacite ou négociée, coupe une entrevue ou une discussion en ondes et passe cette déclaration en direct. Si on a le temps, on laisse des questions aux journalistes. Trop souvent, on ne vide pas le sujet parce qu’un autre intervenant attend, dans une autre ville, pour passer son message. Comment le public peut-il juger de la qualité et de l’intégrité du contenu?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous des apparences de CNN, RDI c’est, surtout, remplir du temps d’antenne. Plus, ça ressemble à des «plugs» qui se multiplient et se répètent d’heure en heure. Et si on s’en prive, va-t-on manquer quelque chose d’indispensable? Pas certain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est l’usine, la machine à saucisses, n’importe quoi. Au cas où on ne comprendrait pas, un journaliste nous résume les propos tenus en ondes une minute avant. Si ce n’est pas assez clair, RDI Junior va encore le répéter avec, en prime, le même sujet au TJ. Lourd, très lourd.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l’antenne est occupée. Un sociologue, un penseur, un autre lologue, un comédien, un universitaire, un spécialiste de l’image, plus un vox-pop et une tribune téléphonique, donc de la radio, là on est en affaires. Insérez quelques images d’un drame aux États-Unis et une adresse «web» où voir un carnage à peine en différé et c’est le délire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans tout cela, où sont les politiques de la SRC en matière d’éthique, de transparence et de rigueur? RDI serait-elle aussi une chaîne de variétés? Sans parler de la qualité du français qui est en chute libre. À trop vouloir ressembler à ses concurrents privés, Radio-Canada se dénature et ne parvient pas nécessairement à les concurrencer. À l’antenne, c’est devenu la guerre des déclarations, des opinions, des ballons, au détriment des faits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les journalistes de Radio-Canada ne pourront changer seuls cette situation. Leur charge de travail augmente et ils doivent produire de plus en plus vite, sans filet. Je n’ai pas LA solution, LA réponse. Peut-être que je suis dépassé et que je ne comprends rien à cette manière «d’informer», d’exercer le métier. Ce qu’on sait cependant, c’est que le concept de livraison du message directement dans le salon de l’électeur-contribuable, avec le moins de journalistes possible dans les jambes, était en gestation depuis au moins 15 ans. À l’époque, le créneau n’existait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;RDI, réseau de l’information et non pas réseau de nouvelles. C’est aussi pour ça qu’on y retrouve un joyeux mélange. Qui plus est, les reportages, hors bulletin de nouvelles, s’étirent, se multiplient. Par exemple, sur les nids de poule, l’Halloween, le Boxing Day, la tempête, quand ce n’est pas l’après-tempête ou celle qui s’en vient! Sans oublier une entrevue avec un météorologue pour nous dire qu’il pleut. Les commissions qui n’en finissent plus. L’affaire Mulroney-Schreiber. Finalement on a LE SUJET pour remplir l’antenne: la crise du verglas 10 ans plus tard. On a étiré la sauce avec une semaine de rappels et de répétitions. RDI donne aussi dans le service et le divertissement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ce temps, lentement mais sûrement, les salles de nouvelles radio et télé régionales ferment ou s’éteignent, notamment sous l’effet de la concentration de propriété.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, à l’occasion, cette façon de faire de RDI permet de découvrir certains talents. Les journalistes sont moins coincés dans le seul reportage du TJ. Malgré la pression du direct de dernière minute, nombreux sont ceux et celles qui se tirent très bien d’affaires en direct et qui ajoutent un commentaire, un mot d’humour, de vie, d’émotion. Ça aussi c’est un changement.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Jacques Plante a commencé sa carrière de journaliste en 1966 à CJRC (Ottawa) après des études en lettres, comptabilité et cinéma à Québec et un stage au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes à Paris. Après un passage à CHRC (Québec), il fait, en 1970, son entrée à la salle des nouvelles de Radio-Canada à Québec, où il travaille autant pour la radio que la télévision jusqu’en 2000. Pendant la moitié de ces 30 années passées à la Société d’État, il a assuré la couverture parlementaire. Depuis qu’il a pris sa retraite du journalisme, il travaille comme consultant et formateur en communications.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-3571923901184691071?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/3571923901184691071/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=3571923901184691071' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/3571923901184691071'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/3571923901184691071'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/jacques-plante-la-confusion-des-genres.html' title='Jacques Plante – La confusion des genres à RDI'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5eQ6gDDX1I/AAAAAAAAAHE/-QgPIX5NaUE/s72-c/photo+-+Jacques+Plante.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-4565184245175055030</id><published>2008-01-23T11:38:00.000-05:00</published><updated>2008-01-25T12:16:48.982-05:00</updated><title type='text'>Marc-François Bernier - Les nouveaux mercenaires de l'information</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5duBgDDX0I/AAAAAAAAAG8/9Q50zPQilzM/s1600-h/bernier_m-f.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5158712870237855554" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5duBgDDX0I/AAAAAAAAAG8/9Q50zPQilzM/s200/bernier_m-f.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;L’auteur reprend ici un texte publié dans l’édition du 22 janvier 2007 du quotidien Le Devoir.&lt;/em&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Une des leçons qu'il faut retenir du débat confus entre accommodements raisonnables et racisme qu'a volontairement allumé l'empire Quebecor et son sondeur de prédilection Léger Marketing, c'est que les journalistes et commentateurs patentés de Quebecor se comportent de plus en plus comme des mercenaires incapables de critiquer leurs égarements. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il faut avoir lu l'ensemble des textes consacrés aux différentes questions de ce sondage pour constater qu'à aucun moment les nombreux journalistes affiliés à Quebecor n'ont songé à remettre réellement en question la définition même du mot «racisme» que le sondeur a librement utilisée. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il y avait pourtant beaucoup à dire tant sur les définitions retenues (on confond racisme avec inconfort, par rapport aux autres cultures notamment) que sur la répartition des réponses et la tournure générale des questions. Ces imperfections ont miné la validité de l'exercice au point que toute interprétation devenait dénuée de fondement. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Réaliser un sondage scientifique en suivant toutes les règles de l'art n'aurait pas coûté plus cher à l'empire Quebecor. Il aurait cependant créé moins de remous et réduit considérablement les retombées commerciales et médiatiques de l'exercice, car les résultats, probablement plus nuancés, auraient été moins facilement exploitables à l'écran et sur papier. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Devant le silence des nouveaux mercenaires de l'information et de l'opinion, tout dévoués à la cause de leur employeur, les critiques sont venues de l'extérieur. On a même vu des textes dans Le Journal de Montréal pour attaquer ces critiques. En somme, hors de Quebecor point de salut! Pour paraphraser un thème déjà débattu par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, les médias sont-ils les nouvelles Églises et leurs journalistes, les nouveaux curés? &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ce dernier épisode s'ajoute à bien d'autres, dont celui des fameuses analyses de l'eau des piscines publiques de l'été 2006. Déjà, les journalistes de Quebecor avaient réprimé tout esprit critique afin de ne pas nuire à l'impact médiatique et commercial de ces stratégies de marketing où l'on invente le scoop, à défaut de le découvrir au terme d'une enquête au-dessus de tout soupçon. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;strong&gt;Suivre les mots d'ordre&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Pour l'observateur des médias, ce comportement de groupe est troublant. Il faut en effet s'inquiéter quand ceux qui ont choisi de faire un métier reposant avant tout sur la liberté d'expression, et qui nous psalmodient l'évangile de la diversité de l'information, acceptent de suivre aveuglément les mots d'ordre de leur employeur. Comment est-il possible que des dizaines de gens reconnus pour leur franc-parler et se disant jaloux de leur libertéde critiquer puissent ainsi chanter à l'unisson la même partition sans interroger ceux qui manient la baguette? &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il faut par ailleurs reconnaître que les motivations des concurrents doivent aussi être remises en question quand ils critiquent les initiatives de Quebecor. D'une certaine façon, cela rend la situation encore plus inquiétante. Sommes-nous en voie de nous retrouver dans un système médiatique où chacun embrigade ses journalistes et collaborateurs afin d'attaquer et affaiblir le concurrent, imposant du même coup un esprit de clan typique des groupes idéologiques?&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Une telle possibilité est à la fois incompatible avec la liberté d'expression des individus et menace gravement l'intégrité professionnelle des journalistes. Comment prendre au sérieux leurs revendications en matière de liberté de presse et de droit du public à l'information quand eux-mêmes sont en quelque sorte complices d'une forme de censure ou se complaisent dans des conflits d'intérêts systémiques? &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Pour ceux qui se sont inquiétés des possibles excès de la concentration et de la convergence des médias d'information, de tels épisodes n'ont rien de rassurant, car ils démontrent le pouvoir réel que les conglomérats médiatiques ont d'influencer les débats publics en fonction de leurs intérêts corporatistes. On peut penser que l'intérêt médiatique s'impose devant le déclin du principe qui consiste à oeuvrer pour l'intérêt public. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il faut craindre que la situation ne favorise une escalade de conflits entre mercenaires des grands groupes de presse du Québec où chaque journaliste et commentateur aurait l'obligation de suivre la «ligne du parti». De plus en plus, nous avons besoin de lieux de recherche et de débat où l'on puisse analyser, de façon critique, rigoureuse et indépendante, les pratiques médiatiques qui influent grandement sur la qualité de notre vie démocratique. Il semble que les entreprises de presse soient peu enclines à assumer cette tâche. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Marc-François Bernier est professeur agrégé et coordonnateur du programme de journalisme à l’Université d’Ottawa. Journaliste pendant près de 20 ans, surtout en politique municipale et provinciale à Québec, l’auteur s’est impliqué dans plusieurs débats professionnels. Spécialiste de l’éthique et de la déontologie du journalisme, il détient un doctorat en science politique. Il est membre de l’équipe de recherche &lt;/em&gt;&lt;a href="http://www.pncp.ca/"&gt;&lt;em&gt;Pratiques novatrices en communication publique&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt; (PNCP). Il est l’auteur, notamment, de Éthique et déontologie du journalisme et, de L’ombudsman de Radio-Canada: Protecteur du public ou des journalistes? Corédacteur du Guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, il œuvre également comme expert devant les tribunaux civils dans des litiges mettant en cause les pratiques journalistiques. Il est membre de la Commission canadienne pour l’UNESCO (Culture, communication et information).&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-4565184245175055030?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/4565184245175055030/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=4565184245175055030' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/4565184245175055030'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/4565184245175055030'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/marc-franois-bernier-les-nouveaux.html' title='Marc-François Bernier - Les nouveaux mercenaires de l&apos;information'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5duBgDDX0I/AAAAAAAAAG8/9Q50zPQilzM/s72-c/bernier_m-f.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-1017441104003695198</id><published>2008-01-22T21:55:00.000-05:00</published><updated>2008-01-25T12:22:06.003-05:00</updated><title type='text'>Jean-Pierre Charbonneau - La «culture de vautour» des médias</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5auswDDXyI/AAAAAAAAAGs/ZYTHT32lLh0/s1600-h/J-P+Charbonneau.bmp"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5158502507034664738" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5auswDDXyI/AAAAAAAAAGs/ZYTHT32lLh0/s200/J-P+Charbonneau.bmp" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;L’auteur reprend ici un texte qu’il a écrit au printemps 2005 pour un dossier sur la démocratie publié par la revue Éthique publique. Il s’agit d’un extrait de l’article intitulé «De la démocratie sans le peuple à la démocratie avec le peuple».&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Si les manquements éthiques des membres de la classe politique portent lourdement à conséquence sur la participation citoyenne, il en est aussi de même en ce qui concerne les dérapages déontologiques des membres du pouvoir médiatique. Il ne fait plus aucun doute que la déformation des faits, les raccourcis simplistes et sensationnalistes d’un trop grand nombre de journalistes et de commentateurs autant que les interprétations souvent sarcastiques ou tendancieuses et même parfois outrancières sinon carrément vulgaires contribuent largement à alimenter le cynisme ambiant face à la politique et à ses acteurs, tout en nourrissant la nouvelle culture de la politique spectacle et de l’information spectacle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le journaliste américain Walter Lippmann en arrivait au même constat déjà en 1921 quand il déclarait que «la crise actuelle de la démocratie occidentale est une crise du journalisme». Qui peut d’ailleurs nier aujourd’hui que les médias sont organisés d’abord comme des objets de consommation plutôt que comme des instruments d’animation des débats démocratiques? Qui peut nier que, plus souvent qu’autrement, les médias divertissent plus qu’ils n’informent? Qui peut nier que les nouvelles sont fréquemment présentées en pièces détachées sans la mise en contexte qui permet de comprendre le sens véritable des événements? Qui peut nier que l’image prime la réflexion et que le but principal est en général d’étonner et de frapper l’imagination plus souvent et plus fort que la concurrence? Qui peut nier que tous les médias ou presque n’en ont que pour le spectacle et l’émotion primaire? Qui peut nier encore que le journalisme d’enquête est sous-développé au Québec et que la course à l’exclusivité dérape fréquemment chez nous comme ailleurs? Qui peut soutenir que les recherches rigoureuses et sérieuses, dans le respect des personnes en cause, sont la préoccupation première des journalistes affectés à la scène politique autant que de leurs patrons?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne procède pas ici à un règlement de comptes. Je fais simplement miens les constats courageux de quelques journalistes émérites qui depuis un bon moment déjà appellent leurs collègues à un sursaut de conscience morale et dénoncent ce que l’éditorialiste en chef du quotidien La Presse, André Pratte, a osé nommer la «culture de vautour» 1 dans laquelle baignent les médias et leurs artisans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mettre le doigt sur la responsabilité du «quatrième pouvoir» quant à la mauvaise presse dont la classe politique est l’objet, et surtout quant à la grande inconscience citoyenne et à la forte incompétence civique, n’a pas pour but de diminuer ou de nier la responsabilité des politiciens ni celle aussi des citoyens eux-mêmes. Il est question cependant de souligner que la vie démocratique est plus que jamais tributaire de l’éthique de ceux qui font le lien entre les citoyens et leurs représentants politiques. «L’information n’est pas un des aspects de la distraction moderne, elle ne constitue pas l’une des planètes de la galaxie du divertissement: c’est une discipline civique dont l’objectif est de construire des citoyens.» 2&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. André Pratte, Les oiseaux de malheur, Montréal, VLB éditeur, 2000.&lt;br /&gt;2. Ignacio Ramonet, La tyrannie de la communication, Paris, Galilée, 1999.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Jean-Pierre Charbonneau a été journaliste au début des années 70, après avoir complété des études en criminologie à l’Université de Montréal. Ses enquêtes sur le crime organisé l’ont conduit à publier, en 1975, un ouvrage imposant sur l’histoire de la pègre montréalaise. L’année suivante, il se lance en politique active. Élu député du Parti québécois dans Verchères, il sera réélu en 1981 et 1985. En 1989, il réalise un rêve d’enfance en allant diriger un programme de coopération en Afrique, mais la guerre au Rwanda l’oblige à revenir. En 1992, il prend la tête de l’opération de sauvetage d’OXFAM-Québec. De retour en politique en 1994 dans le comté de Borduas, il devient président de l’Assemblée nationale en 1996. En janvier 2002, il est nommé ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes et ministre de la Réforme des institutions démocratiques. En avril 2003, il devient porte-parole de l’opposition en matière de sécurité publique, puis de santé. Le 15 novembre 2006, il quitte la politique, 30 ans après sa première élection. Il aura siégé au total pendant 25 ans au Parlement du Québec. Il est aujourd’hui analyste, chroniqueur et conférencier, en plus d’être professeur de Tai Chi Chuan.&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-1017441104003695198?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/1017441104003695198/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=1017441104003695198' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/1017441104003695198'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/1017441104003695198'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/jean-pierre-charbonneau-la-culture-de.html' title='Jean-Pierre Charbonneau - La «culture de vautour» des médias'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5auswDDXyI/AAAAAAAAAGs/ZYTHT32lLh0/s72-c/J-P+Charbonneau.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-7201787192171081496</id><published>2008-01-21T08:27:00.000-05:00</published><updated>2008-01-21T08:30:39.380-05:00</updated><title type='text'>Gilles Normand - De la télé sur papier…</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5SeaVFiaAI/AAAAAAAAAGk/UbnnqcoMgoA/s1600-h/photo+-+gilles+normand.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5157921648420218882" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5SeaVFiaAI/AAAAAAAAAGk/UbnnqcoMgoA/s200/photo+-+gilles+normand.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;De tout temps, dans le métier, il y a eu un prix à payer pour les erreurs ou les inexactitudes. C’était, jadis, une verte remontrance d’un chef des nouvelles ou d’un directeur de l’information, avec parfois menace de renvoi quand des informations n’avaient pas été adéquatement vérifiées, quand le journal avait l’air fou à la suite d’un article dont l’auteur s’était fourvoyé. Les journalistes étaient poussés à la rigueur, ce qui, hélas, n’a pas suffi à écarter de la confrérie certains éléments peu qualifiés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si, aujourd’hui, les reporters ont à l’évidence une meilleure préparation académique, nombre d’entre eux doivent travailler dans un contexte qui ne favorisera pas nécessairement la réflexion, surtout si on leur met dans les mains une caméra ou un appareil-photo, ou si on exige d’eux qu’ils alimentent presto le site Internet de l’entreprise. Il faut faire vite, on n’a pas non plus le temps d’attribuer des blâmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusque dans les années soixante, La Presse appartenait aux mêmes intérêts que l’hebdomadaire La Patrie et la station radiophonique CKAC. À l’époque, il n’est jamais venu à l’esprit de qui que ce soit qu’il puisse y avoir la moindre parenté entre les salles de rédaction de ces trois médias et il n’y en avait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la même époque, Le Nouvelliste de Trois-Rivières avait pour propriétaire le même que la station radiophonique CHLN. Pas de confusion là non plus entre les salles de rédaction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, il faut savoir qu’en ces temps où les journalistes gagnaient peu cher, ceux du Nouvelliste dans les régions voisines et ceux qui couvraient le Palais de justice de Trois-Rivières étaient invités à collaborer à CHLN, soit en relayant des nouvelles, soit en lançant un topo en ondes. Et peu se faisaient prier puisque ce revenu d’appoint, bien que mince, était intéressant. C’était la même chose pour des journalistes de La Presse couvrant la scène politique, à Québec ou à Ottawa, ainsi qu’à l’Hôtel de ville de Montréal et dans ceux de la périphérie. Personne ne trouvait à redire, on ne sentait poindre la moindre menace. On n’a pas vu venir assez tôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La télévision, jusqu’alors pas très menaçante pour la presse écrite, faute de salles de rédaction dignes de ce nom, s’est cependant, au fil du temps, révélée une menace: plus souple, plus rapide, en quelque sorte toujours immédiate, elle rendait les articles de journaux caducs. La télévision, désormais, forçait la presse écrite à rivaliser avec elle, l’obligeant à se dépasser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis vinrent les conglomérats regroupant plusieurs entreprises de presse - chaînes de médias écrits et électroniques - au gré de la voracité des investisseurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le Québec francophone, deux groupes de presse importants - Gesca et Quebecor - regroupèrent les quotidiens. Ils possèdent aussi d’innombrables périodiques. L’un d’eux a acquis un réseau de télévision, l’autre s’est lancé dans la production télévisuelle. Alors, sous une forme ou sous une autre, on a vu croître le trafic entre les salles de rédaction, convergence que dénoncent les journalistes. Enfin, la majorité d’entre eux!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À ceux qui s’inquiétaient des conséquences négatives possibles sur la qualité de l’information, on a toujours répondu qu’au contraire, ces entreprises devenaient plus solides et pouvaient consacrer des budgets plus importants à l’information qui allait s’en trouver mieux servie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mieux servie? On a assisté à des orgies de confusion où on tentait de faire passer certaines promotions pour de l’information, par exemple en faisant des nouvelles pour ploguer des émissions comme la téléréalité et certaines téléséries.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et que dire de certaines débauches sur toutes les chaînes et tous les réseaux, Le Devoir excepté, où on écoeure l’auditoire ou le lectorat en sautant sur un fait divers autrement anodin qu’on couvre inlassablement des jours durant. Quoi de mieux comme exemple que le traitement incroyablement démesuré qu’on a réservé au cas Myriam Bédard à la fin de 2006 et au début de 2007: deux semaines de mur à mur à la télé comme dans les quotidiens. Plus de temps qu’à l’exécution de Saddam Hussein et à ses conséquences, comme le faisait observer Gil Courtemanche en janvier 2007.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fais ça court et fais ça vite!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est aussi le règne du clip et de la vitesse. L’important, c’est la nouvelle au plus tôt, autant que possible exclusive, qu’importe qu’elle soit inexacte, incomplète ou même, à l’occasion, fausse. On s’ajustera plus tard. À titre d’exemple, une lettre de félicitations adressée à deux journalistes qui avaient eu un scoop mal vérifié, qui s’était retrouvé en une et qui avait été démenti vigoureusement par la suite. L’information qui avait donné lieu à ce texte est restée sans valeur depuis, mais la lettre de félicitations de leur patron disait: «Qui sait si, dans un avenir plus ou moins proche, cette nouvelle ne s’avérera pas. Continuez votre beau travail!» Faut le faire!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, vint Internet. Comme la presse électronique, les journaux ont développé des sites fort bien réalisés et efficaces, qui leur servent, entre autres, à fabriquer leurs vedettes. Les médias écrits n’ont jamais eu autant de titulaires d’un blogue et le nombre de columnists s’est accru de façon quasi indécente. Cela semble servir deux objectifs principaux: cultiver le vedettariat et en profiter bien sûr, puis conforter le point de vue du patron. Ainsi, on peut bien publier une nouvelle qui indispose le boss, on pourra toujours compter sur un escadron de chroniqueurs pour l’interpréter, la réorienter et indiquer ce qu’on doit en penser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La majorité des journaux tente de rivaliser avec la télévision en faisant de la télé sur papier: gros titres, spread sur deux pages, photos immenses et nombreuses, des colonnes pour les vedettes avec photos démesurées. Il en résulte une diminution du nombre de textes avec des faits (la vraie nouvelle). Tous les journaux du Québec, sauf Le Devoir et The Gazette, n’ont plus de textes en une, laquelle n’est plus qu’une vitrine et rien d’autre. Certains s’en tirent mieux que d’autres au point de vue tirage, mais l’exercice aboutit, dans le meilleur des cas, à remplacer quatre trente sous pour une piastre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les journaux de la chaîne Gesca ont la même robe en une et tous sont abrités dans le même site Internet, Cyberpresse. Même chose pour les journaux de la chaîne Quebecor: même jaquette et même site Internet, Canoë. On peut bien être d’accord pour partager le même site, s’il peut être de cette façon meilleur. Mais il ne s’agit pas moins là d’une convergence qui gagne du terrain à tous égards.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que faire?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les syndicats peuvent-ils faire quelque chose quand ils n’arrivent même pas à convaincre leurs membres de ne pas accepter de propositions qui outrepassent, en primes diverses et en jours de vacances, les dispositions des conventions collectives. Le petit statut particulier reste affriolant…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des colloques comme celui-ci sont éminemment utiles pour développer une mobilisation et obtenir, au bout du compte, que les journalistes obtiennent un droit au chapitre plus réel dans les entreprises de presse. Il faut favoriser la réflexion, en parler et en parler encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est clair que les propriétaires des entreprises de presse font du pognon. C’est d’ailleurs leur objectif et il ne s’agit pas ici de s’opposer au profit. L’ex-magnat de la presse, Conrad Black, n’a-t-il pas un jour d’avant ses déboires donné l’heure juste: «C’est un bon commerce!»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais à force de rétrécir l’espace et l’énergie consacrés à l’information, il ne restera plus grand-chose pour favoriser l’exercice de la démocratie, surtout si on manipule cet exercice. Combien de fois n’a-t-on pas entendu un chef d’antenne jouissant d’un prestige peu commun présenter une nouvelle en disant le contraire de ce que le topo énonçait!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le journalisme est sans conteste un rouage majeur de l’exercice démocratique. On peut dire sans se tromper que les partis politiques et les gouvernements seraient tout ce qu’il y a de plus dominateurs s’il n’y avait le chien de garde indispensable que constitue la presse. Et comment pourrait-on contrer la corruption? Déjà qu’ils font tout pour cacher l’information le plus possible, sauf quand il s’agit de couper un ruban…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Gilles Normand a été journaliste pendant 40 ans, dont 38 à La Presse. Embauché au quotidien de la rue Saint-Jacques en mai 1967, il a couvert l’exposition universelle, véritable université à ciel ouvert. Sa longue carrière lui a fourni l’occasion de connaître tous les rouages du métier, depuis les faits divers jusqu’à la politique, en passant par les cours de justice, la chronique portuaire, les informations générales, les arts et la culture, sans parler d’un séjour de près de cinq ans au pupitre. Il est devenu correspondant parlementaire à Québec au début de 1989, fonction qu’il a quittée au moment de prendre sa retraite du journalisme, en juin 2005, pour se consacrer à l’écriture romanesque.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-7201787192171081496?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/7201787192171081496/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=7201787192171081496' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/7201787192171081496'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/7201787192171081496'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/gilles-normand-de-la-tl-sur-papier.html' title='Gilles Normand - De la télé sur papier…'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5SeaVFiaAI/AAAAAAAAAGk/UbnnqcoMgoA/s72-c/photo+-+gilles+normand.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-7346651873041246523</id><published>2008-01-20T10:57:00.000-05:00</published><updated>2008-01-20T11:01:22.080-05:00</updated><title type='text'>Bernard Landry – Prévenir les dérives de la liberté de presse</title><content type='html'>&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5157589411225036770" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5NwPlFiZ-I/AAAAAAAAAGU/JTDThjqJAfY/s200/photo+-+Bernard+Landry.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Il est de plus en plus courant de décrire l’aventure humaine comme une longue marche vers la liberté et il faut reconnaître, en évitant toute généralisation triomphaliste, que cette façon de voir est pertinente. Cela est vrai pour les individus, les nations et leurs divers comportements. La liberté de presse est évidemment au cœur de ce cheminement. Elle est devenue incontournable dans les démocraties avancées et elle chemine avec les autres libertés ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, comme l’illustrent certains dérapages de l’économie de marché, la liberté elle-même risque de mener à de graves excès si elle n’est pas régulée. Il en va de même pour la liberté de presse. Plusieurs êtres humains sont morts pour sa conquête et sa défense. Ce la ne veut pas dire qu’elle doive être absolue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme ceux qui respectent l’économie de marché ont le devoir de la surveiller et de la moduler pour sa propre sauvegarde, les garants de la liberté de presse doivent en prévenir les dérives potentielles à travers l’action collective, qu’elle soit étatique, citoyenne ou corporative.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Particulièrement dans un contexte où un capitalisme débridé peut s’allier à sa guise avec les métiers de l’information et les entraîner dans ses méandres. Être informé, c’est être libre, mais cela n’a jamais voulu dire que l’anarchie peut être la mère de la liberté.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Bernard Landry a acquis au fil de sa carrière une grande notoriété au Québec, assumant d’importantes fonctions au sein du gouvernement dont il a été premier ministre de 2001 à 2003. Après des études en droit et en économie et finance à l’Université de Montréal, il a poursuivi sa formation à Paris à l’Institut d’études politiques et au ministère français des Finances et des Affaires économiques. Il a pratiqué le droit à Montréal et Joliette de 1969 à 1976 avant d’être élu député du Parti québécois. Après un premier passage remarqué à l’Assemblée nationale jusqu’en 1985, il devient professeur à l’UQAM. Il revient en politique active en 1994. Il occupe alors le poste de vice-premier ministre jusqu’en 2001, tout en ayant les plus hautes responsabilités dans des ministères à vocation économique et internationale. Après avoir pris la relève au poste de chef du Parti québécois et de premier ministre, il est réélu en 2003 et devient chef de l’opposition officielle. Depuis sa démission en 2005 et son retour à l’enseignement, Bernard Landry demeure présent sur la scène de l’actualité québécoise puisque ses opinions et ses commentaires sont toujours recherchés.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-7346651873041246523?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/7346651873041246523/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=7346651873041246523' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/7346651873041246523'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/7346651873041246523'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/bernard-landry-prvenir-les-drives-de-la.html' title='Bernard Landry – Prévenir les dérives de la liberté de presse'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5NwPlFiZ-I/AAAAAAAAAGU/JTDThjqJAfY/s72-c/photo+-+Bernard+Landry.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-5197578860422135859</id><published>2008-01-19T09:50:00.000-05:00</published><updated>2008-01-19T09:51:24.195-05:00</updated><title type='text'>Stanley Péan - Quels intérêts sert le journalisme aujourd’hui?</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5IOYFFiZ9I/AAAAAAAAAGM/hTVBFeExPq0/s1600-h/Pean_Stanley.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5157200330137692114" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5IOYFFiZ9I/AAAAAAAAAGM/hTVBFeExPq0/s200/Pean_Stanley.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Informer est-il encore d’intérêt public? nous demandent les organisateurs de ce colloque portant sur Les médias et la démocratie, avec une justesse criante. Poser cette question, c’est inviter à cette réflexion plus que nécessaire sur la pertinence du travail journalistique dans une société livrée aux lois néolibérales du marché selon lesquelles tout produit, fusse-t-il matériel, culturel ou intellectuel, se voit d’office réduit au seul statut de bien de consommation, et sa production assujettie aux caprices de l’offre et de la demande.&lt;br /&gt;Quels intérêts servent donc les journalistes d’aujourd’hui, au Québec ou ailleurs, quand leur parole est délibérément amalgamée, assimilée à l’incessant bavardage public forcément en vogue à l’heure actuelle dans l’agora médiatique, selon les principes d’un relativisme absolu qui permettent de laisser entendre que les états d’âme narcissiques de n’importe quelle personnalité en vue du showbiz relèvent de l’information, voire du commentaire éditorial? Sous le fallacieux prétexte de démocratiser le débat public, les patrons des médias de masse entretiennent sciemment la confusion entre les genres, qui vise à rendre systématiquement divertissante, donc inoffensive, voire anesthésiante, l’information dont les enjeux et la fonction devraient pourtant, idéalement, se situer ailleurs.&lt;br /&gt;Ailleurs? Mais où donc?&lt;br /&gt;Dans les pages de Caliban, éphémère revue fondée en 1947 par Jean Daniel, éditorialiste au Nouvel Observateur, l’écrivain, philosophe et journaliste Albert Camus (Nobel de littérature, 1957) adressait aux médias français de son temps la critique acerbe qui suit, dont on jurerait qu’elle pourrait concerner notre scène médiatique contemporaine:&lt;br /&gt;«Loin de refléter l’état d’esprit du public, la plus grande partie de la presse française ne reflète que l’état d’esprit de ceux qui la font. À une ou deux exceptions près, le ricanement, la gouaille et le scandale forment le fond de notre presse. À la place de nos directeurs de journaux, je ne m’en féliciterais pas: tout ce qui dégrade en effet la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude. Une société qui supporte d’être distraite par une presse déshonorée et par un millier d’amuseurs cyniques, décorés du nom d’artistes, court à l’esclavage malgré les protestations de ceux-là mêmes qui contribuent à sa dégradation.»&lt;br /&gt;S’engager comme résistant par rapport aux modes et au discours consensuel, telle était l’une des fonctions essentielles qu’attribuait l’auteur de L’Homme révolté à l’intellectuel et au journaliste, ainsi que le rappelle avec brio Jean Daniel dans son essai Avec Camus: comment résister à l’air du temps. Pour Daniel, comme pour Camus, l’information est indissociable d’une culture qui inclut philosophie et littérature, et exclut le racolage. En face des sirènes de l’audimat, dont le chant conforte surtout les intérêts privés, journalistes et intellectuels se doivent de s’opposer en imperturbables champions de la réflexion, du rejet de l’arbitraire et de l’absolu, et enfin du scepticisme salvateur.&lt;br /&gt;À cette condition, et à cette condition seulement, peuvent-ils servir la démocratie et le bien commun.&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Stanley Péan est président de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois depuis décembre 2004. Romancier, il a grandi au Québec où ses parents ont immigré l'année de sa naissance, à Haïti, en 1966. Il prépare actuellement une thèse de doctorat dans laquelle il compare les diverses représentations du vaudou dans les littératures haïtienne, américaine et québécoise. Chroniqueur littéraire à la radio et à la télévision, il collabore aussi régulièrement à de nombreuses revues culturelles et littéraires. Il a également participé à de nombreux colloques et animé plusieurs rencontres avec d'autres écrivains, ainsi que des ateliers d'écriture pour jeunes et moins jeunes, au Québec et en France. Auteur de plusieurs recueils de nouvelles et de romans pour lesquels il a reçu des prix littéraires, il est aussi rédacteur en chef du magazine Le libraire, consacré au monde du livre.&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-5197578860422135859?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/5197578860422135859/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=5197578860422135859' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/5197578860422135859'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/5197578860422135859'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/stanley-pan-quels-intrts-sert-le.html' title='Stanley Péan - Quels intérêts sert le journalisme aujourd’hui?'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5IOYFFiZ9I/AAAAAAAAAGM/hTVBFeExPq0/s72-c/Pean_Stanley.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-9157448808703618788</id><published>2008-01-18T17:35:00.000-05:00</published><updated>2008-01-18T17:39:46.629-05:00</updated><title type='text'>Liza Frulla - Quand média et démocratie se confondent</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5Eqm1FiZ8I/AAAAAAAAAGE/jnfPKc7_E-0/s1600-h/photo+-+Liza+Frulla.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5156949894889629634" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5Eqm1FiZ8I/AAAAAAAAAGE/jnfPKc7_E-0/s200/photo+-+Liza+Frulla.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Alors où est la nouvelle? Dans le clip de huit secondes au téléjournal? Dans la mauvaise photo bien choisie pour la une? Ou plutôt une phrase choc, un titre choc? Un titre qui vend. Ou une phrase citée hors contexte. Pourquoi pas un extrait d’une source anonyme? Ou même la petite phrase assassine qui n’a pas rapport.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore mieux: donnons leur du «human». Du plus vrai que vrai. Une retenue de sanglot en direct, une confidence sur l’oreiller de l’animatrice le soir à la télé ou une pitrerie à Infoman. Un bonnet sur la tête, quelques notes de sax en direct à l’émission du soir, une visite de l’humble résidence ou un sketch dans une tente avec des cowboys. On peut aussi «peopleliser» le débat politique. On en raffole de plus en plus. Malheureusement, bien des gens considèrent cela comme de l’information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un topo à la télé ou un article dans le premier cahier du journal, on entend surtout les commentaires ou on lit surtout les opinions du journaliste, tout en minimisant la présence de la personne pour laquelle nous serions supposés de voter. On a le droit à l’humeur, à «l’éditorialisation» de la nouvelle. Les rôles sont inversés. Le journaliste, le chroniqueur sera la vedette à la place de la vedette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pensez-y! Comment pouvons-nous savoir ce que pensent nos politiciens des enjeux de la mission en Afghanistan, de la déstructuralisation de notre industrie manufacturière ou des problèmes non résolus des urgences du CHUM si on ne les laisse parler que durant un court clip au téléjournal. Dans la campagne présidentielle américaine actuelle, nous en sommes mêmes rendus à des clips télé de huit secondes, top chrono. Un peu court pour expliquer comment régler les problèmes en Irak et au Moyen-Orient ou la récession imminente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On nous dira que le journaliste est là pour expliquer l’enjeu. C’est vrai. Mais plus souvent qu’autrement, celui-ci ou celle-ci interprète la nouvelle, la colore, la simplifie, l’édulcore, la distille. La loi du tirage et des cotes d’écoute prévaut. Vite, vite, vite. Pas le temps d’approfondir, de faire de la recherche. On coupe les détails que l’on juge superflus. Espace et durée obligent. On favorise les anecdotes, le superficiel, le spectaculaire, la controverse, le négatif, versus l’explication des enjeux d’une politique ou le reportage d’un événement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et après tout cela, on se demande pourquoi le citoyen déserte l’information dite traditionnelle. C’est parce que les citoyens réagissent. Et ils sont de plus en plus nombreux à aller chercher leur information sur d’autres sources plus diversifiées, moins biaisées, moins éditorialisées, plus complètes. Il ne faut pas perdre de vue que les citoyens ont le droit de savoir. Ils ont aussi le droit de choisir leur source d’information. Et, ne l’oublions surtout pas, ils ont aussi le droit de ne pas savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La démocratie, c’est le pouvoir du citoyen. Non pas celui du politicien. Ni celui des médias. La démocratie, c’est faire confiance au citoyen et non pas le prendre par la main, lui dire ce qu’il est bon de penser ou de ne pas penser, tirer des conclusions à sa place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’inverse de la démocratie c’est l’infantilisation du citoyen. Les médias pensent de plus en plus qu’ils peuvent faire une meilleure analyse que ce citoyen, qu’ils peuvent mieux comprendre les événements et les véritables enjeux. Les médias se placent en situation de juge et partie. Ils choisissent ce que les citoyens ont le droit de savoir et comment ils le sauront. On ne rapporte plus la nouvelle, on traite la nouvelle. Si on ne sait pas comment la traiter, on sonde. Et on sonde. Et on sonde. Ça fait des gros titres et ça vend de la copie. Et ça nourrit la concurrence entre les médias et les patrons sont contents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qu’il manque de plus en plus dans les médias, c’est de l’information non biaisée, non éditorialisée et plus diversifiée. L’inverse de la convergence. De l’information fouillée, documentée, réfléchie. De la véritable information qui n’est pas spectacle. De l’information comme la plupart des journalistes aimeraient la faire. Quand on la retrouvera, les citoyens reviendront.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Liza Frulla a mené une carrière remplie autant dans le monde des communications et des médias que dans le monde politique. Après avoir été la première femme journaliste sportive au Québec, elle devient directrice du marketing de la Brasserie Labatt, puis directrice générale de CKAC. Elle fait le saut en politique provinciale en 1989 et devient ministre de la Culture et des Communications. En 1998, elle quitte la politique pour animer pendant quatre ans une émission quotidienne à Radio-Canada. En 2002, élue au Parlement canadien, elle est nommée ministre du Développement social, puis ministre du Patrimoine et ministre responsable de la condition féminine. Liza Frulla est aujourd’hui professeure associée au département de sciences politiques de l’Université de Sherbrooke et analyste politique pour Le Club des Ex à RDI. Membre de plusieurs conseils d’administration, elle a aussi été récipiendaire de l’Ordre de la Pléiade.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-9157448808703618788?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/9157448808703618788/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=9157448808703618788' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/9157448808703618788'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/9157448808703618788'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/liza-frulla-quand-mdia-et-dmocratie-se.html' title='Liza Frulla - Quand média et démocratie se confondent'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R5Eqm1FiZ8I/AAAAAAAAAGE/jnfPKc7_E-0/s72-c/photo+-+Liza+Frulla.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-2964162524139557871</id><published>2008-01-17T09:40:00.000-05:00</published><updated>2008-01-17T09:46:20.405-05:00</updated><title type='text'>Anne-Marie Voisard – Internet : du pour et du contre (deuxième texte)</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R49qKVFiZ6I/AAAAAAAAAF0/P9hIu-mDir8/s1600-h/Anne-Marie+Voisard+cut.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5156456824054114210" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R49qKVFiZ6I/AAAAAAAAAF0/P9hIu-mDir8/s200/Anne-Marie+Voisard+cut.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;«Toi qui aimes les livres et Gabriel Garcia Marquez, voici quelque chose d'impressionnant qui ne manquera pas de t'intéresser. Tu savais qu'il est au plus mal actuellement? Je viens de l'apprendre dans un diaporama qui contient son testament. Je te l'envoie.» Le courriel me vient d'une amie enseignante, qui tient la nouvelle d'une collègue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’information est plausible, puisque l'auteur de Cent ans de solitude aura 80 ans en mars. Sauf que, vérification faite, je la crois fausse. Du moins, je n'ai rien trouvé qui puisse la confirmer. Rien, sinon ce diaporama qu’elle me fait parvenir, signé de maigres initiales, ce qui revient à dire anonyme. Dans Eureka, les plus récentes mentions du nom de l'écrivain colombien concernent son roman porté à l'écran, L'amour au temps du choléra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette histoire survient au moment où je lis les textes fort pertinents de Pascal Lapointe sur le site consacré au prochain colloque Médias et Démocratie. Elle donne à voir qu'Internet a ses limites. Que des gens hautement scolarisés, à l'affût des nouvelles, peuvent facilement se laisser embobiner. Qu'en est-il de ceux que le chercheur Henry Milner, dans son texte tout aussi passionnant et remarquablement bien documenté, classe parmi les analphabètes fonctionnels? C'est plus du quart des Québécois (28%), selon les statistiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voyant cela, je me dis que, dans un monde idéal, informer devrait rester le privilège de ceux dont c'est le métier. Qu’on ne devrait pas autoriser n’importe qui à s'improviser journaliste. D'autant plus que des candidats sérieux sortent des universités. Et que plusieurs médias organisent des stages qui donnent la préparation immédiate.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais c'est rêver en couleur. Internet est accessible à tous. Il offre le pire... et le meilleur. Parfois je me demande comment on réussissait à travailler avant l'arrivée de l'ordinateur. Je ne parle pas ici que du clavier et de l'infinie possibilité qu'il offre de fignoler notre prose jusqu'à sa publication. Merveilleux outil de documentation, le Web est quasi sans limites, une fois qu'on a réussi à l'apprivoiser. Il répond à nos questions dans le temps de le dire. La rapidité n'est pas la moindre de ses qualités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je revois nos vétustes centres de documentation, et leurs chemises jaunies, qui sont aujourd'hui relégués dans les sous-sols. Nous n'avions que ça, avec les microfilms, en guise d'archives. Et c'était long à consulter. Nos articles forcément devaient s'en ressentir. Il fallait écrire quotidiennement. Au fil des différentes éditions, les infos suivaient. On faisait du mieux qu'on pouvait avec les moyens d'alors.&lt;br /&gt;Les temps ont bien changé. L'accès aux sources, via Internet, ne laisse plus d'excuses à une information tronquée, voire incomplète. Mais attention! Il ne suffit pas de maîtriser l'instrument pour prétendre à du travail de qualité. Hier comme aujourd'hui, le bon journaliste n'est pas celui qui reste dans son bureau, les pieds au chaud dans ses pantoufles. Il sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je relis Gilles Lesage. «Les faits, d'abord et avant tout», écrit le journaliste chevronné en conclusion d'un dossier publié dans la revue RND, et reproduit sur le site réservé au colloque. Il a parfaitement raison. De même aussi lorsqu'il en appelle à «l'exactitude et la précision des faits, d'une part, et la vérification et la rigueur, de l'autre...»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ça, on a tout intérêt à aller sur le terrain, constater de visu. Internet est un facilitateur extraordinaire. Mais il ne remplace pas le contact direct avec les personnes qu'on interroge, et qui nous font confiance. Il faut apprendre à les écouter, à saisir au-delà des paroles. L'émotion qui se cache derrière, loin d'être négligeable, éclaire les faits. Elle aide à mieux informer le public.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Anne-Marie Voisard, qui demeure active comme journaliste indépendante, a pris sa retraite du quotidien Le Soleil en 2006. Elle y avait été embauchée en 1961 pour travailler aux pages féminines. Après avoir quitté le journal quelques années pour compléter un bac en pédagogie, elle y revient et se retrouve, au moment de la création des cégeps, affectée à l'éducation. Comme journaliste, elle a touché à tout: littérature, éditorial, dossiers à caractère social... Au cours de ses six dernières années au Soleil, elle a supervisé les stages en journalisme. De sa carrière, on retient deux faits parmi d'autres: en 1980, elle reçoit le prix Judith-Jasmin pour une série d'articles, Alcool et Travail. Pour elle, c'est un baume, au terme d'une bataille qui l'a menée jusqu'en Cour suprême. La cause? Un texte jugé trop critique par le directeur de l'information d'alors, qui lui en avait substitué un de son cru.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-2964162524139557871?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/2964162524139557871/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=2964162524139557871' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/2964162524139557871'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/2964162524139557871'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/anne-marie-voisard-internet-du-pour-et.html' title='Anne-Marie Voisard – Internet : du pour et du contre (deuxième texte)'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R49qKVFiZ6I/AAAAAAAAAF0/P9hIu-mDir8/s72-c/Anne-Marie+Voisard+cut.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-4343115830905321719</id><published>2008-01-16T10:24:00.000-05:00</published><updated>2008-01-16T10:27:03.004-05:00</updated><title type='text'>Pascal Lapointe – Une piste de solution (quatrième texte)</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R44iNFFiZ5I/AAAAAAAAAFs/OdyRxIY5aLo/s1600-h/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5156096231484843922" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R44iNFFiZ5I/AAAAAAAAAFs/OdyRxIY5aLo/s200/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Résumons. De l’ensemble des textes parus jusqu’ici sur ce blogue se dégagent un grand axe et deux petits:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) Les médias se sentent libérés de toute responsabilité civique. Autrement dit, défendre l’intérêt public, ce n’est plus leur tasse de thé. &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/10/laurent-laplante-que-font-les-mdias-de_25.html"&gt;Leurs intérêts corporatifs, écrit Laurent Laplante&lt;/a&gt;, ont pris le dessus. Il en résulte, &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/11/franois-demers-dire-quon-est-guid-par.html"&gt;ajoute François Demers&lt;/a&gt;, que des questions fondamentales à l’avenir de notre société sont complètement occultées, sans doute parce que pas assez «vendeuses». On voit mal comment les journalistes pourraient infléchir cette tendance, d’autant plus qu’ils sont nombreux à en profiter - surtout les vedettes, et ce n’est pas un hasard si le &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/10/anne-marie-voisard-revenons-aux-bases.html"&gt;culte de la vedette&lt;/a&gt; a pris autant d’importance. Si on veut que les médias prennent plus à coeur « l’intérêt public », il n’y a que deux voies: une lente conscientisation de la population (qui y travaille?) ou des réglementations. Réglementations qui, par exemple, &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/11/isabelle-gusse-mdias-et-intrts-publics.html"&gt;propose Isabelle Gusse&lt;/a&gt;, obligeraient les médias à insuffler davantage d’infos d’intérêt public. Ou favoriseraient les médias indépendants. Ou même, limiteraient la concentration de la presse, &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/12/anne-pineau-la-face-cache-de-la-libert.html"&gt;ajoute Anne Pineau&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;2) L’information est de plus en plus rapide. C’est le règne du clip, &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/11/gilles-lesage-le-salut-de-linformation.html"&gt;écrit Gilles Lesage&lt;/a&gt;, ce qui suppose moins d’enquêtes, moins de suivis et moins d’explications. Là aussi, on voit mal comment les journalistes pourraient infléchir la tendance, surtout les jeunes qui cherchent à se tailler une place. Nombreux sont ceux qui, de toutes façons, souscrivent à l’argument selon lequel c’est la logique capitaliste qui détermine le règne du clip, ce qui nous renvoie à l’axe numéro 1.&lt;br /&gt;3) Il y a aussi le problème des lois d’accès à l’information, de plus en plus grugées par la lourdeur du processus et la culture d’impunité, &lt;a href="http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/12/anne-pineau-la-face-cache-de-la-libert.html"&gt;souligne Anne Pineau&lt;/a&gt;. Une réglementation plus favorable aux médias s’impose. Mais un tel progrès, aussi souhaitable soit-il pour l’intérêt public, n’affecterait ni la logique capitaliste ni la culture du clip.&lt;br /&gt;Les journalistes québécois ont souvent bloqué sur des propositions de réglementer leur métier, y craignant chaque fois la grosse patte griffue de l’ours gouvernemental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour éviter cette impasse, n’y aurait-il pas d’autres voies juridiques sur lesquelles un consensus serait facile à obtenir? Et sur lesquelles le poids du nombre, avec un lobbying efficace, aurait un impact plus rapide? Eh bien justement, oui, il y en a une: l’amélioration des conditions de travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Pascal Lapointe est journaliste depuis une vingtaine d'années. Il est toujours demeuré près du milieu de la pige, comme pigiste lui-même, comme rédacteur en chef de l'Agence Science-Presse, petit média à but non lucratif et porte d'entrée pour les débutants, où il a contribué à former de nombreux journalistes, et à titre de membre du conseil d'administration de l'AJIQ dans les années 1990 et 2000. Il est co-auteur du livre Les nouveaux journalistes: le guide. Entre précarité et indépendance (PUL, 2006).&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-4343115830905321719?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/4343115830905321719/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=4343115830905321719' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/4343115830905321719'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/4343115830905321719'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/pascal-lapointe-une-piste-de-solution.html' title='Pascal Lapointe – Une piste de solution (quatrième texte)'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R44iNFFiZ5I/AAAAAAAAAFs/OdyRxIY5aLo/s72-c/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-4526479668269821852</id><published>2008-01-13T10:12:00.000-05:00</published><updated>2008-01-13T10:15:06.815-05:00</updated><title type='text'>François Demers – Allons à l’essentiel (deuxième texte)</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4oq71FiZ4I/AAAAAAAAAFk/FUFD9gC_p7Q/s1600-h/Photo_de_Francois_.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5154979930829907842" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4oq71FiZ4I/AAAAAAAAAFk/FUFD9gC_p7Q/s200/Photo_de_Francois_.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La façon dont est formulée la question-guide du colloque «Informer est-il encore d’intérêt public?» et son thème officiel «Médias et démocratie» lancent la discussion dans toutes sortes de directions. Cela risque de faire perdre de vue l’essentiel, comme le montrent les textes de réflexion déposés sur le site.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’autant plus qu’au niveau philosophique, normatif, éthique, les réponses à ces questions sont depuis longtemps balisées, sinon banalisées par leurs répétitions multiformes:&lt;br /&gt;OUI l’information est d’intérêt public…&lt;br /&gt;OUI les médias, en contexte démocratique, servent la démocratie, c’est-à-dire l’expression d’opinions en public et leur discussion. EN PARTIE, plus ou moins selon les contextes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Passons donc à l’essentiel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’essentiel, pour moi, c’est la transformation de l’industrie médiatique (transformation accélérée en Amérique du Nord) avec le tassement des médias traditionnels/généralistes bâtis sur l’écrit ou l’électronique, pour faire place à des médias émergeant du numérique et des télécommunications. L’Internet est l’emblème de ce changement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le petit marché francophone canadien, trois effets immédiats sautent aux yeux:&lt;br /&gt;1) le tassement des médias généralistes, qui les pousse encore plus avant dans des conglomérats, ce que le bond en avant de la concentration de la propriété au tournant du siècle a illustré de manière exemplaire;&lt;br /&gt;2) la réorganisation du travail, qui entraîne la naissance de nouveaux métiers (l’édimestre par exemple) et la transformation de métiers existants (voir notamment du côté du journalisme). Cette réorganisation est symétrique à celle qui touche les autres secteurs de l’économie et de la production. Dans les industries culturelles, elle est marquée par la montée de l’entrepreneuriat individuel (la pige et les emplois atypiques);&lt;br /&gt;3) la diversification des vitrines/boutiques offrant de l’information (avec, côté réception, fragmentation des publics, et côté production, multiplication des médias/sites).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y d’autres effets plus secondaires tels le glissement accentué des contenus des médias généralistes vers les formules des médias «populaires» (la peopolisation, la vedettarisation des chroniques, la mise en scène du faux-vrai spontané des gens ordinaires, etc.), la fragilisation de Radio-Canada dont le poids dans le paysage médiatique diminue constamment (sans compter sa dérive propre vers le populaire), la convergence journalistique façon Citizen K, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que ces changements nuisent à la démocratie ou l’aident? La réponse dépend sans doute de la démocratie à laquelle on pense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que l’information qui circule dans cet appareil médiatique en transformation est encore d’intérêt public? Sans doute, au total.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais finalement, l’essentiel, l’important, le plus pressant, me semble-t-il, le prioritaire même, n’est-ce pas la réorganisation du travail (l’effet 2)? Que faire pour promouvoir les solidarités à l’intérieur du secteur des médias et avec les autres travailleurs, pour la recherche de solutions originales communes et contribuer ainsi concrètement à l’intérêt public?&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;FRANÇOIS DEMERS est professeur titulaire au Département d’information et de communication de l’Université Laval (ville de Québec) où il enseigne depuis 1980. Auparavant, il avait été journaliste professionnel pendant 15 ans. Il obtenu un doctorat en science politique (Ph.D.) en 2000; sa thèse portait sur l’émergence de nouveaux quotidiens dans la ville de Guadalajara au Mexique à la faveur des débats relatifs à l’Aléna. Il est l’auteur de deux livres, dont Communication et syndicalisme - des imprimeurs aux journalistes (Éditions du Méridien, automne 1988, 203 pages) et co-responsable de trois ouvrages collectifs. Il a publié des articles savants et des chapitres de livres au rythme moyen de trois par année depuis 1980.&lt;br /&gt;&lt;&lt;/em&gt;&lt;a href="http://www.com.ulaval.ca/personnel/professeurs/francois_demers/index.php"&gt;&lt;em&gt;http://www.com.ulaval.ca/personnel/professeurs/francois_demers/index.php&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&gt;&lt;br /&gt;Il a créé un cours à distance totalement sur Internet portant sur le journalisme en ligne&lt;br /&gt;&lt; &lt;/em&gt;&lt;a href="http://cyberjournalisme.com.ulaval.ca/"&gt;&lt;em&gt;http://cyberjournalisme.com.ulaval.ca&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&gt;.&lt;br /&gt;Il est membre de l’équipe de recherche : Pratiques novatrices en communication publique (PNCP).&lt;br /&gt;&lt;&lt;/em&gt;&lt;a href="http://www.pncp.ca/"&gt;&lt;em&gt;http://www.pncp.ca&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&gt;.&lt;br /&gt;François Demers a été doyen de la Faculté des Arts de 1987 à 1996.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-4526479668269821852?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/4526479668269821852/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=4526479668269821852' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/4526479668269821852'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/4526479668269821852'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/franois-demers-allons-lessentiel.html' title='François Demers – Allons à l’essentiel (deuxième texte)'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4oq71FiZ4I/AAAAAAAAAFk/FUFD9gC_p7Q/s72-c/Photo_de_Francois_.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-8252408710599940324</id><published>2008-01-11T10:20:00.000-05:00</published><updated>2008-01-11T10:22:07.662-05:00</updated><title type='text'>Michel Nadeau – Les enjeux de la migration vers l’internet pour les médias et la démocratie</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4eJjFFiZ3I/AAAAAAAAAFc/AfhkNMPEcSo/s1600-h/photo-Michel+Nadeau+2.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5154239534302652274" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4eJjFFiZ3I/AAAAAAAAAFc/AfhkNMPEcSo/s200/photo-Michel+Nadeau+2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Comment les historiens du XXIème siècle décriront-ils l’impact d’internet dans l’univers des médias traditionnels? Sur tous les fronts, la communication numérique modifie le temps et le budget des lecteurs et auditeurs consacrés aux médias.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le déclin de la presse écrite – seuls les hebdos locaux semblent échapper à la vague – se voit dans tous les créneaux: quotidiens, magazines… La télévision généraliste en arrache avec la prolifération des canaux spécialisés. La radio privée vit une phase incroyable de concentration autour d’Astral et de Corus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’accès croissant des citoyens à internet va amener une redéfinition du rapport entre les médias et la démocratie. Dans l’univers des médias du papier et des ondes, des chefs de&lt;br /&gt;pupitre décident qui va parler… Pour avoir accès à l’agora, il faut attirer des journalistes à une conférence de presse ou prendre la plume pour essayer de faire passer son texte dans la page des «idées».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Internet redéfinit sans cesse le périmètre des publics. La télé et la radio émigrent en douceur vers l’ordinateur. L’univers virtuel permet des regroupements instantanés sans les limites qu’imposent la géographie, la distribution des exemplaires, le rayonnement des ondes…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Profitant jadis de la nuit pour passer de la rédaction à la porte de ses lecteurs, le quotidien version papier ne pourra plus suivre des sites offrant de l’information 24 heures sur 24.&lt;br /&gt;L’information devient abondante, instantanée et souvent gratuite. Le rôle des professionnels de l’information, qui «traitaient» la nouvelle, devra être redéfini.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rappelons que la démocratie n’est pas l’exercice du droit de vote mais l’accès au débat avant le vote. Les citoyens bâtissent eux-mêmes leurs médias et des réseaux à la hauteur de leurs intérêts; mais le web ne fournira jamais le jugement nécessaire pour évaluer et classifier cette mer d’information. Des experts seront nécessaires pour faire des liens entre des faits, pour apporter une solide crédibilité derrière certains propos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette explosion de la communication a entraîné une baisse de la qualité des communications; les auteurs de blogs se doivent quotidiennement, souvent au détriment de la réalité et de la vérité, de trouver la formule percutante et les propos cassants pour susciter le débat. Mais le goût de l’information solide, fiable, intéressante et inédite ne disparaîtra pas; le défi des journalistes sera de poursuivre leur quête du fait nouveau et de l’analyse critique dans un environnement un peu plus complexe mais offrant des moyens beaucoup plus vastes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’heure des nouveaux médias, le risque pour la démocratie est qu’elle ne demeure que virtuelle et que les citoyens ne cessent de s’informer sans trouver le temps de s’organiser par l’action pour changer ce qui doit bouger dans la société.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Michel Nadeau est directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques depuis septembre 2005. Après avoir travaillé de 1974 à 1984 au Devoir en tant qu’éditorialiste et responsable des pages financières, il a occupé, pendant près de 20 ans, différentes fonctions à la haute direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec. M. Nadeau est également membre de différents conseils d’administration de sociétés privées et d’organismes sans but lucratif.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-8252408710599940324?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/8252408710599940324/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=8252408710599940324' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/8252408710599940324'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/8252408710599940324'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/michel-nadeau-les-enjeux-de-la.html' title='Michel Nadeau – Les enjeux de la migration vers l’internet pour les médias et la démocratie'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4eJjFFiZ3I/AAAAAAAAAFc/AfhkNMPEcSo/s72-c/photo-Michel+Nadeau+2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-8249075819130134025</id><published>2008-01-11T10:09:00.000-05:00</published><updated>2008-01-11T10:11:00.304-05:00</updated><title type='text'>Jici Lauzon - Télévision et démocratie: la vitesse tue!</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4eG7VFiZ2I/AAAAAAAAAFU/EI2aDbiV6Po/s1600-h/photo+-+Jici+Lauzon.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5154236652379596642" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4eG7VFiZ2I/AAAAAAAAAFU/EI2aDbiV6Po/s200/photo+-+Jici+Lauzon.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Selon Influence Communication, une entreprise qui calcule le poids médiatique des nouvelles dans les médias québécois, 85% des nouvelles disparaissent au cours des 24 premières heures. De plus, comme à peu près 80% du contenu des émissions du matin proviennent des quotidiens, «on peut facilement croire que l’ensemble des médias rapporte systématiquement les mêmes nouvelles sous le même angle», de dire le président de la firme, Jean-François Dumas. Une des conclusions de cet observateur des médias est que «nous sommes plus informés que jamais, mais avec beaucoup moins de profondeur».&lt;a name="_ftnref1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a title="" href="mid://00000032/%23_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Même le web ne garantirait pas la diversité de l’information puisqu’on aurait surtout tendance à visiter les sites des médias traditionnels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis resté accroché sur un livre de Neil Postman intitulé Se distraire à en mourir (1987). Un livre assez critique à l’endroit de la télévision et de nos habitudes d’écoute. Selon cet auteur, la politique, l’éducation, la religion, le journalisme et, au bout du compte, la démocratie, tout cela serait devenu une affaire de showbizness grâce à la télévision. N’est-ce pas ce qu’admet Stéphane Dion lorsqu’il se dit coupable de ne pas avoir fait assez d’émissions de variétés pour qu’on vote pour son parti? La télévision est experte pour amuser le monde. Comme humoriste, je n’ai bien évidemment jamais rien eu contre cela pendant une bonne dizaine d’années. Mais j’avoue qu’aujourd’hui, plus mûr et plus sage peut-être, je trouve cette situation pour le moins troublante. Surtout si on admet que la plupart des gens prennent leurs nouvelles et s’informent de l’état du monde via la télévision.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La télé tient tellement à ce qu’on la regarde et l’écoute qu’elle en devient suspecte. Restez-là, ne manquez pas, revenez-nous, soyez-y, c’est un rendez-vous, dans quelques instants, ne bougez pas… Quand vient finalement le message de ParticipAction, comment pourrais-je y croire? La télé vous veut assis dans le salon et non pas debout à vous battre pour faire valoir vos idées. En moyenne, elle réussit cet exploit chez plusieurs d’entre nous une vingtaine d’heures par semaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour faire une histoire courte&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ceux qui font la télé ont si peur de nous perdre qu’ils ont accéléré le rythme du débit de paroles, d’images, de sons et de messages. Pour ne pas se faire zapper on parle vite, on change d’angle de vision aux cinq secondes, on abolit les temps morts. Ouvrez grand les yeux et les oreilles, la télé est un manège très excitant! On peut attribuer aux publicités une part de responsabilité dans cette accélération. Alors qu’elles étaient d’une durée moyenne d’une minute dans les années 1960, elles sont passées à 30, 15, 10, 5 et même une seconde dans certains pays européens aujourd’hui. Les acteurs, les animateurs et leurs chroniqueurs, tous doivent donc en dire de plus en plus, en de moins en moins de temps. J’entends souvent en entrevue l’animateur dire en quelques secondes s’il-vous-plaît, brièvement s’il-vous-plaît… Les nouvelles sont même pré-zappées. La dépêche n’a jamais si bien porté son nom!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On assiste aussi selon moi à un rétrécissement du temps consacré au discours public. Le temps alloué aux sujets d’importance est minime comparé aux heures investies dans le divertissement. Et la longueur des phrases de nos politiciens en fournit un exemple. Une étude lexicométrique nous apprend que René Lévesque employait en moyenne 33,4 mots par phrase. Bernard Landry 25,6, Lucien Bouchard 23,7. Jean Charest utilise en moyenne 20,5 mots par phrase… Sur le web, le texte idéal devrait se lire en moins de 10 secondes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, vu le peu de temps et la rapidité avec lesquels on doit composer pour faire passer son message, n’est-il pas excusable d’avoir recours au sensationnalisme, au storytelling? C’est l’effet 2X4 dont parle le journaliste David Shenk dans Data Smog (1997), un essai qui traite des effets troublants du déluge d’informations sur nos vies. Plus la société devient complexe, plus on recherche la simplicité. La popularité du clip humoristique, la facilité du slogan politique, la vulgarité dans la tribune téléphonique. Les premiers encenseurs du médium rêvaient d’une agora de penseurs qui viendraient éduquer les masses. On se retrouve avec un forum où le combat est à l’honneur bien plus que le débat. Tout est quiz, compétition, top dix, palmarès…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai vu un jour cette affiche qui voulait mettre en évidence, cyniquement, la différence entre le régime communisme et la démocratie. L’expression qui résumait l’esprit du régime communiste était «Ta gueule!», celle qui résumait la démocratie disait «Cause toujours!». Je serais aujourd’hui porté à donner raison à l’auteur. Le monde ressemble de plus en plus à une tour de Babel!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="_ftn1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a title="" href="mid://00000032/%23_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Tiré du journal Le Devoir, 24 décembre 2007, dans l’article de Paul Cauchon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Jean-Claude « Jici » Lauzon est un véritable touche-à-tout. Comme humoriste, il participe vers la fin des années 80 aux Lundis des Ha ! Ha! et devient rapidement un habitué du Festival Juste pour rire. On le retrouve ensuite à 100 limite, une émission d’actualité humoristique à TQS. Sur scène, Jici écrit et donne plus de 500 représentations de deux one man shows. Début 1990, il anime pendant trois saisons une émission de variétés intitulée Métropolis, à Radio-Canada. Comme comédien, il met ses talents au service de cinéastes (La conciergerie des monstres, Deux secondes) et de réalisateurs télé (Jasmine, Paparazzi, Virginie). Enfin, c’est à Canal Vie et au 98,5 FM que Jici Lauzon se fait les dents comme chroniqueur. Il présente actuellement le magazine Chasseur de mystères au canal Historia. En 2006-2007, à Télé-Québec, à titre de collaborateur à BAZZO.TV, il a présenté régulièrement des essais sur les communications et les médias, les sujets au cœur de sa thèse de maîtrise (UQAM) qui porte sur les effets du zapping sur nos conversations. Il a réalisé au printemps 2007 un documentaire intitulé Le procès du zapping diffusé à Canal D.&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-8249075819130134025?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/8249075819130134025/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=8249075819130134025' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/8249075819130134025'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/8249075819130134025'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/jici-lauzon-tlvision-et-dmocratie-la.html' title='Jici Lauzon - Télévision et démocratie: la vitesse tue!'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4eG7VFiZ2I/AAAAAAAAAFU/EI2aDbiV6Po/s72-c/photo+-+Jici+Lauzon.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-8211972728434179363</id><published>2008-01-10T17:16:00.000-05:00</published><updated>2008-01-10T17:19:54.889-05:00</updated><title type='text'>Daniel Marsolais - Il y a toujours de l’avenir pour le plus beau métier du monde</title><content type='html'>&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5153975788950939474" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4aZrFFiZ1I/AAAAAAAAAFM/ZPiNxc48mO4/s200/photo+-+Daniel+Marsolais.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;La plupart des grands bouleversements qui ont marqué l’histoire du merveilleux monde des communications au Québec ont laissé, dans la mémoire de certains d’entre nous, une tenace odeur de poudre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’importe leur nature &amp;shy;- technologique ou autre -, ces périodes de perturbation et d’agitation ont en effet souvent dépassé le stade de l’accrochage entre patrons et syndicats pour dégénérer en de longs et épuisants conflits de travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces affrontements ont laissé d’amers souvenirs dans l’esprit de certains, mais ils ont eu le mérite de pacifier un tant soit peu les relations de travail dans nos médias. Dans les grands journaux, par exemple, le développement de la composition électronique, qui était à l’ordre du jour dès le milieu des années 1960, a scellé le sort de la plupart des métiers de l’imprimerie. À La Presse, avec l’appui solidaire des journalistes et autres employés syndiqués, nos anciens collègues typographes et pressiers ont réussi à civiliser le processus qui allait entraîner rien de moins que leur propre… disparition. C’est donc sans grand enthousiasme, mais tout de même dans l’honneur, qu’ils ont conclu leurs «arrangements préalables». Une autre page venait d’être tournée. Et pour une fois, bravo, sans effusion de sang.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cela, bien sûr, c’est de l’histoire ancienne. Mais rappelons-nous toujours que l’histoire a la fâcheuse habitude de se répéter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec les plus récentes transformations survenues dans ce monde en perpétuel mouvement qu’est l’univers des communications, c’est désormais au tour des journalistes d’être confrontés au syndrome des nouvelles technologies de la communication et de l’information. Et quoi de plus naturel, alors que nous sommes en pleine période de transition, que de se questionner sur l’évolution de notre métier et de ses perspectives d’avenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui me vient spontanément à l’esprit quand j’observe l’évolution de l’univers «mcluhanesque», c’est l’incroyable onde de choc provoquée par l’explosion de l’internet. En quelques années seulement, le web ne s’est-il pas rapidement imposé comme une grande agora électronique où les citoyens, confortablement installés dans leur demeure, peuvent désormais mutuellement échanger des informations, exposer et confronter leurs points de vue, etc.?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus encore, les journalistes professionnels d’aujourd’hui, qu’ils soient de la presse écrite ou électronique, ne se voient-ils pas concurrencés par une nouvelle génération de journalistes-citoyens ou de reporters du dimanche, qui, avec leurs caméras numériques, leurs téléphones portables, saisissent eux-mêmes les scènes de l’actualité qu’ils diffusent aussitôt sur le web? N’assistons-nous pas, imperceptiblement, à l’émergence d’une nouvelle forme de journalisme? Un journalisme «hors normes» n’obéissant qu’à cette seule et unique règle si typique de notre époque: COMMUNIQUER à tout venant photos, idées, impressions, etc. sur tout et sur rien...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains, et je n’en suis pas, vont même jusqu’à se demander si cette «presse alternative», décrite aussi comme le contre-pouvoir du quatrième pouvoir, ne serait pas en train de devenir la solution de remplacement à la presse traditionnelle… Mais ça c’est une autre histoire et un excellent sujet de réflexion pour un autre colloque...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoi qu’il en soit, ce qui est tout à fait extraordinaire avec ce nouvel outil de communication, c’est son immense souplesse, sa très grande facilité de publication, sa non moins grande liberté éditoriale et sa formidable capacité d’interaction avec les lecteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour ceux qui, à juste titre, ont toujours été préoccupés par le pluralisme des sources d’information, ne trouvent-ils pas ici un outil non traditionnel qui contribue à faire avancer un tant soit peu la démocratie?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On dit, pour en vanter les mérites, qu’il fait éclater un système qui a toujours fonctionné à la verticale ( l’émetteur d’informations tout en haut de la pyramide et le récepteur en bas) et qu’il favorise aussi l’épanouissement de nouvelles compétences. Ceci, au détriment du pouvoir des experts (souvent toujours les mêmes), qui exercent une espèce de monopole dans les médias qui les hébergent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, le web n’est pas sans défauts. Il encourage de façon débridée le narcissisme boutonneux (tout sur moi à la sauce Facebook) et propulse pratiquement au rang de vertu ce besoin contagieux d’imiter les autres dans ce qu’on décrit comme le plus grand réseau social dans le monde...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En dépit de tout, la plus grande force du web c’est peut-être de bousculer un peu l’ordre établi, et surtout de forcer l’industrie des mass-médias et ses artisans à se redéfinir. À cet égard, la question qui devrait être sur toutes les lèvres des journalistes de l’écrit par les temps qui courent est la suivante: combien de temps encore nos journaux, tels que nous les connaissons dans leur forme actuelle, tiendront-ils encore le haut du pavé? Ne sont-ils pas condamnés d’avance à devenir des produits dérivés, dénués de publicité, à tirage restreint et chers?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que faire?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec un pied dans l’ancien monde et l’autre dans le nouveau, le surplace n’est pas une option. Un seul choix s’impose de façon absolue et incontournable. Avancer visière levée tout en gardant constamment à l’esprit que la liberté d’expression et son corollaire, la liberté de presse, sont des piliers de notre démocratie. Qu’importe le support ou la plateforme…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il revient aux journalistes de défendre vigoureusement cet idéal démocratique. Comment? En se rappelant que le journalisme n’est pas un métier comme les autres et qu’une des tâches principales des médias d’information est de renseigner le public sur les affaires de la cité. En continuant, en outre, de jouer leur rôle, qui est de présenter le plus honnêtement et rigoureusement possible la réalité de ce monde souvent complexe et antagoniste. En prenant du recul. En faisant de la vraie information, fondée sur l’enquête et le recoupement des faits. Rappelons-nous que des faits qui ne sont pas expliqués n’ont pas beaucoup de signification. Ne sous-estimons pas l’opinion. Elle doit aussi occuper une place importante car elle fait partie intégrante de l’information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gardons toutefois à l’esprit que l’information, toute d’intérêt public qu’elle soit, n’en demeure pas moins, prosaïquement, une marchandise qui obéit à des contraintes de rentabilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les médias n’échappent pas aux lois économiques qui les poussent inlassablement à accroître leurs parts de marché. Les patrons des empires de presse aiment bien l’influence que leur procurent leurs médias, mais ils ont une préférence marquée pour le fric qu’il y a à faire dans ce business.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a vu dans un passé récent à quels excès cela peut parfois donner lieu.Au mépris des règles les plus élémentaires de la déontologie journalistique, Quebecor ne s’est-elle pas livrée impunément à de désolantes et pathétiques incursions dans l’info-pub en «ploguant» systématiquement, au nom de la convergence, les émissions de Star Académie en une du Journal de Montréal et dans les bulletins de nouvelles de TVA? Dénoncée par le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal, Quebecor n’avait-elle pas rétorqué, via son porte-parole Luc Lavoie, que «Le Journal de Montréal et TVA sont des outils de promotion qui se servent l’un et l’autre et qu’il n’y a rien de mal là-dedans?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus désolant dans tout cela c’est que le public, par la réception qu’il fait à ces produits qu’on lui offre, est en partie responsable de la situation: en ce sens, on peut certainement affirmer que nous avons bien souvent les médias qu’on mérite!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toujours dans la famille Quebecor, le long lock-out qui a cours depuis avril 2007 au Journal de Québec devrait sonner des cloches à tous ceux qui prétendent avoir à cœur les intérêts de la démocratie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car à n’en point douter, par-delà son aspect régional, ce conflit soulève plusieurs questions de fond qui sont de portée beaucoup plus générale. La direction de Quebecor affirme que les employés du Journal de Québec doivent faire face aux nouvelles réalités du marché, notamment avec le développement d'internet, et exige d’eux qu’ils soient désormais plus polyvalents. Qu’est-ce à dire au juste? Outre la rédaction de textes, on demande aux journalistes de prendre des photos, des images à la caméra numérique, d’enregistrer du son, etc. Cela nous rappelle les premières années de la salle des nouvelles de TQS où les reporters jouaient les hommes-orchestres. L’expérience n’avait pas été très concluante et on en était vite revenu à la bonne vieille division du travail. Mais si ce n’était que ça. Plus fondamentalement, ce que souhaite réellement Quebecor, c’est la possibilité d’utiliser le travail du journaliste sur ses différentes plateformes (web, télé, journaux, etc.) de manière à en accroître la rentabilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une logique d’entreprise capitaliste, cette approche se défend parfaitement. Mais nous sommes ici en présence d’un secteur névralgique pour notre démocratie. Moins de sources d’information sont de nature à affecter le débat démocratique. Cet axiome, maintes fois repris, y compris par deux commissions royale d’enquête sur la concentration de la presse au Canada (Davey et Kent), a-t-il encore quelque écho dans nos savanes?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, en conclusion, est-ce à dire que tout est foutu? Allons-nous nous débiner devant ces nouvelles technologies de l’information qui bousculent et remettent en question les modèles traditionnels de transmission de l’information? Allons-nous hisser le drapeau blanc devant ceux qui conçoivent encore les médias d’information comme des planches à billets?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne doute pas un seul instant qu’en faisant de la question Informer est-il encore d’intérêt public? le thème de ce colloque, les organisateurs de la FNC aient voulu être un brin provocateurs. Car, reconnaissons-le d’emblée, à cette question qui tue, une seule réponse s’impose, claire, précise, et que trois petites voyelles résument parfaitement: OUI!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Informer le public (et non le distraire et le divertir) devient aujourd’hui plus que jamais une nécessité à laquelle ni les journalistes ni les entreprises de presse ne peuvent se dérober. Malgré leurs défauts, les médias d’information restent nécessaires. Ne faudrait-il pas d'abord encourager le public à les consulter plutôt que de se contenter de faire étalage de leurs vices en oubliant leurs vertus? La démocratie a besoin des médias et vice versa. Au fond, les limites des médias ne sont-elles pas aussi celles de la démocratie?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Daniel Marsolais est entré comme journaliste à La Presse en 1969, où il a couvert plusieurs secteurs de l’actualité, dont les affaires judiciaires, l’éducation, le travail, les communications, etc. Il a été président du STIP à la fin des années 1970 et au début des années 1980, et président du Front commun CSN-FTQ des employés de La Presse et de Montréal-Matin. Il a aussi été journaliste au pupitre avant d’être nommé, en 1988, adjoint au directeur de l’information. À partir de 1991, il a occupé le poste de chef de pupitre jusqu’à son départ à la retraite, en juin 2007.&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-8211972728434179363?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/8211972728434179363/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=8211972728434179363' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/8211972728434179363'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/8211972728434179363'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/daniel-marsolais-il-y-toujours-de.html' title='Daniel Marsolais - Il y a toujours de l’avenir pour le plus beau métier du monde'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4aZrFFiZ1I/AAAAAAAAAFM/ZPiNxc48mO4/s72-c/photo+-+Daniel+Marsolais.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-2040824912565767802</id><published>2008-01-10T17:12:00.000-05:00</published><updated>2008-01-10T17:15:41.196-05:00</updated><title type='text'>Henry Milner - Compétences civiques dans les sociétés modernes démocratiques: sommes-nous à la traîne?</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4aY7FFiZ0I/AAAAAAAAAFE/wm803-QKHfs/s1600-h/photo+-+Milner+Henry.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5153974964317218626" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4aY7FFiZ0I/AAAAAAAAAFE/wm803-QKHfs/s200/photo+-+Milner+Henry.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le 11 février 2003, le directeur général des élections du Canada annonçait qu'il allait écrire à quelque 1,1 million de jeunes Canadiens ayant atteint l'âge de 18 ans depuis l'élection de 2000 pour leur rappeler l'importance de leur droit de vote. Et on comprend pourquoi: à peine 26% des électeurs âgés de 18 à 24 ans avaient voté aux précédentes élections fédérales. Cette très faible participation explique d’ailleurs en bonne partie la chute dramatique du taux de participation général, alors que seulement 60% des électeurs inscrits ont pris la peine d’exercer leur droit de vote au dernier scrutin fédéral. Au Québec, les pourcentages sont semblables. Cette tendance a de quoi inquiéter, quand on sait que le nombre d’électeurs non inscrits augmente également.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est vrai que de nombreux autres pays connaissent le même phénomène. On vote moins aujourd’hui qu’hier, un peu partout dans le monde. Toutefois, le Canada et le Québec se classent parmi les derniers à ce chapitre. Au cours des dernières années, le Québec et plusieurs provinces, de même que le gouvernement fédéral, ont étudié et mis de l’avant des propositions de réforme, touchant au mode de scrutin notamment, pour tenter de contrer cette désaffection croissante. Dans l’ensemble, ces exercices postulent que le problème de la participation électorale tiendrait à la configuration de nos institutions politiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, si la réforme des institutions n’est pas sans intérêt, elle risque de ne pas être suffisante si on évite d’aborder le fond du problème, qui réside dans l’affaiblissement des compétences civiques et du niveau des connaissances politiques. Dans un ouvrage que j’ai publié, je compare le niveau de compétence civique (pourcentage de citoyens possédant les connaissances minimales pour voter et faire des choix politiques bien informés) d’une quinzaine de pays semblables au nôtre. Il m’a ainsi été permis d’observer que dans les pays où la participation aux élections reste la plus élevée au monde, notamment ceux de Scandinavie, les compétences civiques et les connaissances politiques sont les plus développées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi les indicateurs qui mesurent les compétences civiques et qui permettent de comprendre pourquoi les compétences civiques sont faibles ou élevées au sein d’une société, il faut compter : le taux d’alphabétisation, le taux de scolarité, les aptitudes de lecture et d’écriture mesurées par diverses enquêtes internationales, le taux d’abandon scolaire, le tirage des quotidiens, le nombre d’heures d’écoute de la télévision, la participation aux activités d’éducation des adultes, la fréquentation des bibliothèques et quelques autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour l’ensemble de ces facteurs, la performance canadienne est mauvaise. Et, en générale, celle du Québec est pire encore. Ainsi, le Québécois moyen lit moins de journaux et s’installe davantage devant la télévision que ses compatriotes. D’ailleurs, c’est le faible tirage des journaux au Québec qui vaut au Canada de se classer derrière la moyenne des États américains. En 1999, il se vendait environ 13 exemplaires de quotidiens pour 100 personnes au Québec, par comparaison à 16,6 pour l’ensemble du Canada. Au chapitre des indicateurs de la pratique de lecture (sur une base hebdomadaire), les anglophones surclassaient systématiquement les francophones à 66% contre 54% pour la lecture de quotidiens, 56% contre 40% pour la lecture de livres, 28% contre 18% pour la fréquentation des bibliothèques, et 41% contre 26% pour la rédaction de lettres. De plus, les Québécois francophones passent 26 heures par semaine devant la télévision contre 22 heures pour les autres Canadiens. La différence est particulièrement marquée chez les Québécois moins instruits: pour 69% de ceux-ci, la télévision est la principale source d’information, alors qu’elle l’est pour 53% des autres Canadiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, bien qu’ils comptent pour 24% de la population canadienne, les Québécois n’effectuent que 17% des emprunts de livres auprès de 20,1% des bibliothèques et 7,6% des points de service; ils sont desservis par 18,8% du personnel et leurs collections représentent 17,1% de celles de l’ensemble du Canada. Ce qui pourrait être encore plus inquiétant, toutefois, c’est que les Québécois n’ont formulé que 6,6% de l’ensemble des demandes d’information auprès des bibliothèques canadiennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En matière de connaissance, le portrait n’est guère plus reluisant. Par exemple, au test de la revue National Geographic qui demandait, il y a 10 ans, de situer 16 points sur une carte du monde, les Canadiens avaient obtenu une note médiocre. Si l’on se fie aux résultats d’un nouveau test (2003) de la même revue, cette fois chez les jeunes de 18-24 ans, la situation ne s’est guère améliorée. Loin de là. Les Canadiens se classent au septième rang, devant les Étatsuniens et les Mexicains, bons derniers, alors que les Suédois dominent le classement, suivis des autres Européens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’Enquête internationale sur les capacités de lecture et d’écriture des adultes (EIAA) de l’OCDE, parmi les ressortissants d’une douzaine de pays comparables, les Canadiens occupent une cinquième place respectable à l’échelle de l’aptitude de lecture d’un texte suivi, mais ils se classent en huitième position pour la lecture documentaire, et neuvième, pour celle de documents quantitatifs. Au test de compréhension de l’écrit de l’EIAA, une proportion très élevée – 28% – de Québécois étaient des analphabètes fonctionnels en comparaison de 20 % des Canadiens ailleurs (Statistique Canada, 1996). La différence est imputable à l’effet combiné du faible niveau d’éducation des francophones – surtout les plus vieux – et de la médiocrité de leurs habitudes de lecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grâce aux réformes apportées au système d’éducation, les choses se sont améliorées au cours des dernières années. Ainsi, on constate que les jeunes Québécois de 16 à 25 ans soumis à l’EIAA se classent, grosso modo, dans la moyenne canadienne. Et il est vrai que le niveau d’alphabétisation des adolescents québécois de 14 et 15 ans, tel qu’observé par la récente étude PISA, est élevé. Dans cette étude du «programme international pour le suivi des acquis», le Québec, suivi du Canada, se classe deuxième après le Finlande.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il serait imprudent, toutefois, de croire que le problème est résolu pour autant. Le problème est persistant parmi les jeunes qui «décrochent». Aujourd’hui encore, les écoles secondaires québécoises connaissent le plus fort taux de décrochage au pays avant l’obtention du diplôme de fin d’études. Le Québec se classe à la queue des provinces pour la proportion des 19-20 ans qui complètent leurs études secondaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce phénomène est amplifié par le fait que le secondaire compte cinq années, soit une de moins qu’ailleurs au Canada. Moins de 60% des jeunes vont au cégep (dont la première année est en quelque sorte l’équivalent de la douzième année ailleurs) et, de ce nombre, 38% n’obtiennent pas leur diplôme. À titre de comparaison, notons que le niveau équivalent en Suède est fréquenté, lui, par 98% des jeunes, dont 80% obtiennent le diplôme de fin d’études en quatre ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce bilan est inquiétant, et il l’est d’autant plus dans un pays où le rôle de l’État est encore considéré par la majorité de la population comme étant important. En effet, le Canada se targue d’être un pays de centre-gauche, si on le compare aux États-Unis. Son système de santé public et universel est une fierté, et le Québec n’est pas en reste à ce chapitre. Or, moins les citoyens s’intéressent aux affaires publiques et à la politique, plus l’État s’affaiblit au profit des autres pouvoirs au sein de la société. En somme, l’affaiblissement des compétences civiques et le désintérêt des citoyens pour la politique fragilisent la «social-démocratie».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce contexte, il semble impératif de prendre des mesures pour renforcer les compétences civiques et la connaissance politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En premier lieu, il faut donner la priorité à la promotion des compétences générales, surtout chez les marginaux, notamment les garçons issus de milieux défavorisés, car c’est au Québec que l’écart entre filles et garçons est le plus prononcé – par exemple, dans les résultats du Programme d'indicateurs du rendement scolaire (PIRS) en 2002, l'évaluation en écriture démontre que l’écart entre les filles et les garçons de 16 ans est trois fois plus grand qu’il ne l’est au Canada.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le défi consiste donc, ici, à inculquer aux étudiants, et particulièrement aux garçons, les habiletés de base et à les encourager à développer les assises de la compétence civique: la lecture des journaux et des livres, la fréquentation des bibliothèques, la lecture et l’emploi de divers types de cartes géographiques, la rédaction, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce qui concerne l’éducation civique des jeunes, le Québec aurait aussi intérêt à s’inspirer du modèle suédois. Celui-ci vise les étudiants de 16 à 18 ans, tenus de suivre un minimum de 90 heures de cours d’éducation civique (300 heures pour les étudiants en sciences sociales). Il est scandaleux qu’au Québec, les étudiants de cégep, qui sont à l’aube de prendre leurs responsabilités comme citoyens, ne soient soumis à aucune obligation de cette nature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la promotion de la compétence civique doit continuer après l’école. Au Canada, 75% des Canadiens de plus de 16 ans n’ayant pas complété leurs études secondaires sont des illettrés fonctionnels. Malgré cela, le Canada se classe au-dessous de la moyenne des pays comparables en ce qui concerne le nombre d’heures consacrées à l’éducation et à la formation des adultes. Quant au Québec, il se classe derrière toutes les autres provinces, sauf Terre-Neuve, et la situation s’y détériore. En 1991, il se situait tout juste au-dessous de la moyenne canadienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier souci devra être de procurer les habiletés essentielles à tout adulte qui ne les possède pas encore, et il devra cibler tout particulièrement les étudiants à risque de décrocher. Je pense aux cercles d’étude, à la promotion de la lecture des journaux ainsi qu’à la distribution à coût minime de l’information politique aux moins alphabétisés. Les pays nordiques, par exemple, subventionnent les quotidiens qui ne sont pas les chefs de file dans leur marché. Le sous-titrage des émissions de télévision ainsi que les films et vidéos en langue étrangère, comme on le fait en Scandinavie, pourrait aussi avoir un effet bénéfique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour améliorer les habiletés et les habitudes de lecture de sa population, le Québec devra exploiter à fond sa compétence autonome dans les domaines de l’éducation, de la formation de la main-d’œuvre, de la culture et des communications. Plutôt que de mettre au point une formation axée uniquement sur les exigences du marché du travail, les nouvelles initiatives en éducation des adultes devront, en priorité, aider les décrocheurs à acquérir les habiletés essentielles ainsi que de bonnes habitudes de lecture. Les Québécois doivent bâtir sur leurs acquis propres et adapter leurs institutions aux exigences du redressement des faiblesses constatées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prendre des moyens forts pour renverser le déclin des compétences civiques est devenu impératif, non seulement parce que dans les sociétés où la compétence civique est forte, la participation à la vie politique est plus active et mieux renseignée, mais aussi - et peut-être surtout - parce que la participation à la vie politique de citoyens moins nantis met la société davantage à leur écoute et la pousse naturellement à adopter des politiques qui tiennent compte de leurs intérêts et besoins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Scandinavie notamment, où la richesse est mieux répartie, la population bien renseignée appuie des politiques qui favorisent, entretiennent et renforcent la compétence civique. Au Québec, nous sommes fiers de notre attachement aux valeurs de solidarité sociale et d’équité économique. Si nous tenons à faire reposer cette fierté sur plus qu’une pensée magique facile à basculer, il est urgent d’agir pour en affermir les assises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Henry Milner est chercheur invité à l'Université de Montréal et à l"IRPP, et professeur invité à l'université d'Umeå en Suède. Il a également été professeur invité et chercheur dans des universités en Finlande, en Australie et en Nouvelle Zélande. En 2004-2005, il était titulaire de la Chaire d’études canadiennes à l’Université de Paris III (Sorbonne Nouvelle), et en 2005-2006, titulaire de la Chaire Fulbright au State University of New York. Henry Milner a beaucoup écrit sur la politique comparative, scandinave et canadienne, et sur la politique en général, s’intéressant particulièrement aux questions de participation citoyenne, des institutions politiques et de l'engagement civique.&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-2040824912565767802?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/2040824912565767802/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=2040824912565767802' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/2040824912565767802'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/2040824912565767802'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/henry-milner-comptences-civiques-dans.html' title='Henry Milner - Compétences civiques dans les sociétés modernes démocratiques: sommes-nous à la traîne?'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4aY7FFiZ0I/AAAAAAAAAFE/wm803-QKHfs/s72-c/photo+-+Milner+Henry.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-4660677148638616262</id><published>2008-01-10T17:06:00.000-05:00</published><updated>2008-01-10T17:11:33.421-05:00</updated><title type='text'>Pascal Lapointe - Le journalisme est-il menacé? (troisième texte)</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4aXb1FiZzI/AAAAAAAAAE8/LROG8OcYa40/s1600-h/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5153973327934678834" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4aXb1FiZzI/AAAAAAAAAE8/LROG8OcYa40/s200/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Internet, planche de salut?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lectorat des journaux décline, l’auditoire des bulletins télévisés aussi, et la profession devient de plus en plus précaire (voir les deux textes précédents). Et si Internet était la planche de salut? Grâce à ce nouveau média, jamais le nombre de diffuseurs d’information n’a été aussi élevé n’est-ce pas?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Effectivement, rien qu’avec les blogues, on assiste depuis 2003 à un phénomène extraordinaire: des dizaines de millions de citoyens prennent la parole, et certains de ces «amateurs» le font avec un talent qui ferait rougir d’envie certains professionnels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais les problèmes soulevés dans les deux textes précédents sont également à l’ordre du jour d’Internet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&gt; Les journalistes sont-ils interchangeables? Les syndicats s’attristent en voyant que Le Journal de Québec, ce «journal sans journalistes», continue de publier malgré le conflit de travail qui perdure. Or, sur Internet, les plus militants des internautes rêvent justement d’un univers où on n’aurait plus du tout besoin des journalistes: c’est le mythe du «journaliste citoyen». Que leur rêve se réalise totalement, c’est peu plausible; n’empêche que la croissance de l’information produite par des «non-journalistes» n’est pas près de s’arrêter: même les scientifiques s’y mettent!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&gt; Le travail journalistique vaut de moins en moins cher? On l’a dit, les tarifs à la pige n’ont pas augmenté depuis 40 ans. Or, les tarifs sur Internet se situent dans la même fourchette. Et que dire des «journalistes citoyens» fiers de travailler bénévolement...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&gt; Le public accorde de moins en moins de valeur à l’information? Déjà, le pourcentage de gens qui achètent un journal diminue depuis 40 ans. Que dire alors de l’ère du «tout-gratuit» instaurée par Internet? Jusqu’ici, tous les médias qui ont tenté d’instaurer une section payante s’y sont cassé les dents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&gt; Le contenu a moins d’importance? Les amateurs de magazines et d’&lt;a href="http://www.cem.ulaval.ca/TDMhebdos.html"&gt;hebdos&lt;/a&gt; aiment se référer à un passé où les articles étaient plus variés et plus fouillés. En contrepartie, personne ne niera qu’Internet amène sur nos écrans une quantité phénoménale d’information qui nous aurait été sans cela inaccessible. Donc, net progrès pour la démocratie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sauf qu’un blogue, aussi bien écrit soit-il, n’a pas le même impact sur la société que le site de Cyberpresse ou de Radio-Canada. Et quand bien même ce miracle se produirait-il - les exemples de blogueurs qui ont décroché des scoops ne manquent pas - se poserait la question de la pérennité: combien de temps un blogueur peut-il tenir le coup, sans revenus?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On rétorquera que la publicité recommence à croître sur Internet. Mais les blogueurs ont intérêt à être patients: les plus gros sites, incluant ceux attachés aux grands médias, sont ceux qui récoltent la quasi-totalité des revenus, pour l’instant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ils n’investissent pas nécessairement en information. À l’automne 2006, Gesca annonçait un investissement de 86 millions $ dans Workopolis, un site d’offres d’emploi. C’est bien davantage dans ce type de contenu que des nouveaux revenus sont espérés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans &lt;a href="http://www.stateofthemedia.org/2007/"&gt;l’édition 2007 du State of the News Media&lt;/a&gt;, on pouvait lire: «les investissements dans les salles de nouvelles en ligne vont continuer de croître. Mais la proportion qui sera consacrée à ce que les journalistes appelleraient de la collecte de nouvelles originales, n’est pas claire. (C’est plutôt) l’aspect technique du processus de diffusion de l’information qui devient une portion croissante du secteur de l’information.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une enquête auprès de 239 membres de la Online News Association concluait que les talents les plus recherchés par ceux qui embauchent sont le jugement éditorial (78%), c’est-à-dire le jugement qu’on attend d’un «pupitreur», et la grammaire (70%), puisque le gros du travail consiste en de la réécriture. «Reporting and writing» n’arrive qu’en sixième place (35%). La «valeur» du «chien de garde de la démocratie» est vraiment à la baisse...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Vous n’êtes pas encore trop découragés? Essayons de penser solutions. Appuyez sur le lien Commentaires au bas de cet article! &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Pascal Lapointe est journaliste depuis une vingtaine d'années. Il est toujours demeuré près du milieu de la pige, comme pigiste lui-même, comme rédacteur en chef de l'Agence Science-Presse, petit média à but non lucratif et porte d'entrée pour les débutants, où il a contribué à former de nombreux journalistes, et à titre de membre du conseil d'administration de l'AJIQ dans les années 1990 et 2000. Il est co-auteur du livre Les nouveaux journalistes: le guide. Entre précarité et indépendance (PUL, 2006).&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-4660677148638616262?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/4660677148638616262/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=4660677148638616262' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/4660677148638616262'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/4660677148638616262'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2008/01/pascal-lapointe-le-journalisme-est-il.html' title='Pascal Lapointe - Le journalisme est-il menacé? (troisième texte)'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R4aXb1FiZzI/AAAAAAAAAE8/LROG8OcYa40/s72-c/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-7261129582831681872</id><published>2007-12-05T17:06:00.000-05:00</published><updated>2007-12-05T17:13:39.444-05:00</updated><title type='text'>Anne Pineau – La face cachée de la liberté de presse; le droit du public à l’information et à la diversité d’opinions</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R1ciZ8Hq6uI/AAAAAAAAAEs/KyMoqVWdLrY/s1600-h/anne+coup%C3%A9e.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5140615328697084642" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R1ciZ8Hq6uI/AAAAAAAAAEs/KyMoqVWdLrY/s200/anne+coup%C3%A9e.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Généralement conçue comme la liberté d’expression d’un émetteur particulier (les médias), la liberté de presse n’est pourtant pas réservée à celle-ci: elle appartient tout autant, sinon plus, au public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis longtemps, la Cour suprême a reconnu le principe selon lequel «la liberté d’expression protège autant celui qui s’exprime que celui qui l’écoute» (Ford c. Québec, [1988] 2 RCS 712, p. 767), et «autant le droit de recevoir le message exprimé que celui de le diffuser» (Baier c. Alberta, 2007 CSC 31).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour que la société soit et demeure démocratique, il convient donc que les médias puissent diffuser l’information et que les citoyens puissent la recevoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Accès à l’information&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une condition sine qua non de cette liberté de presse réside donc dans la capacité pour les médias et les citoyens d’accéder à l’information. La Cour suprême a ainsi reconnu que «des mesures qui empêchent les médias de recueillir l’information et de la diffuser limitent la liberté de presse (S.R.C. c. N.-B., [1996] 3 RCS 480). Récemment, dans Vancouver Sun (2007 CSC 43), la Cour précisait:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« (…) il importe de noter que l’al. 2b) dispose que l’État ne doit pas empêcher les particuliers "d’examiner et de reproduire les dossiers et documents publics" (…) et que "pour que la presse exerce sa liberté d’informer le public, il est essentiel qu’elle puisse avoir accès à l’information" ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintes fois, les tribunaux ont reconnu ce droit d’accès à l’information en matière judiciaire. Mais la capacité d’accéder à l’information administrative et gouvernementale est tout aussi indispensable à une société démocratique. Or, force est de constater l’inadéquation de plus en plus grande des lois d’accès à l’information (fédérale et provinciale). L’enquête nationale sur l’accès à l’information (2007) publiée par l’Association canadienne des journaux donne un aperçu des problèmes actuels d’accès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adoptées en 1982 (Québec) et en 1983 (fédéral), ces lois faisaient figure à l’époque, de véritables mesures d’avant-garde. Aujourd’hui, la lourdeur du processus, les multiples restrictions d’accès, les délais interminables et l’impunité dont bénéficient les gestionnaires en cas de refus, compromettent le droit d’accès à l’information et donc, la liberté d’expression et de presse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est grandement temps de revoir de fond en comble ces législations. Même la dernière réforme provinciale qui introduit la divulgation proactive ne sera pas à même de régler le problème des nombreuses restrictions d’accès, la plupart relevant d’ailleurs de la discrétion de l’organisme, ce qui constitue en soi une véritable aberration. Ou bien un renseignement est public, ou il ne l’est pas: comment peut-on admettre qu’il le soit à la discrétion de l’organisme?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il convient de rappeler que l’information gouvernementale n’appartient pas au gouvernement:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«En langue swahélie, l’un des termes utilisés pour «gouvernement» signifie «secret farouche». Les gouvernements démocratiques, eux-mêmes, aimeraient mieux poursuivre leurs travaux à l’abri des regards du public. Les gouvernements trouvent toujours de bonnes raisons pour justifier leur goût du secret – dans l’intérêt de la sécurité nationale, dans celui de l’ordre public, ou du bien public, et ainsi de suite. Les gouvernements considèrent trop souvent l’information comme leur propriété personnelle, alors qu’ils n’en sont que les gardiens agissant au nom du peuple.» &lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=1881229510634104369#_ftn1" name="_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les lois d’accès ne sont pas la source du droit à l’information. Ce droit résulte plutôt de la constitution: il découle de la liberté d’expression et de presse, de même que du principe de démocratie qui sous-tend la constitution. Les lois d’accès ne sont que la mise en œuvre de ces libertés. En conséquence, les restrictions d’accès que comportent ces lois sont autant d’entraves à la liberté de presse et d’expression et paraissent dès lors contestables en vertu de la Charte canadienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’info-diversité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une autre facette des libertés d’expression et de presse concerne l’accès à plusieurs sources d’information et d’opinions diversifiées. Cela paraît tout aussi essentiel au maintien d’une société démocratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par analogie, rappelons ce qu’affirmait la Cour suprême dans l’arrêt Figueroa [2003] 1 RCS 912, au sujet de l’importance de la diversité des opinions politiques:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«28. Comme l’a souvent reconnu notre Cour, la libre circulation d’opinions et d’idées variées revêt une importance fondamentale dans une société libre et démocratique. (…)&lt;br /&gt;Plus simplement, un large débat politique permet à notre société de demeurer ouverte et de bénéficier d’une vaste gamme d’idées et d’opinions.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment assurer cette circulation d’idées et d’opinions?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notons que la liberté de presse comporte aussi le «droit pour un journal de refuser de publier ce qui va à l’encontre des vues qu’il exprime» (Vancouver Sun [1979] 2 RCS 435). En ce sens, tous les journaux sont d’opinion, même ceux qui s’en défendent. Mais comme le remarque fort à propos le professeur Pascal Durand:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« (…) s’il y a lieu de craindre quelque chose, ce ne sont pas des journaux d’opinion (il n’y en a pas d’autres), mais la soumission de l’ensemble des journaux à une opinion si dominante et si commune qu’elle se fait oublier comme "opinion". » &lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=1881229510634104369#_ftn2" name="_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les libertés de presse et d’expression garanties par les chartes peuvent-elle s’avérer d’un quelconque secours, constituer un frein au développement d’une pensée unique?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rappelons d’abord la distinction qui existe entre un droit et une liberté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«On dit au sujet des "droits" qu’ils imposent à une autre partie une obligation correspondante de protéger le droit en question, alors qu’on dit au sujet des libertés qu’elles comportent simplement une absence d’intervention ou de contrainte.»&lt;br /&gt;(Renvoi relatif à la Public Service Employes Relations Act, [1997] 1 RCS 313, p. 361)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rôle de l’État en regard d’une liberté se résume dans la jolie formule «ni bâillon, ni porte-voix». L’État ne doit pas entraver la liberté, mais n’est pas tenu d’en favoriser l’exercice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On reconnaît toutefois, de plus en plus, que l’État peut, dans certains cas, être tenu de prendre des mesures positives lorsque l’exercice d’une liberté s’avérerait autrement impossible ou trop difficile. Dans l’arrêt Haig [1993] 2 RCS 995, la juge L’Heureux-Dubé indique:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Selon les appelants, la véritable liberté d’expression ne saurait se ramener au simple droit d’être à l’abri de toute ingérence. Ils se réfèrent, à cet égard, à l’assertion d’Emerson, dans The System of Freedom of Expression, op. cit., à la p. 4, que l’État [TRADUCTION] «doit jouer un rôle plus positif dans le maintien d’un régime de liberté d’expression au sein de la société moderne».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je partage cette opinion. Il est d’ailleurs généralement accepté que la philosophie de la non-ingérence ne permettra peut-être pas, dans tous les cas, d’assurer le fonctionnement optimal du libre échange des idées.&lt;br /&gt;(…)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;… il pourrait se présenter une situation dans laquelle il ne suffirait pas d’adopter une attitude de réserve pour donner un sens à une liberté fondamentale, auquel cas une mesure gouvernementale positive s’imposerait peut-être. Celle-ci pourrait, par exemple, revêtir la forme d’une intervention législative destinée à empêcher la manifestation de certaines conditions ayant pour effet de museler l’expression, ou à assurer l’accès du public à certains types de renseignements.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne paraît donc pas exclu que des mesures législatives puissent s’avérer absolument nécessaires au véritable respect de la liberté d’expression et de presse. On peut penser à des mesures faisant échec à la concentration des médias; à des mesures d’aide aux médias communautaires; à l’imposition de quotas de contenu, régional ou autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faute pour l’État de prendre de telles mesures positives, la liberté d’expression peut devenir, avec le temps, une pure liberté de propagande. Dans l’arrêt Figueroa, le juge Iacobucci soulignait avec lucidité:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« (…) Si une personne "hurle" ses opinions ou occupe un espace disproportionné sur les tribunes populaires, il devient alors extrêmement difficile pour les autres intéressés de prendre part au débat. Autrement dit, il est possible que la voix de certaines personnes soit étouffée par celles des participants disposant de ressources supérieures pour communiquer leurs idées et leurs opinions à la population en général.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, il y a bien des façons de bâillonner la liberté d’expression et l’une d’elles peut consister pour l’État à ne pas fournir de porte-voix à ceux incapables autrement de s’en procurer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Références&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. Andrew Puddephatt, Article 19, Droit du public à l’information: principes relatifs à la législation sur la liberté de l’information, p. 3, disponible à www.ipu.org/splz-f/sfe/foi_ps.pdf&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Observatoire des médias, Acrimed. Comment se réapproprier démocratiquement l’information? 23 février 2006, disponible à &lt;a href="http://www.acrimed.org/article2283.html"&gt;www.acrimed.org/article2283.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Anne Pineau, membre du Barreau depuis 1983, est avocate au Service juridique de la CSN depuis 1984 où elle consacre beaucoup de son temps à la recherche, à la formation et à la formulation d’opinions juridiques sur divers sujets reliés aux relations du travail. Elle est également responsable de la fonction conseil sur l’accès à l’information et la protection des renseignements personnels de même que du Bulletin d’information juridique.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=1881229510634104369#_ftnref1" name="_ftn1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=1881229510634104369#_ftnref2" name="_ftn2"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-7261129582831681872?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/7261129582831681872/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=7261129582831681872' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/7261129582831681872'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/7261129582831681872'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/12/anne-pineau-la-face-cache-de-la-libert.html' title='Anne Pineau – La face cachée de la liberté de presse; le droit du public à l’information et à la diversité d’opinions'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R1ciZ8Hq6uI/AAAAAAAAAEs/KyMoqVWdLrY/s72-c/anne+coup%C3%A9e.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-930477929614296412</id><published>2007-12-05T16:59:00.000-05:00</published><updated>2007-12-05T17:05:56.816-05:00</updated><title type='text'>Pascal Lapointe - Le journalisme est-il menacé? (suite)</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R1cgk8Hq6tI/AAAAAAAAAEk/MEnDuF0h1z4/s1600-h/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5140613318652390098" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R1cgk8Hq6tI/AAAAAAAAAEk/MEnDuF0h1z4/s200/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Quand on associe dégradation des conditions de travail et dégradation de la qualité du travail journalistique (voir texte précédent), on ressort souvent l’exemple des tarifs au feuillet qui n’ont pas augmenté depuis des temps immémoriaux. Mais on oublie aussi de souligner à quel point cela contribue à faire du journaliste, ce soi-disant chien de garde de la démocratie, un «produit» interchangeable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&gt; 1981. Étude du Regroupement des journalistes du Québec, l’ancêtre de l’AJIQ: les pigistes déclarent un revenu annuel de 21 800$, dont 79%, proviennent du journalisme (essentiellement la presse écrite). Pour seulement 57% d’entre eux, la pige fournit l’essentiel des revenus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&gt; 1991. Étude de l’AJIQ. Le journalisme ne compte plus que pour 64% des revenus (moyenne: 23 000$, médiane: 18 000$). Et seulement 36% des pigistes disent vivre exclusivement du journalisme. Sans le débarquement des chaînes de télé spécialisées, ce pourcentage serait sans doute encore plus bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&gt; 2002. Sondage de la FPJQ. Les revenus tirés du journalisme remontent à 79%, mais cette remontée est peut-être épisodique, évalue à l’époque Pierre Sormany, considérant la crise du droit d’auteur qui a alors poussé plusieurs pigistes à quitter le milieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&gt; 2006. Étude de l’AJIQ et de la FNC. Les revenus tirés exclusivement du journalisme à la pige totalisaient, deux ans plus tôt, 10 300$ par année. Ces revenus représentaient 47% du revenu total de ces personnes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On aurait tort de ne s’arrêter qu’au fait que les pigistes ne constituent qu’un cas extrême. Leur situation est au contraire révélatrice de l’évolution dévastatrice du métier: le journalisme dans son ensemble est un «produit» dont la valeur est à la baisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Coupures de postes; fermeture de nombreux quotidiens (allez méditer sur cette liste: http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_defunct_newspapers_of_the_United_States); diminution du nombre de lecteurs de journaux depuis 40 ans; diminution des cotes d’écoute des journaux télévisés...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ajoutez-y le succès fulgurant des journaux gratuits, et surtout d’Internet: pour une grande partie des lecteurs, le choix est désormais vite fait. Entre une information de bonne qualité, mais payante, et une information de qualité moindre, mais gratuite, on va vers l’information gratuite. Les économistes pourraient vous l’expliquer mieux que moi: ce n’est pas bon signe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les gourous de l’entrepreneuriat prétendent qu’il suffit de négocier pour améliorer son ordinaire? Cette philosophie fait partie du problème, et non de la solution, comme le révèle l’expérience de Lucie Pagé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Invitée au congrès 2005 de l’AJIQ, cette correspondante de Radio-Canada en Afrique du Sud, avait fait frémir l’auditoire: les tarifs ridicules, les longues heures de recherche non rémunérées, «les factures en souffrance qu’on finit par brûler»... Comme l’écrivait Fabienne Cabado, «certains auront pu mesurer l’ironie et l’aberration d’un milieu où le sens de la négociation permet à des finissants en journalisme d’obtenir de meilleurs tarifs que cette professionnelle aguerrie».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si le journaliste était un professionnel aussi valorisé que l’ingénieur, l’avocat ou le plombier (!), on n’en serait pas là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, le journaliste est moins que valorisé: il est interchangeable. Et ici, vous aurez compris qu’on ne parle plus seulement du pigiste: qui se souvient aujourd’hui, alors qu’on parle du conflit de travail au Journal de Québec, de la grève du Soleil, à l’automne 1992? Pendant trois mois, le journal n’a jamais cessé de paraître, sa centaine de journalistes étant remplacée par une vingtaine de cadres. Et une bonne partie des lecteurs n’a pas vu de différence! «Pour moi, écrivait Mathieu-Robert Sauvé quelques mois plus tard, cet événement restera marqué dans nos annales comme une leçon sur la compétence exacte du journaliste, moins irremplaçable que jamais dans les mécanismes actuels de production de l’information.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était en 1992. En avons-nous tiré des leçons depuis?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Références:&lt;br /&gt;Pierre Sormany, «La pige. Les forçats des médias», Le 30, juin 2003, pp. 30-31. Extrait: «Des pigistes mieux formés, qui travaillent depuis plus longtemps, qui consacrent plus d’heures au journalisme... mais qui voient leurs revenus s’effriter.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fabienne Cabado, «Lucie Pagé, victime de sa passion», Trente, décembre 2005, pp. 17-18.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mathieu-Robert Sauvé, Le Québec à l’âge ingrat, Montréal, Boréal, 1993, pp. 174-177.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Liste des journaux des États-Unis «décédés»: &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_defunct_newspapers_of_the_United_States"&gt;http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_defunct_newspapers_of_the_United_States&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Pascal Lapointe est journaliste depuis une vingtaine d'années. Il est toujours demeuré près du milieu de la pige, comme pigiste lui-même, comme rédacteur en chef de l'Agence Science-Presse, petit média à but non lucratif et porte d'entrée pour les débutants, où il a contribué à former de nombreux journalistes, et à titre de membre du conseil d'administration de l'AJIQ dans les années 1990 et 2000. Il est co-auteur du livre Les nouveaux journalistes: le guide. Entre précarité et indépendance (PUL, 2006).&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-930477929614296412?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/930477929614296412/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=930477929614296412' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/930477929614296412'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/930477929614296412'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/12/pascal-lapointe-le-journalisme-est-il.html' title='Pascal Lapointe - Le journalisme est-il menacé? (suite)'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R1cgk8Hq6tI/AAAAAAAAAEk/MEnDuF0h1z4/s72-c/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-3738895577272130432</id><published>2007-11-23T12:00:00.000-05:00</published><updated>2007-11-23T12:03:59.708-05:00</updated><title type='text'>Isabelle Gusse - Médias et intérêts publics</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R0cH4mVU6AI/AAAAAAAAAEc/d8C4NrSv7so/s1600-h/GUSSE+CUT.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5136082568983406594" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R0cH4mVU6AI/AAAAAAAAAEc/d8C4NrSv7so/s200/GUSSE+CUT.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Dans les démocraties libérales, en termes de principe, il va de soi qu’informer est encore et toujours - et se doit d’être - une activité d’intérêt public. Cette croyance bien enracinée puise sa force et sa légitimité dans la référence aux grands droits politiques fondamentaux issus du siècle des Lumières, eux-mêmes garants des libertés de presse et d’expression; et, par extension, dans l’élargissement de ces droits, au droit du public - entendre les citoyens - à l’information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De nos jours, cette évidence est souvent énoncée, parfois défendue, par de nombreux acteurs qui, a priori, n’ont pas grand-chose en commun en termes de fonctions sociales, de couleurs idéologiques et … d’intérêts: en premier lieu, les journalistes; puis les dirigeants et cadres des grandes entreprises médiatiques commerciales, ainsi que les dirigeants et professionnels des firmes publicitaires, mais aussi des firmes en relations publiques ou cabinets-conseils en communication; enfin, les autorités gouvernementales, ministérielles, les députés et les chefs de parti politique. Précisons que l’on pourrait ajouter à cette liste non exhaustive de ceux qui réfèrent épisodiquement à cette équation «information = intérêt public», les universitaires spécialisés, entre autres, en communication, journalisme, relations publiques, marketing (publicitaire ou politique) et les groupes de pression actifs sur les terrains sociopolitiques les plus divers, dont les syndicats et les groupes communautaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette «unanimité» sur ce principe qui établit l’équation «information = intérêt public» perd cependant de la vigueur dès que l’on commence à se questionner sur le sens que revêtent, une fois séparés, les deux termes qui constituent l’expression «intérêt public», selon les acteurs qui les évoquent: la notion d’«intérêt» et la notion de «public». Une fois posée cette distinction, l’action d’informer revêt, elle aussi, ses particularités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cela donne le portrait ci-après* qui met en scène les principaux acteurs de ce qu’il convient d’appeler la communication politique, et tente de mettre en évidence à quoi réfère, pour chaque groupe d’acteurs, la notion d’intérêt, celle de public et l’action d’informer. Ce portrait schématique est certes incomplet, mais les interventions et réflexions issues du colloque Médias et démocratie: Informer est-il encore d’intérêt public? en février 2008, pourraient avantageusement l’étayer de pistes de solutions propices à plus de démocratie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus de démocratie, cela pourrait signifier plus d’informations d’intérêts publics (le pluriel est voulu) destinées à alimenter le jugement politique et la participation des citoyens, soit leur capacité de discuter, de décider et d’agir politiquement. Cela pourrait également impliquer la production de plus d’informations diffusées dans des formats diversifiés, de la nouvelle à l’enquête, de la chronique au reportage pointu. Cela pourrait enfin se concrétiser dans l’existence de médias indépendants, dégagés de la logique des intérêts corporatistes, économiques et marchands, qui puissent opérer dans d’autres lieux - à imaginer et créer - que ceux occupés et contrôlés par les détenteurs des pouvoirs économiques et industriels (les convergentes industries multimédias: presse écrite et électronique, distribution, communication, publicité et relations publiques), eux-mêmes soutenus par les détenteurs du pouvoir politique, partisans du libéralisme économique et de ses deux principaux avatars: la privatisation et la déréglementation de ces secteurs industriels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Un portrait des principaux acteurs et de leurs intérêts&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—&gt; Acteurs: Les journalistes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La notion d’intérêt = Ce qui intéresse les gens, diverses communautés ou collectivités qui s’informent à même le fruit de leur travail sur les enjeux sociopolitiques, économiques et culturels du moment, nationaux et internationaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La notion de public = Les citoyens qui constituent le public de leurs médias (lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes, etc.).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Informer = Objectivement, sur des nouvelles considérées par leur média respectif comme étant d’intérêt public, et qui, tout en variant d’un média à l’autre, sont constituées par les mêmes ingrédients de base (proximité, conséquences, célébrité, conflit, intérêt humain, insolite, sexe) et fabriquées (sélection, hiérarchisation) dans un contexte de production et de diffusion déterminé par les lois de l’urgence, du spectacle et de l’argent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—&gt; Acteurs: Les dirigeants, les cadres des entreprises médiatiques commerciales et les dirigeants et professionnels des firmes publicitaires&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La notion d’intérêt = Dans un contexte de forte concurrence entre entreprises, offrir le plus d’espace médiatique possible au plus grand nombre possible d’annonceurs, de manière à accroître les parts de marché publicitaire, les revenus et les profits de ces entreprises (capital financier).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La notion de public = Les consommateurs de médias dont la somme est corollaire de parts de marché publicitaire et d’un accroissement potentiel, pour les annonceurs, de l’achat de leurs produits et services par les consommateurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Informer = Subjectivement, sur les qualités intrinsèques des produits et services offerts, mis en scène et en image par les entreprises médiatiques et firmes publicitaires, en fonction des objectifs de communication visés par les annonceurs = marchandisation de l’information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—&gt; Acteurs : Les dirigeants et les cadres des firmes de relations publiques et des cabinets-conseils en communication&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La notion d’intérêt = Dans un contexte de forte concurrence entre firmes et cabinets-conseils, offrir, à titre d’entreprises spécialisées (capital financier), toute une gamme de services de communication à des clients commerciaux, corporatifs ou politiques, désireux de constituer ou de bonifier leur «image de marque» et leurs communications à destination de publics internes ou externes (capital image).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La notion de public = Les publics internes et externes visés par les campagnes d’image commandées par leurs clients.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Informer = Subjectivement, sur les qualités des produits et services offerts, mis en scène et en image par les firmes en relations publiques et communication, en fonction des objectifs de communication de leurs clients = marchandisation de l’information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—&gt; Acteurs : Les autorités gouvernementales, ministérielles, les députés, les chefs de parti politique&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La notion d’intérêt = Dans un contexte de forte concurrence entre partis politiques désireux d’accéder au pouvoir politique, ou de le conserver, ou de gouverner en fonction de priorités établies ou de s’opposer à ces priorités, utiliser les stratégies et techniques publicitaires du marketing politique - empruntées au marketing commercial - pour adapter la teneur de la communication politique («l’offre politique»: programme, positionnement, personnalité, promesses, engagements) aux «demandes et attentes politiques» de groupes sociodémographiques ciblés, et se valoir, principalement, le support des indécis (capital image = capital politique).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La notion de public = Les consommateurs de la politique: citoyens électeurs, citoyens partisans, citoyens indécis, l’opinion publique ou les opinions publiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Informer = Subjectivement, sur les qualités intrinsèquement démocratiques d’une «offre politique» (programmatique ou personnalisée):&lt;br /&gt;1) adaptée à la demande de consommateurs politiques;&lt;br /&gt;2) «scientifiquement» mesurée et légitimée par des sondages d’opinion réalisés par des instituts spécialisés;&lt;br /&gt;3) médiatisée par le biais de campagnes de marketing politique mises en œuvre pour le compte de clients politiques, par des firmes publicitaires, des conseillers en communication ou en relations publiques = marchandisation de l’information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Isabelle Gusse est professeure au Département de science politique de l’Université du Québec à Montréal depuis juin 2004. En charge des enseignements en communication politique au programme de premier cycle en Communication, politique et société (CPS), elle s’intéresse à l’étude des acteurs sociaux (entreprises médiatiques, agences de communication, firmes de publicité, organisations politiques) et des supports communicationnels qui assurent la médiatisation du politique dans l’espace public auprès des citoyens. Ses intérêts de recherches portent, par extension, sur le marketing politique et les techniques d’argumentation en communication politique. Au printemps 2005, elle a dirigé le colloque «Médias communautaires en 2005: Les enjeux de la diversité et de l’indépendance médiatiques», organisé en partenariat avec le Département de science politique de l’UQAM, le Département des communications de l’UQAM, et la station communautaire Radio Centre-Ville. Dans la lancée, elle a dirigé l’ouvrage collectif Diversité et indépendance des médias, publié en 2006 aux Presses de l’Université de Montréal.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-3738895577272130432?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/3738895577272130432/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=3738895577272130432' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/3738895577272130432'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/3738895577272130432'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/11/isabelle-gusse-mdias-et-intrts-publics.html' title='Isabelle Gusse - Médias et intérêts publics'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/R0cH4mVU6AI/AAAAAAAAAEc/d8C4NrSv7so/s72-c/GUSSE+CUT.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-3402872700675461024</id><published>2007-11-08T10:56:00.000-05:00</published><updated>2007-11-08T11:01:41.542-05:00</updated><title type='text'>François Demers - Dire qu’on est guidé par l’intérêt public, ce n’est plus crédible</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RzMyb4HUrbI/AAAAAAAAAEQ/CQBcKkfR49s/s1600-h/Photo_de_Francois_.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5130499855006084530" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RzMyb4HUrbI/AAAAAAAAAEQ/CQBcKkfR49s/s200/Photo_de_Francois_.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Les hommes d’affaires sont fiers de ne pas être guidés par cela.&lt;br /&gt;Les politiciens en parlent tout le temps mais c’est un rituel qui fait sourire … ou enrager.&lt;br /&gt;Les avocats et d’autres, de temps en temps, y font référence comme ça, en passant.&lt;br /&gt;L’air du temps est plutôt au scepticisme devant ceux qui prétendent avoir des motivations aussi nobles.&lt;br /&gt;Chose certaine, en sciences sociales, on préfère partir du principe que les acteurs sociaux sont avant tout « intéressés ».&lt;br /&gt;Alors, quand ce sont les journalistes qui se disent défenseurs de l’intérêt public…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des individus (journalistes ou autres) qui peuvent être guidés par l’intérêt public dans leur for intérieur… ou dans certaines circonstances.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela ne veut pas dire que l’intérêt public n’existe pas en matière d’information publique: il y a des informations qui concernent tout le monde, il y a des informations qui traitent des affaires collectives: la guerre, les taxes, les routes, la pollution de l’atmosphère, la qualité des services de santé, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, posons la question autrement: le journalisme québécois sert-il l’intérêt public? Plus qu’avant? Moins qu’avant?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est clair, c’est que les (anciens) médias généralistes sont davantage orientés sur leur propre survie que sur l’intérêt public. Dans l’espoir de conserver de larges clientèles, ils s’accrochent aux formules du journalisme «populaire» qui sont développées depuis le XIXe siècle: plus de faits divers, plus d’émotions, plus d’opinions, plus d’images, etc. À l’évidence, Radio-Canada, TVA, TQS, La Presse et les autres cherchent désespérément à plaire à grands coups de spectacles, d’émotions et d’opinions extrêmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, certains de leurs contenus continuent à servir l’intérêt public. Ainsi,&lt;br /&gt;les médias, tous ensemble - et leur nombre n’a cessé de croître depuis les années 70 -, continuent de fournir des nouvelles importantes pour la vie collective.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par contre, c’est de plus en plus à la charge du public de dénicher l’information significative. On peut d’ailleurs interpréter ce mouvement comme une avancée de la démocratie: le public est de plus en plus souverain (veut, veut pas) et il est pris de plus en plus pour donner un sens à l’information fournie. Les choses se passent comme si l’évolution des médias et le journalisme prenaient au mot les beaux discours démocratiques sur l’âge adulte des citoyens (et l’autonomie des internautes)…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand même, il me semble qu’il y a deux ou trois choses que le journalisme québécois francophone ne fait pas et qui pourraient aider le citoyen souverain (en matière d’information).&lt;br /&gt;1) La présentation et l’explication des nouvelles par les médias et leurs commentateurs ne mettent pas en évidence que les francophones canadiens vivent dans un ghetto qui rapetisse. C’est à croire qu’il y a trop de monde qui souhaite que ça ne se sache pas – en tous cas, je sais d’expérience personnelle que c’est le cas de très nombreux intellectuels et universitaires. Peut-être parce que cela voudrait dire aussi reconnaître que l’affirmation de la francophonie s’est close avec l’échec de la question québécoise, puis aujourd’hui, avec le plafonnement de la construction de l’identité nationale canadienne?&lt;br /&gt;Il me semble que ça permet de comprendre bien des choses quand on sait&lt;br /&gt;que le rôle central de la question nationale québécoise dans les affaires canadiennes est terminé et que tous les acteurs sociaux, dont les partis politiques, sont en train de s’y ajuster. Et de comprendre aussi que la phase de construction d’une identité canadienne est maintenant terminée et que le Canada a complété sa transition du rôle de territoire satellite de l’Angleterre vers celui de territoire satellite des États-Unis. Bref que la minorité francophone est de plus en plus minoritaire, et va le devenir encore plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On comprend en même temps qu’il devient de plus en plus apparent que nous&lt;br /&gt;- le nous, ici, c’est celui des francophones - sommes culturellement Américains. Il y a Céline Dion, il y a aussi les télé-réalités qui glorifient la réussite individuelle (en grimpant sur les épaules des autres) et le succès par la chance parce que le hasard (Dieu?) vous bénit!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2) La présentation et l’explication des nouvelles par les médias et leurs commentateurs ne mettent pas en évidence non plus quatre grandes questions qui s’imposent lentement à l’ensemble de l’humanité, au-delà des frontières:&lt;br /&gt;- Le rapport des riches à ce qu’on appelait y’a pas longtemps encore, le Tiers-Monde ; l’immigration et la guerre en Afghanistan nous en parlent tous les jours;&lt;br /&gt;- l’environnement : les algues bleues, les lacs acides, le passage du nord-ouest, etc.;&lt;br /&gt;- la santé: les pilules, les machines à diagnostic de plus en plus sophistiquées, les hanches et cœurs que l’on remplace à qui mieux-mieux, la chirurgie plastique et le botox… Tout le monde en veut, qui les aura?&lt;br /&gt;- l’éducation: l’échec des garçons, la réforme scolaire ratée, la langue mal écrite, etc. L’éducation est devenue la seule voie de réussite, talent scolaire ou pas. Sinon, c’est les Mcjobs. Ah! J’oubliais la loterie et le show business comme autres échelles d’ascension sociale…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout l’Occident blanc, en particulier, et les autres zones développées, dont nous faisons partie, font face à ces défis qui se posent bien autrement qu’avant l’arrivée de la société de consommation et de l’informatique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3) La présentation et l’explication des nouvelles par les médias et leurs commentateurs ne disent pas clairement non plus que l’organisation du travail - les chaînes de production - se fait maintenant à l’échelle mondiale et que la composition de la main-d’œuvre change pour s’y adapter: une partie minoritaire de la masse des travailleurs devient surqualifiée et sur-spécialisée, et cosmopolite. Les autres sont refoulés vers l’exécution bête. Pour les journalistes, cela veut dire: devenir des vedettes (le fameux star system) qui gèrent leur carrière comme des femmes et hommes d’affaires, ou bien l’ombre et la précarité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À terme, il va bien falloir que la majorité retourne à l’action collective mais pour l’instant, au Québec, elle tente sa chance en rangs dispersés et joue le jeu de la réussite individuelle, priant que Dieu favorise ses élus (cf. l’esprit du capitalisme calviniste).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les organisations (pour les journalistes, ce sont la FPJQ et la FNC) que le cycle précédent d’affirmation francophone (au Québec et au Canada) a laissé en héritage, il s’agit de durer, de lire les possibles qu’offre le contexte … et d’innover. En attendant des temps meilleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ce temps, l’information va demeurer indispensable à la vie démocratique et les journalistes, pour la produire, aussi. Les journalistes vont aussi demeurer des employés d’entreprises (publiques et privées) qui les utilisent à bien d’autres fins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autrement dit, comme avant, comme actuellement, comme demain, les médias et leur journalisme ne sont qu’en partie une contribution à l’intérêt public. Il y a des périodes plus généreuses et des périodes plus arides (je pense au journalisme commercial des années 1950-60, par exemple).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;FRANÇOIS DEMERS est professeur titulaire au Département d’information et de communication de l’Université Laval (ville de Québec) où il enseigne depuis 1980. Auparavant, il avait été journaliste professionnel pendant 15 ans. Il obtenu un doctorat en science politique (Ph.D.) en 2000; sa thèse portait sur l’émergence de nouveaux quotidiens dans la ville de Guadalajara au Mexique à la faveur des débats relatifs à l’Aléna. Il est l’auteur de deux livres, dont Communication et syndicalisme - des imprimeurs aux journalistes (Éditions du Méridien, automne 1988, 203 pages) et coresponsable de trois ouvrages collectifs. Il a publié des articles savants et des chapitres de livres au rythme moyen de trois par année depuis 1980.&lt;br /&gt;&lt;&lt;/em&gt;&lt;a href="http://www.com.ulaval.ca/personnel/professeurs/francois_demers/index.php"&gt;&lt;em&gt;http://www.com.ulaval.ca/personnel/professeurs/francois_demers/index.php&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&gt;&lt;br /&gt;Il a créé un cours à distance totalement sur Internet portant sur le journalisme en ligne&lt;br /&gt;&lt; &lt;/em&gt;&lt;a href="http://cyberjournalisme.com.ulaval.ca/"&gt;&lt;em&gt;http://cyberjournalisme.com.ulaval.ca/&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&gt;.&lt;br /&gt;Il est membre de l’équipe de recherche : Pratiques novatrices en communication publique (PNCP).&lt;br /&gt;&lt;&lt;/em&gt;&lt;a href="http://www.pncp.ca/"&gt;&lt;em&gt;http://www.pncp.ca/&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&gt;.&lt;br /&gt;François Demers a été doyen de la Faculté des Arts de 1987 à 1996.&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-3402872700675461024?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/3402872700675461024/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=3402872700675461024' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/3402872700675461024'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/3402872700675461024'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/11/franois-demers-dire-quon-est-guid-par.html' title='François Demers - Dire qu’on est guidé par l’intérêt public, ce n’est plus crédible'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RzMyb4HUrbI/AAAAAAAAAEQ/CQBcKkfR49s/s72-c/Photo_de_Francois_.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-6901734147668608339</id><published>2007-11-02T12:34:00.000-04:00</published><updated>2007-11-09T14:22:10.163-05:00</updated><title type='text'>Joan Fraser - Un message de la présidente d'honneur</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RytS6mHqaxI/AAAAAAAAAEA/1tWSMVyxOd8/s1600-h/Joan_Fraser.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5128283767310019346" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RytS6mHqaxI/AAAAAAAAAEA/1tWSMVyxOd8/s200/Joan_Fraser.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Chers collègues,&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Par leur travail, les journalistes sont l’un des remparts de la démocratie, valeur centrale de notre société fondée sur le pluralisme des opinions et le libre débat des idées issues de notre diversité. En regard de ce rôle qui vous est dévolu, je veux vous inviter à participer au colloque Médias et démocratie, organisé par la Fédération nationale des communications (FNC-CSN), qui se tiendra à Québec, le week-end du 1er au 3 février 2008.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;J’ai accepté la présidence d’honneur de cet événement parce que je crois qu’il est impératif que les travailleurs et travailleuses des médias s’accordent un temps d’arrêt et de réflexion, si bref soit-il, afin d’évaluer lucidement le cadre dans lequel ils évoluent et leur attitude face aux attentes du public lecteur, auditeur, téléspectateur ou internaute.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Ce colloque est donc une occasion d’imprimer votre regard critique sur l’évolution de nos organes de presse et des grands enjeux qui les confrontent en ce 21e siècle. La convergence des médias, leurs choix journalistiques et les moyens mis en place pour les alimenter, seront certes au cœur de nos discussions.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Au milieu de la turbulence qui secoue notre milieu en constante remise en question, plusieurs aspects méritent d’être débattus par les acteurs de premier plan que vous êtes : nouveaux médias, propriétés croisées, droit du public à diverses sources d’information, droit d’exercer le rôle d’informer sans entrave, tout en disposant des ressources nécessaires pour livrer une information complète et de qualité.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Me considérant toujours des vôtres, même dans ma fonction actuelle où je défends toujours les valeurs que vous partagez, je serai heureuse de vous retrouver dans la magnifique capitale du Québec.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Je vous y attends en grand nombre.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Joan Fraser&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_1y1s0WGOATE/Ry89bSigeeI/AAAAAAAAAD4/qjh5veR5e6s/s1600-h/jfraser_signature.gif"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5129386039640619490" style="CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_1y1s0WGOATE/Ry89bSigeeI/AAAAAAAAAD4/qjh5veR5e6s/s320/jfraser_signature.gif" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Madame Joan Fraser siège au Sénat depuis le 17 septembre 1998. Elle fut auparavant journaliste, éditorialiste en chef et rédactrice en chef au quotidien montréalais The Gazette. De 2003 à 2005, à titre de présidente du Comité sénatorial permanent des transports et des communications, elle a pris une part active à une vaste étude sur les médias canadiens dont le rapport final a été déposé en juin 2006 (voir &lt;/em&gt;&lt;a href="http://www.senate-senat.ca/transcom.asp"&gt;&lt;em&gt;www.senate-senat.ca/transcom.asp&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;).&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-6901734147668608339?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/6901734147668608339'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/6901734147668608339'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/11/joan-fraser-un-message-de-la-prsidente.html' title='Joan Fraser - Un message de la présidente d&apos;honneur'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RytS6mHqaxI/AAAAAAAAAEA/1tWSMVyxOd8/s72-c/Joan_Fraser.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-6174497614603265644</id><published>2007-11-02T12:32:00.000-04:00</published><updated>2007-11-02T12:34:06.705-04:00</updated><title type='text'>Gilles Lesage – Le salut de l’information n’est pas dans le clip</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RytRbmHqawI/AAAAAAAAAD4/vMTcrB4kNuY/s1600-h/Gilles+Lesage+cut.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5128282135222446850" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RytRbmHqawI/AAAAAAAAAD4/vMTcrB4kNuY/s200/Gilles+Lesage+cut.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;L’auteur reprend ici la conclusion du dossier sur l’information qu’il a signé dans la revue RND de février 2006 (vol. 104, no 2, pages 1 à 14) sous le titre : Où donc s’en va l’information? &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui prime, désormais, c’est la course contre la montre, le va-vite, la surenchère des manchettes contradictoires, la recherche effrénée des primeurs (les fameux scoops), l’action-réaction continuelle du matin au soir, tel un carrousel étourdissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(…)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De façon générale, la presse est suralimentée. Ce n’est pas de disette dont elle souffre, mais de surabondance. Une masse souvent informe, pléthorique, répétitive, cyclique. Avalanche un jour, pénurie aux fêtes de fin d’année et en juillet. Concurrence et mimétisme, consensus et censure des pairs, grégarisme et solos!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(…)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour reprendre le mot de l’ex-premier ministre Jean Lesage, la presse, «le ministère de l’Opinion publique», mérite les plus grands égards, même si ses représentants sont loin d’être toujours à la hauteur. L’information est utile, nécessaire. Ainsi que le répétait souvent Claude Ryan, petit à petit, l’eau du ruisseau finit par percer le rocher…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le salut de l'information, s'il en est un, n'est pas dans le flash, le clip fugace ou l'impro... improvisée, mais dans l'explication et l'analyse, d'une part, et dans le commentaire et la prise de position, d'autre part.&lt;br /&gt;Les faits, d'abord et avant tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À chacun son rôle, loin des pitreries et du galimatias des humeuristes.&lt;br /&gt;En somme, retour à l'essentiel, à une presse moins obèse et plus alerte.&lt;br /&gt;Globalement, cela signifie qu'il faut s'en remettre, en dépit des dérives, aux principes de base de notre métier: l'exactitude et la précision des faits, d'une part, et la vérification et la rigueur, de l'autre, sans raccourcis, toujours tentants et commodes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour faire bonne mesure, une bonne dose d'intégrité et de respect, envers les autres et envers soi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté de la presse et le droit du public à une information complète, rigoureuse et courageuse, sont à ce prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Gilles Lesage a pris sa retraite en 1999 après une carrière de 40 ans comme journaliste, principalement au Devoir, où il a été chroniqueur politique, éditorialiste et correspondant parlementaire. Trois prix importants ont souligné l’excellence de son travail : en 1988, le prix Jules-Fournier du Conseil de la langue française; en 1993, le prix Olivar-Asselin de la Société Saint-Jean Baptiste, et en 1995, le prix René-Lévesque de l’Association des journalistes indépendants du Québec. Il a également siégé au Conseil de presse et a été chargé d’enseignement en journalisme à l’Université Laval et à l’Université de Montréal. Enfin, Gilles Lesage a été fait chevalier de l’Ordre national du Québec en 1999 et chevalier de l’Ordre de la Pléiade en 2000.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-6174497614603265644?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/6174497614603265644/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=6174497614603265644' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/6174497614603265644'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/6174497614603265644'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/11/gilles-lesage-le-salut-de-linformation.html' title='Gilles Lesage – Le salut de l’information n’est pas dans le clip'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RytRbmHqawI/AAAAAAAAAD4/vMTcrB4kNuY/s72-c/Gilles+Lesage+cut.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-2225879706315787299</id><published>2007-10-29T16:49:00.000-04:00</published><updated>2007-10-30T16:02:18.970-04:00</updated><title type='text'>Anne-Marie Voisard - Revenons aux bases du métier avec rigueur et... humilité!</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RydzBGHqarI/AAAAAAAAADQ/yyu6OWCBBh0/s1600-h/Anne-Marie+Voisard+cut.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5127193163444415154" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RydzBGHqarI/AAAAAAAAADQ/yyu6OWCBBh0/s200/Anne-Marie+Voisard+cut.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Rigueur. Ça implique le respect des faits et qu'on ne néglige aucun effort pour transmettre une information juste et la plus complète possible. Plus facile à dire qu'à faire. Mais surtout humilité. Ce qui, en cette ère de vedettariat, risque fort d'étonner. Un journaliste humble! L'idée paraît farfelue, tellement elle est loin de la réalité. Pourtant, elle ne veut que nous ramener aux bases du métier. Les têtes enflées ne savent pas bien écouter, ni regarder. Or il le faut. L'exactitude du message en dépend. Notre crédibilité aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, le colloque Médias et démocratie permet de dénoncer la convergence, la concentration des entreprises de presse, la soif de profit au détriment de l’intérêt public, etc. Mais il n'empêche pas de s'interroger sur nos pratiques. Et de voir à quel point nous facilitons la vie de ceux qu'on blâme. Des vedettes? C'est ce que cherchent les patrons. À la télévision, à la radio, dans les journaux. Chronique d'humeur! C'est également le rêve du journaliste le moindrement ambitieux. Et l'ambition n'est pas ce qui manque dans notre petit monde. Combien, secrètement (mais pas toujours…), se prennent-ils pour Pierre Foglia?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous ne deviennent pas «columnists». Mais ça ne prive pas les autres d'introduire leurs états d'âme ici et là dans leurs reportages. Le «je» jouit d'une popularité sans bornes. Les conseils pleuvent. C'est une nouvelle façon de faire la morale. Faites ce que «je» dis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ce temps-là, on néglige de fouiller les dossiers. À quoi bon, puisque le boss nous incite à produire vite et court. Pas besoin de se fatiguer. L'important, c'est d'attirer l'attention, de cultiver l’art de se faire remarquer parmi les collègues. C'est le règne de l'information-spectacle. Du chacun pour soi. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;La compétition est forte, même chez les permanents. Comme si ça ne suffisait pas d'avoir la sécurité d'emploi, plusieurs ajoutent un deuxième statut, celui de pigiste ou de collaborateur, qui permet d'arrondir les fins de mois et d'avoir son nom sous diverses rubriques. Ce qui était une exception est presque devenu la norme. C'est bon pour l'image. La carrière a des chances de s'en porter mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le militantisme dans tout ça? Le syndicat sert-il encore à défendre des valeurs, tel le droit du public d'être informé? Se limite-t-il aux seuls intérêts des membres? Il y a lieu, au moins, qu'on s'interroge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;***&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Anne-Marie Voisard, qui demeure active comme journaliste indépendante, a pris sa retraite du quotidien Le Soleil en 2006. Elle y avait été embauchée en 1961 pour travailler aux pages féminines. Après avoir quitté le journal quelques années pour compléter un bac en pédagogie, elle y revient et se retrouve, au moment de la création des cégeps, affectée à l'éducation. Comme journaliste, elle a touché à tout: littérature, éditorial, dossiers à caractère social... Au cours de ses six dernières années au Soleil, elle a supervisé les stages en journalisme. De sa carrière, on retient deux faits parmi d'autres: en 1980, elle reçoit le prix Judith-Jasmin pour une série d'articles, Alcool et Travail. Pour elle, c'est un baume, au terme d'une bataille qui l'a menée jusqu'en Cour suprême. La cause? Un texte jugé trop critique par le directeur de l'information d'alors, qui lui en avait substitué un de son cru.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-2225879706315787299?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/2225879706315787299/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=2225879706315787299' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/2225879706315787299'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/2225879706315787299'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/10/anne-marie-voisard-revenons-aux-bases.html' title='Anne-Marie Voisard - Revenons aux bases du métier avec rigueur et... humilité!'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RydzBGHqarI/AAAAAAAAADQ/yyu6OWCBBh0/s72-c/Anne-Marie+Voisard+cut.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-892449225588257959</id><published>2007-10-25T17:43:00.000-04:00</published><updated>2007-12-05T16:49:32.947-05:00</updated><title type='text'>Programme du colloque</title><content type='html'>&lt;h2&gt;LE VENDREDI 1ER FÉVRIER 2008&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;HÔTEL PUR - QUÉBEC&lt;/p&gt;FOYER DE LA SALLE SAINT-LAURENT&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;17h30&lt;/span&gt; Cocktail de bienvenue&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Table d’accueil et remise du document de travail&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;SALLE SAINT-LAURENT&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;18h15&lt;/span&gt; Ouverture du colloque par l’animateur, monsieur Denis Guénette, journaliste à Radio-Canada&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;18h20&lt;/span&gt; Mot de bienvenue de la présidente de la FNC,madame Chantale Larouche&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;18h30&lt;/span&gt; Allocution de monsieur Aidan White, secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;19h&lt;/span&gt; Allocution de madame Joan Fraser, présidente d’honneur du colloque&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;19h30&lt;/span&gt; Soirée libre&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;h2&gt;LE SAMEDI 2 FÉVRIER 2008&lt;/h2&gt;FOYER DE LA SALLE SAINT-LAURENT&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;8h à 9h&lt;/span&gt; Table d’accueil et remise du document de travail&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;SALLE SAINT-LAURENT&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;9h&lt;/span&gt; Présentation du thème et du déroulement de la journée par la présidente de la FNC, madame Chantale Larouche&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;9h15&lt;/span&gt; Présentation des résultats de l’enquête menée auprès des journalistes québécois par le professeur Marc-François Bernier de l'Université d'Ottawa&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;FOYER DE LA SALLE SAINT-LAURENT&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;9h45&lt;/span&gt; Pause (café, jus)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;SALLES D’ATELIER*&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;10h&lt;/span&gt; Discussions visant à établir un diagnostic autour des thèmes :&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;La mission des journalistes et celle des médias sont-elles toujours convergentes ? &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Qu’est-ce qui a changé, et qu’est-ce qui changera dans la pratique du métier ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Dans chaque atelier, un panel d’invités lancera le débat et contribuera à faire avancer les réflexions. Un animateur verra au bon déroulement des discussions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FOYER DE LA SALLE SAINT-LAURENT&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;12h&lt;/span&gt; Dîner buffet&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;SALLE SAINT-LAURENT&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;13h15&lt;/span&gt; Rapport-synthèse des ateliers**&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;SALLES D’ATELIER*&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;14h&lt;/span&gt; Discussions visant à explorer des pistes de solution autour des thèmes :&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Les travailleurs des médias d’information veulent-ils et peuvent-ils jouer un rôle pour assurer une meilleure démocratie ? &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Quel message public les associations de journalistes et leurs organisations syndicales doivent-elles porter ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le déroulement des ateliers suit le modèle du matin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FOYER DE LA SALLE SAINT-LAURENT&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;16h&lt;/span&gt; Pause (café, jus)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;SALLE SAINT-LAURENT&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;16h15&lt;/span&gt; Présentation par le comité de la FNC sur la multiplication des plateformes d’une courte vidéo réalisée à la suite d’un vox pop tenu au printemps 2007&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;16h45&lt;/span&gt; Rapport-synthèse des ateliers de l’après-midi**&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;17h30&lt;/span&gt; Période de réactions et commentaires de la salle en présence de monsieur Aidan White, madame Joan Fraser et madame Chantale Larouche&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;18h&lt;/span&gt; Soirée libre&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2&gt;LE DIMANCHE 3 FÉVRIER 2008&lt;/h2&gt;FOYER DE LA SALLE SAINT-LAURENT&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;9h&lt;/span&gt; Petit-déjeuner buffet&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;SALLE SAINT-LAURENT&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;9h30&lt;/span&gt; Allocution de monsieur Alain Girard, premier secrétaire du Syndicat national des journalistes (France) portant sur la campagne européenne &lt;em&gt;Debout pour la défense du journalisme !&lt;/em&gt; (suivie d’une courte période de questions)&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;10h15&lt;/span&gt; Allocution de Linda K. Foley, présidente de la Newspaper Guild of America, portant sur la campagne &lt;em&gt;Save Journalism, Democracy Depends on It&lt;/em&gt; (suivie d’une courte période de questions)&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;11h&lt;/span&gt; Allocution de la présidente de la CSN, madame Claudette Carbonneau&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;11h20&lt;/span&gt; Clôture du colloque par la présidente de la FNC, madame Chantale Larouche&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;* &lt;em&gt;A workshop in english will be available if there is enough demand for it.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;** &lt;em&gt;Des comptes rendus plus complets des ateliers seront inclus aux Actes du colloque.&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-892449225588257959?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/892449225588257959/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=892449225588257959' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/892449225588257959'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/892449225588257959'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/10/programme-du-colloque_25.html' title='Programme du colloque'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-5533743740078190796</id><published>2007-10-25T17:32:00.000-04:00</published><updated>2007-10-29T17:06:52.975-04:00</updated><title type='text'>Pascal Lapointe - Le journalisme est-il menacé?</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RyZLKGHqapI/AAAAAAAAADA/i_uCr1VbHhA/s1600-h/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5126867862621416082" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RyZLKGHqapI/AAAAAAAAADA/i_uCr1VbHhA/s200/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RyELs2HqakI/AAAAAAAAACQ/J0H-1XKuJjA/s1600-h/Pascal3.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5125390715994139202" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" height="1" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RyELs2HqakI/AAAAAAAAACQ/J0H-1XKuJjA/s200/Pascal3.JPG" width="34" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;D’un côté, il y a ceux qui disent qu’entre concentration de la presse, coupes budgétaires et précarisation de la profession, le journalisme comme « chien de garde de la démocratie », est une espèce en voie de disparition. De l’autre, il y a ceux qui taxent les premiers d’alarmistes, alléguant que la société « aura toujours besoin de journalistes ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être ont-ils raison tous les deux? Peut-être que la profession continuera de s’affaiblir, mais qu’elle survivra malgré tout. Et si on essayait d’établir un consensus? À partir de quel seuil serait-on tous d’accord, même les « optimistes », pour dire qu’il faut commencer à s’alarmer?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que la plupart des études sur l’évolution de la presse s’attardent aux considérations statistiques (moins de pages, moins de correspondants à l’étranger, moins de lecteurs, etc.), la Fédération internationale des journalistes, en 2006, s’est intéressée à des choses plus floues, mais fondamentales : la montée du travail précaire a-t-elle un impact sur la qualité de l’information? Et les réponses sont unanimes : oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Dans les pays où de nombreux journalistes sont employés dans le cadre de contrats à durée déterminée renouvelables indéfiniment, les réponses ne dissimulent pas que les journalistes sont soumis à des pressions pour que leurs articles soient moins acerbes, plus commerciaux et laissent entendre que les chances de renouvellement de leur contrat pourraient être en danger. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec la précarité vient une plus grande difficulté à monter des projets de longue haleine. Même les quotidiens et les réseaux de télé ne financent que rarement du journalisme d’enquête chez leurs salariés permanents : imaginez la situation chez les pigistes!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Plusieurs organisations dénoncent le recul du journalisme critique et d’investigation, les journalistes n’étant pas suffisamment rémunérés pour mener à bien d’intenses recherches... Au Danemark et en Allemagne, les journalistes employés à temps plein sont invités à couvrir une palette de métiers... En Allemagne, les free-lance sont insuffisamment rémunérés pour assurer du journalisme d’investigation... En Belgique, les free-lance doivent produire plus en moins de temps et le contenu s’en trouve souvent allégé. Au Mexique, la demande de journalisme dit « déclaratif » est à la hausse par opposition au journalisme d’investigation. La charge de travail des journalistes n’a cessé de gonfler, la plupart d’entre eux travaillent pour les médias numériques et traditionnels, mais les rémunérations n’ont pas augmenté au rythme de l’accroissement de la charge de travail. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En région, c’est encore pis. Dans les Laurentides, Lise Bélanger, « journaliste indépendante amoureuse de sa région » était, en 2004, payée 34$ le feuillet chez Médias Transcontinental (où la convention collective définit pourtant ces conditions). Qui plus est, la journaliste devait assumer tous ses frais de recherche, de déplacement ou de repas! « Je n’ai pas tellement de marge de manoeuvre pour négocier de meilleures conditions », déclarait-elle à sa collègue Denise Proulx, également pigiste dans la région des Basses-Laurentides. Et il existe pire encore!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi n’est-il pas possible de négocier? Les gourous de l’entrepreneuriat n’ont pourtant de cesse de répéter que « quand on veut, on peut ». Or, il faut croire que ce n’est pas aussi facile, puisque même un vétéran du journalisme à la pige comme Danielle Stanton (L’actualité, La Gazette des femmes) déclarait l’an dernier dans Le Trente qu’il lui avait fallu une dizaine d’années de métier avant de négocier. Et que même à un tarif que la majorité des pigistes jugeraient très respectable —200 à 250$ le feuillet— « si je calcule mon taux horaire, ce n’est pas si généreux! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La raison fondamentale, c’est que le marché est « complètement débalancé », selon Jean-Sébastien Marsan, président de l’AJIQ de 2002 à 2007. Une trop grande concentration de la presse, face à trop de journalistes précaires, que les écoles continuent de produire en trop grand nombre. Or, l’Histoire nous apprend qu’une surabondance de travailleurs a toujours eu pour effet d’abaisser la qualité des conditions de travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sources :&lt;br /&gt;Fédération internationale des journalistes, Étude sur le travail précaire dans le secteur des médias, 2006 : http://www.ifj.org/default.asp?Index=4175&amp;amp;Language=FR&lt;br /&gt;Denise Proulx, « Pour le meilleur et pour la pige », Le 30, octobre 2004, pp. 21-22.&lt;br /&gt;Anick Perreault-Labelle, « Demandez, et vous recevrez », Le Trente, juillet 2006, pp. 21-23.&lt;br /&gt;Jean-Sébastien Marsan, Devenir son propre patron? Mythes et réalités du travail autonome, Éditions Écosociété, 2001, 147 pages. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;***&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;Pascal Lapointe est journaliste depuis une vingtaine d'années. Il est toujours demeuré près du milieu de la pige, comme pigiste lui-même, comme rédacteur en chef de l'Agence Science-Presse, petit média à but non lucratif et porte d'entrée pour les débutants, où il a contribué à former de nombreux journalistes, et à titre de membre du conseil d'administration de l'AJIQ dans les années 1990 et 2000. Il est co-auteur du livre Les nouveaux journalistes: le guide. Entre précarité et indépendance (PUL, 2006).&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-5533743740078190796?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/5533743740078190796/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=5533743740078190796' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/5533743740078190796'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/5533743740078190796'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/10/pascal-lapointe-le-journalisme-est-il_25.html' title='Pascal Lapointe - Le journalisme est-il menacé?'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RyZLKGHqapI/AAAAAAAAADA/i_uCr1VbHhA/s72-c/Pascal+Lapointe+cropp%C3%A9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1881229510634104369.post-1934209767567700897</id><published>2007-10-25T13:57:00.000-04:00</published><updated>2007-10-25T14:00:53.145-04:00</updated><title type='text'>Laurent Laplante - Que font les médias de la notion d’intérêt public?</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RyDZymHqahI/AAAAAAAAAB0/NdVtFbCiYok/s1600-h/laplante.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5125335839196998162" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RyDZymHqahI/AAAAAAAAAB0/NdVtFbCiYok/s200/laplante.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;Ce texte, reproduit ici avec la permission de l’auteur*, a servi de référence lors d’un échange intervenu en octobre 2004, sous la gouvernance de Florian Sauvageau, entre Julius Grey et Laurent Laplante, à la Bibliothèque Gabrielle-Roy de Québec. À l’époque, la controverse était vive autour du sort qui attendait la station CHOI-FM menacée par le CRTC d’une suspension de son permis de diffusion.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’annonce immédiatement mes couleurs. Je suis allergique à la censure. Même s’il m’arrive de détester certains propos proférés par les médias, je préfère subir cet inconvénient que réclamer la censure et surtout la censure préalable. Rien dans la suite de mes propos ne devrait occulter ce repère. D’autre part, mes commentaires viseront certaines activités médiatiques plus que d’autres : l’information et les affaires publiques plus que les oeuvres de fiction, l’écrit et la radio plus que la télévision, le secteur public plus que le privé... Je ne condamne pas le reste, je circonscris mes observations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avoue manquer de sérénité quand je scrute la relation actuelle des mass-médias avec l’intérêt public. La montée en puissance du néolibéralisme affadit tellement l’intérêt public que s’amplifie une crainte : les médias sont-ils désormais dispensés, se sentent-ils désormais dispensés d’une préoccupation civique ? Mon inquiétude s’alourdit du fait que le secteur public de la radiotélédiffusion réagit aussi mal à l’influence du néolibéralisme que le secteur à but lucratif et que les journalistes eux-mêmes ne distinguent pas toujours nettement leurs intérêts corporatifs et les besoins sociaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme je ne crois pas à l’objectivité, ni à la mienne ni à celle des autres, je n’ai aucun mérite à reconnaître d’entrée de jeu que le filtre à travers lequel j’évalue la relation entre l’intérêt public et le monde du journalisme et des mass-médias est teinté. Par le gris plus que par le rose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. Un bilan contrasté&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parodions Shakespeare un instant : tout n’est pas pourri, loin de là, dans le royaume des médias. On y trouve du bon, du mieux, du déplorable. Ceux et celles qui ont connu les médias et le journalisme d’avant la révolution tranquille peuvent témoigner d’indéniables et importants progrès. Ce que Georges-Émile Lapalme, dans ses Mémoires, raconte de la vénalité à peu près généralisée des journalistes n’était que trop vrai, mais cela appartient à une époque révolue sauf peut-être, paradoxalement, dans le domaine sportif et dans celui des arts où la promiscuité réduit parfois à presque rien le recul critique. De façon globale, je le répète, l’assainissement fut réel. La syndicalisation des salles de rédaction a amélioré les conditions salariales du métier et provoqué une heureuse épuration des moeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La révolution tranquille a également sonné le glas de la censure. (Il n’est pas dit que l’autocensure liée au carriérisme ait subi le même sort, mais cela relève d’une autre analyse.) On n’imagine plus que L’amant de Lady Chatterley divise la Cour suprême, que Les Fées ont soif mobilise l’opinion, que La Belle de céans scandalise une partie de l’auditoire de Radio-Canada, que I, A Woman, Les Ballets Africains et Playboy jettent dans les transes une escouade de la moralité. Même dans des domaines spécialisés comme celui de la chronique judiciaire, le changement est patent. Julius Grey le dirait avec plus de compétence que moi, la crainte révérentielle qui empêchait les journalistes de critiquer les décisions des tribunaux n’intimide plus beaucoup. Autant de motifs de réjouissances.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’autre versant du bilan est plus équivoque et souvent moins glorieux. Dans son survol du journalisme québécois, Jean de Bonville montre fort bien qu’une logique marchande a pris le pas sur l’allégeance politique. Sont disparus les journaux ostensiblement rattachés à un parti, comme Montréal-Matin et Le Jour ou Le Soleil d’une certaine époque ; ont prospéré à leur place les journaux généralistes préoccupés surtout de gonfler leur lectorat, comme La Presse. Ils imposent discrètement leurs préférences politiques et sociales, mais ils ne les brandissent plus comme des oriflammes. Ces journaux modernes cherchent tantôt à offrir un dénominateur commun au plus populeux auditoire possible, tantôt à satisfaire une série de ghettos parallèles grâce à des rubriques spécialisées qui vont des mots croisés à la chronique d’horticulture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au passage, on a converti la grande majorité des hebdomadaires régionaux en circulaires blafards et déprimants. Au moment où Réginald Martel animait à la radio de Radio-Canada l’émission hebdomadaire Regards sur le Canada français, il pouvait puiser à pleines mains dans Le Clairon maskoutain, La Frontière, Le Canada français, L’Écho du Nord, Le Progrès du Golfe, L’Écho du Bas-Saint-Laurent, L’Écho abitibien, etc. On parle encore des régions à l’occasion de campagnes électorales ou de colloques, mais les conglomérats urbains les ont privées de la plupart de leurs moyens d’expression.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a assisté aussi au changement de la garde à l’intérieur des quotidiens : des gestionnaires ont succédé aux grands patrons de presse. Ce n’est plus un Jean-Louis Gagnon, un Gérard Filion, un Gérard Pelletier ou un Claude Ryan qui détient et exerce le pouvoir suprême, mais un personnage plus familier de la finance que de l’analyse politique ou sociologique. Certains jugeront qu’un tel changement de la garde équivaut à une censure préventive ; je ne les contredirai pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’avènement des nouvelles technologies a contribué à modifier les relations de travail et les rapports de force entre les parties patronales et les syndicats. Linotypistes et typographes ont cédé le pas aux maquettistes et aux informaticiens. Pendant les conflits de travail, la ligne de piquetage ne signifie plus grand-chose et l’on a assisté au cours des récentes années à des grèves de quotidiens qui ne parvenaient même pas à interrompre la publication. Si les journalistes de Radio-Canada débraient ou sont mis en lock-out, les députés fédéraux posent moins de questions que si disparaît la Soirée du hockey. Si l’intérêt public est encore présent dans les esprits, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il se manifeste discrètement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre modification substantielle dans la façon d’assurer le service public, les récentes décennies ont modifié si souvent la notion de concentration de la presse que ses conséquences n’apparaissent plus clairement . Il fut un temps où une personne ne suscitait nulle protestation si elle possédait l’ensemble des médias d’une région et même davantage. Pensons à Jules Brillant à Rimouski : CJBR, CJBR-TV, Le Progrès du Golfe, L’Écho du Bas-Saint-Laurent, Quebecair, La Compagnie de pouvoir du Bas-Saint-Laurent, etc. En Estrie, c’était le règne de Desruisseaux. Dans le Nord-Ouest, celui de Gourd. Par la suite, ce type de concentration a été contesté, puis remplacé par une autre concentration. Radio-Mutuel, Télémédia, Gesca, Hollinger... pouvaient contrôler une série de médias d’une même « espèce ». Je saute les étapes qui, de nuances en subtilités, ont conduit à la situation actuelle. Que le câblodistributeur soit propriétaire d’une chaîne de télévision et le relayeur des autres ne constitue plus, paraît-il, un risque de concurrence déloyale. On n’interdira pas non plus la « synergie » du consortium qui utilise un journal quotidien pour mousser la programmation de sa télévision ou les best-sellers de ses maisons d’édition. Concentration ? Non. Synergie. Et totale résignation au néolibéralisme. Les gouvernements affirment ne pouvoir rien faire. Il fut pourtant une époque où le gouvernement central sourcillait quand des entreprises canadiennes inscrivaient dans leurs dépenses d’exploitation la publicité payée à Reader’s Digest ou à Time. Tout comme il fut un temps où le tarif postal de deuxième classe constituait un soutien discret à la distribution des médias écrits. L’intérêt public ne se limitait pas à des commandites arbitraires et illégales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce qui a trait au raffinement, au respect de la langue ou de la culture, le fossé s’élargit entre l’époque où Radio-Canada présentait des téléthéâtres, des Heures du concert, Radio-Collège, Pays et merveilles... et celle-ci. La télévision publique affirme ne pas se laisser dicter sa programmation par les cotes d’écoute, mais comment la croire ? Quant à la radio de Radio-Canada, elle semble chercher sa vocation. Pour ne donner que de rapides illustrations, la littérature ne fait plus partie des domaines scrutés de façon systématique et la musique classique est menacée d’extinction. La radio de Radio-Canada excelle d’ailleurs à faire indirectement ce qu’elle n’a pas le droit de faire directement. Puisqu’elle n’a pas le droit d’accepter des commerciaux, elle multiplie les invitations à aller voir ce qui est présenté à la télévision de Radio-Canada... où la réclame est permise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant aux journalistes, leurs interventions dans le débat public oscillent entre le souci corporatiste et l’authentique préoccupation sociale. Certes, ils interviennent quand la concentration procède à une nouvelle offensive, mais ils semblent s’inquiéter des éventuelles pertes que de la décroissante diversité de la presse. La motivation n’est pas davantage univoque quand la presse proteste contre une magistrature qui déplore les dérapages survenus à l’intérieur des palais de justice. Dans le procès de Robert Gillet, plusieurs médias ont pourtant ouvertement incité la foule à faire pression sur le cours de la justice. La Fédération professionnelle des journalistes commence souvent par monter aux barricades pour défendre le droit du public à l’information avant de se demander si les médias ne manifestent pas un dangereux mépris des institutions et des présomptions d’innocence. Les journalistes ne semblent pas non plus préoccupés des contraintes que leur corporatisme fait peser sur le Conseil de presse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Un secteur névralgique&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que le néolibéralisme règne, cela ne constituera pas une révélation pour qui que ce soit. Pour plusieurs, ce n’est même pas un sujet d’inquiétude. Soit. Mais que le néolibéralisme soit laissé à sa seule dynamique dans le domaine des médias et de l’information, voilà, selon moi, qui pose problème. Ce n’est plus d’exception culturelle qu’il faut parler, mais de l’espace vital requis par la démocratie, la culture, la santé sociale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi isoler ce secteur ? À cause de sa nature spécifique et des enjeux qui lui sont propres. Les médias assument, qu’on s’en souvienne, une double nature : ils sont à la fois des entreprises à but lucratif et les dispensateurs de l’information et de l’analyse, à la fois des organisations libres de se rentabiliser et les garants d’une emprise démocratique sur les activités de la société. Pas de démocratie sans citoyens informés. Pas de démocratie sans une presse libre, diversifiée, fiable. Pas d’identité civique non plus si nul ne renseigne les citoyens sur les pressions économiques propices à l’homogénéisation. Pas de société lucide et solidaire sans une vie intellectuelle et culturelle déployée sur divers paliers. Sur chacun de ses fronts, la presse porte des responsabilités lourdes et précises, car l’intérêt public est mis en cause. Ce qui précède a quelque peu déblayé, j’espère, le sens que donnent (ou ne donnent pas) les médias à l’intérêt public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l’on admet que la vie démocratique requiert une telle presse, une telle information et une telle vie culturelle, la réflexion s’oriente vers les moyens d’obtenir ce résultat. Peut-on faire aveuglément confiance au libre marché et attendre de lui qu’il crée, développe et maintienne la liberté de l’information, sa diversité, sa fiabilité, sa sensibilité à la culture ? Formulée à la lumière de l’actualité, la question devient celle-ci : les attitudes actuelles de la presse incitent-elles à la confiance ou à l’inquiétude ? Si l’on croit que tout va bien, laissons aller les choses et félicitons les médias de leur dévouement à la chose publique. Dans l’hypothèse où la prudence paraît de rigueur, il faudra réussir différentes harmonisations. Réconcilier les droits des médias et la nécessaire défense de l’intérêt public. Réconcilier la liberté des entreprises d’information et les droits de la société en la matière. Harmonisations délicates, accommodements difficiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les médias du secteur privé sont, dans l’immense majorité des cas, des entreprises à but lucratif. Quelques exceptions existent, mais rien qui puisse empêcher la quête de profit de constituer la tendance lourde. Cela admis, les corollaires sont vite observables. J’y reviens en fusillade : regroupements des titres, économies d’échelle réelles ou appréhendées, fusion des salles de rédaction, culte de la synergie, recours de tous à une poignée d’agences de presse, recours au travail précaire... Ainsi le veut la logique marchande à laquelle les médias, comme les autres entreprises à but lucratif, se soumettent spontanément. Tant qu’il n’y a pas collision entre cette logique et les besoins fondamentaux d’une société démocratique, on croit avoir atteint le point d’équilibre. Si, par contre, la concurrence devient féroce, si le marché est sollicité par un plus grand nombre d’intervenants, si la marge bénéficiaire commence à fondre, si on pense l’accroître par les fusions et les synergies, l’industrie a tôt fait de réclamer (ou de s’octroyer) une plus grande marge de manoeuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette situation est d’observation courante. S’il n’y a pas surveillance et réglementation, les commerciaux charcutent la création, les contingentements visant à assurer un contenu canadien sont ignorés, la publicité fait pression directement ou par référence aux cotes d’écoute, etc. Dans un duel en champ clos entre le néolibéralisme et le droit du public à une diffusion diversifiée, fiable et digne, bien naïf qui pariera sur l’intérêt public. Que l’on hésite sur les moyens les plus indiqués pour préserver un certain équilibre, cela va de soi ; qu’on renonce à soutenir le droit du public à une information propice à la vie démocratique, c’est accepter la dictature des conglomérats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le secteur public, en théorie, échappe à cette logique marchande. L’intérêt public y est une référence explicite, ne serait-ce qu’en raison du fait qu’une portion du financement vient de fonds publics. Les objectifs ont cependant évolué là aussi. À une certaine époque, Radio-Canada faisait face à un triple mandat : «informer, instruire et distraire ». Quand Judy Lamarsh en tira comme conclusion que Radio-Canada devait dispenser des cours, les provinces réagirent. Le Québec, l’Alberta et l’Ontario occupèrent le champ grâce à leur télévision éducative. Le gouvernement central laissa tomber la prétention à « instruire » et les cours télévisés disparurent de l’antenne de Radio-Canada. Reste que Radio-Canada a mandat de distraire, mais aussi d’informer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’en est-il dans les faits ? Bien entendu, les opinions diffèrent. Une tendance lourde se manifeste pourtant : le secteur public est en perte de vitesse en matière d’information, sous l’angle de la qualité encore plus que sous celui de la quantité. Facteur aggravant, la confusion des genres oblige les auditoires à consacrer de plus en plus de temps à la recherche des précieuses pépites qui se cachent encore dans la programmation. Toutes les émissions, en effet, touchent à tout, l’animation déborde sur le commentaire, les styles musicaux tournent à la macédoine, la radio rabat les auditeurs vers les inepties télévisées... Et les animateurs parlent, comme dirait Vigneault, un français puni au lieu d’un français châtié !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Radio-Canada réussit en outre un impressionnant tour de passe-passe : aucune évaluation externe ne lui est applicable. On prétend mépriser les cotes d’écoute, mais on leur voue un culte exigeant. On modifie la programmation sans l’aval explicite du CRTC. Quiconque déplore la détérioration de la langue parlée en ondes s’expose à une réplique cinglante : « Nous ne visons pas un auditoire de dix intellectuels ! » Si la critique va dans l’autre sens et reproche à Radio-Canada de perdre ses auditoires traditionnels en matière d’information et d’affaires publiques, la réplique pivotera : « Nous ne sommes pas là pour les cotes d’écoute ! » L’argumentation est à géométrie variable, alors qu’il devrait être possible d’évaluer avec nuance et clarté l’atteinte des objectifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. Amnésie médiatique?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le métier de journaliste et l’appartenance au monde des médias devraient assurément échapper à la conscription. Mais ils ne devraient pas esquiver les responsabilités qui vont de pair avec l’intervention en zone socialement névralgique. Publier, diffuser, mettre en ligne ne peuvent ni ne doivent se réduire à une activité purement commerciale. C’est pourtant la conception que se font de leurs droits l’immense majorité des médias du secteur privé et, de façon croissante, la radio et la télévision de Radio-Canada. Tout se passe comme si les composantes essentielles de la démocratie, de la vie en société et de la culture pouvaient se transiger, se vendre, s’aliéner comme n’importe quel produit commercial et quantitatif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On réagirait de la mauvaise façon si on prétendait corriger un dérapage social ou culturel en appliquant des critères lourdauds à la démocratie ou à la culture. Si les médias ignorent les dimensions qualitatives de leur rôle, des mesures quantitatives ne les réveilleront pas. D’ailleurs, la sociopolitique canadienne des médias traite différemment les médias écrits et la presse dite électronique. Dans la première catégorie, c’est presque la liberté des enfants de Dieu qui est la pratique ; dans la seconde, des organismes interviennent soit pour accorder des permis d’exploitation soit pour déterminer les règles applicables au contenu ou au style à respecter. On prétend, se trompant de siècle, que l’État n’intervient dans le domaine électronique qu’en raison de la rareté des fréquences. On peut penser, cependant, que l’État, bienveillant et paternaliste, fait davantage confiance à ceux qui savent lire qu’aux consommateurs d’images ou de bruits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut pourtant des limites. Des principes, peu nombreux et assez simples, devraient recevoir d’emblée l’adhésion des médias. Je pense ici à la « fairness doctrine », équivalent approximatif de la règle audi alteram partem, au respect des réputations, à la séparation de l’information et de la publicité, etc. Privés ou publics, les médias devraient s’incliner devant de tels minima. Malheureusement, ce n’est pas le cas, ce qui en dit long sur le souci de l’intérêt public de la part des médias. Est-ce mieux dans le cas de Radio-Canada ? La différence est de moins en moins visible. D’une part, je l’ai dit, parce que Radio-Canada accepte ou rejette selon son caprice l’évaluation quantitative des cotes d’écoute. D’autre part, parce que Radio-Canada, qui est appelée à une performance qualitative particulière et qui est financée en conséquence, n’a jamais élaboré de critères d’évaluation qualitative crédibles et publics.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En guise de conclusion&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques orientations me paraissent devoir se dégager. Dans le cas de Radio-Canada, il est urgent que la notion d’intérêt public soit réhabilitée. La mise au point de mécanismes d’évaluation qualitative irait dans ce sens et je crois que les universités pourraient aider grandement. Jusqu’à maintenant, elles ont scruté Sirius plutôt que la planète Terre. Dans le secteur privé, je serais tenté de réduire le rôle de l’organisme de contrôle à l’octroi des fréquences et à la surveillance des contingentements requis pour l’épanouissement de l’exception culturelle. Pour tout le reste, je laisserais jouer le marché, à une nuance près cependant : dans le cas de plaintes présentant une vraisemblance de droit, les radiodiffuseurs devraient être amenés à contribuer au financement des contestations. Dans le cas de la téléphonie, le CRTC a appliqué le principe il y déjà longtemps et Bell devait payer pour que les consommateurs puissent embaucher des experts comparables à ceux du conglomérat. La Régie québécoise de l’énergie a appliqué le même principe en versant plus d’un million aux groupes qui contestaient devant elle le dossier du Suroit. Si le CRTC pratiquait cette exigence d’équité, le déséquilibre des ressources financières cesserait de favoriser les radiotélédiffuseurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le cas des journalistes, le découpage temporel auquel a procédé Armande Saint-Jean (Éthique de l’information - Fondements et pratiques depuis 1960, PUM, 2002) est en lui-même un questionnement exigeant. De 1960 à 1970, dit l’auteure, phase d’éveil et de croissance. De 1970 à 1980, phase de militantisme. De 1980 à 1990, phase d’embourgeoisement. De 1990 à 2000, phase de mutation. Là s’arrête le survol, ce qui dispense l’auteure de dire vers quoi nous mènent la montée du journalisme d’humeur, les croisements d’intérêts corporatifs, le déséquilibre des forces entre le syndicalisme et les grandes entreprises de presse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En somme, l’intérêt public n’est plus, aux yeux des médias, un critère important. Le verdict est plus net dans le secteur privé, mais il s’applique, hélas !, dans le secteur public également.&lt;br /&gt;__________________________&lt;br /&gt;* Laurent Laplante, journaliste et écrivain, a aussi été animateur d’émissions d’affaires publiques à la radio et à la télé. Comme journaliste, éditorialiste ou rédacteur en chef, il a travaillé pour plusieurs quotidiens québécois, dont Le Devoir, L’Action, Le Jour et Le Soleil.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1881229510634104369-1934209767567700897?l=mediaetdemocratie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/feeds/1934209767567700897/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1881229510634104369&amp;postID=1934209767567700897' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/1934209767567700897'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1881229510634104369/posts/default/1934209767567700897'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mediaetdemocratie.blogspot.com/2007/10/laurent-laplante-que-font-les-mdias-de_25.html' title='Laurent Laplante - Que font les médias de la notion d’intérêt public?'/><author><name>FNC</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07858275337420762664</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_1Z8pqSsKX0I/RyDZymHqahI/AAAAAAAAAB0/NdVtFbCiYok/s72-c/laplante.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry></feed>
